Caroline Dubus n’est pas une néophyte dans l’univers de l’agroalimentaire. Ingénieure de formation, elle a passé 13 ans en recherche et développement dans l’industrie, d’abord en fromagerie chez Bel, puis chez Stalaven, à Yffiniac, dans les Côtes d’Armor. Elle y a passé 10 ans à travailler sur des projets variés, allant de l’emballage à l’amélioration des profils nutritionnels des produits. « J’ai beaucoup travaillé sur la naturalité des produits et la réduction des additifs. », raconte-t-elle. Une expérience qui l’a sensibilisée aux enjeux de l’alimentation durable. « En France, l’alimentation représente 25 % de notre impact carbone individuel. Un chiffre énorme, qui montre à quel point nos choix quotidiens ont un poids ». Pour elle, la solution passe par une consommation locale, bio et moins carnée, des principes qu’elle applique aujourd’hui dans son entreprise.
Un laboratoire mutualisé à Carhaix

Aujourd’hui, l’entreprise produit 800 bocaux par mois, avec un objectif de 1 200, à fin 2026. La cheffe d’entreprise utilise la pasteurisation pour assainir les produits et pouvoir les conserver pendant plusieurs semaines tout en gardant des super qualités organoleptiques. « C’est un procédé très utilisé en industrie agroalimentaire mais rarement dans des petites entreprises artisanales. Il faut maitriser un certain nombre de notions en hygiène alimentaire, sécurité alimentaire etc. », précise-t-elle.
Ses recettes, saisonnières et végétariennes, sont élaborées à partir de légumes locaux (butternut, potimarron, etc.) et distribuées dans une vingtaine de magasins bio en Côtes-d’Armor. « Je travaille avec un maraîcher voisin : mes recettes évoluent au fil des saisons », précise-t-elle. « La Bretagne est une région idéale pour ce projet : les circuits courts y sont bien ancrés, et les consommateurs sont sensibles à la qualité. Je veux rayonner sur toute la région. »
La livraison en entreprise
Si la distribution en magasins bio reste un pilier, Caroline mise surtout sur la livraison directe en entreprise pour accélérer sa croissance. « Mon objectif est d’inverser la répartition de mon chiffre d’affaires, à savoir, passer de 70 % de ventes en magasins bio à 70 % en entreprise », confie-t-elle.
Son offre ? Des formules mensuelles (4 repas par mois) livrées directement dans les frigos des salles de pause, avec, en option, une participation financière des employeurs. « Certaines entreprises, comme Biogroupe ou la DREAL, subventionnent une partie du coût pour leurs salariés », explique-t-elle. Ces derniers, lorsqu’ils passent commande sur Internet, utilisent un code de réduction. Le reste à charge peut être minime : environ 11 € pour 4 repas au lieu de 29,90 €, pour les salariés de Biogroupe. C’est un modèle gagnant-gagnant : les salariés ont des repas sains et abordable, et les employeurs, un levier RSE concret, qui s’inscrit dans une démarche de santé au travail. » C’est aussi un modèle vertueux pour l’environnement avec la récupération des bocaux et une logistique optimisée.
« Je veux montrer que la transition alimentaire est possible, même en entreprise. Et que chaque petit pas compte. », insiste Caroline Dubus. Dans les semaines à venir, elle vise l’extension de son réseau en Bretagne (Brest, Lorient, Rennes) et la densification de ses partenariats avec les entreprises.
Lauréate de Crisalide Eco-activités
Caroline Dubus a été lauréate du prix Crisalide Eco-activités au printemps dernier, une reconnaissance qui a marqué un tournant dans le développement de son entreprise. « Ce prix m’a permis de bénéficier d’un accompagnement personnalisé avec Bretagne Compétitivité, mais aussi de pitcher mon projet devant un jury d’experts », explique-t-elle. Une opportunité qui lui a ouvert des portes pour affiner sa stratégie RSE et renforcer son réseau, tout en confirmant la pertinence de son modèle : allier alimentation durable, circuits courts et innovation en entreprise.






