Quatre entreprises innovantes récompensées aux trophées Crisalide éco-activités

Chaque année depuis dix-huit ans, les partenaires de Crisalide éco-activités – événement porté par Bretagne compétitivité – sélectionnent, comparent et récompensent de jeunes entreprises régionales porteuses de solutions écoresponsables et durables. Sur la soixantaine de dossiers reçus, 24 ont été présélectionnés pour la finale. Laboccaz,Cobelive, Rétriplast et Carbonway sont les quatre lauréats de la 18 édition des Trophées Crisalide éco-activités. La cérémonie s’est tenue ce jeudi 4 juin 2026, au Couvent des Jacobins à Rennes , devant un parterre de 500 dirigeants et acteurs économiques bretons.

Allongement de la durée de vie : Laboccaz

Depuis Pontivy, Laboccaz développe une plateforme de revente de matériel du monde du laboratoire pour une « économie circulaire ». Créée en 2024 par Mélissa Gallais, la société est en pleine expansion. « Notre objectif est de faciliter l’accès à des équipements scientifiques de qualité pour les professionnels tout en participant activement à la transition vers une économie circulaire », explique sa fondatrice qui a travaillé une quinzaine d’années pour un distributeur équipementier en laboratoires. « Les professionnels et usagers des laboratoires sont habitués à acheter du matériel neuf. Avec Laboccaz, je propose une solution alternative voire disruptive dans ce milieu, et qui répond aux engagements RSE des entreprises. »

 

Sur Laboccaz.com, on trouve tout ce qui compose un laboratoire : du tube à essai à la paillasse, en passant par la centrifugeuse, l’étuve, des boites de Pétri, des kits réactifs… «  Nous proposons 2 000 références sur notre site pour une valeur d’un million d’euros quand il en existe plus d’un million dans le monde laborantin. C’est dire la marge de progression », précise la fondatrice dont 80% du travail tient dans le sourcing de ces matériels . Aide à l’installation, formation, réparabilité…Tout un panel de services complète l’offre. «  Depuis notre lancement, 2 tonnes de déchet ont été évités. Nous visons 4 à 5 tonnes d’ici la fin de l’année et 20 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans . » Construit sur le principe d’une commission rétrocédée à chaque vente, le modèle économique de la plateforme Laboccaz évoluera vers un système d’abonnements une fois son rythme de croisière atteint.

 

Territoires durables : CoBelive

« Un logement de qualité avec un loyer abordable, où on peut créer du lien social » : c’est l’ambition du projet CoBelive, fondé en 2025 à Tregunc dans le Finistère par Gilles Bondu et Romain Cabon.  Leur ambition est de proposer des logements qui « concilient prix abordable, écologie et bien-être tout en optimisant le patrimoine existant ». Pour ce faire , le binôme intervient auprès d’investisseurs privés, de collectivités, d’associations , d’entreprises pour structurer et piloter des projets immobiliers.

 

Un premier projet pilote a vu le jour en novembre 2025 à Concarneau avec l’achat d’une maison néo-bretonne des années 1970 qui ne trouvait pas preneur. « Nous avons redistribué les volumes intérieurs, créé des ouvertures, refait l’électricité, l’isolation, la plomberie…En 10 mois, on a créé une solution de logement pour 7 personnes. Elles ont entre 18 et 76 ans. » La maison se compose désormais de sept « suites privatives » meublées, de 15 à 20 m², et disposant chacune d’une salle d’eau avec douche et WC . Il y a aussi plusieurs pièces communes . « Avec CoBelive, nous proposons une solution sociale et sociétale. Le loyer est abordable, environ 450 € soit moins de 35 % du Smic. »

 

Chaque locataire a la possibilité de devenir propriétaire de sa suite pour environ 75 000 euros. CoBelive reste gestionnaire du bien.  Deux autres projets sont sur les rails : une maison avec huit suites privatives à Pleuven et un autre à Quimperlé, en lien avec l’hôpital pour l’hébergement du personnel de santé. « Notre volonté est de dupliquer notre modèle dans les autres territoires bretons. »

 

Economie de ressources et d’énergie : Retriplast (29)

Retriplast est un centre de tri des plastiques rigides, le premier en Bretagne, basé à Gouesnou près de Brest et depuis peu à Vitré (35)  et porté depuis 2021 par deux entreprises , Tribord (Brest-29), spécialiste de la gestion des déchets depuis plus de 30 ans  et Rétrilog (Pontivy-56), entreprise d’insertion tournée vers  la collecte et le regroupements de déchets. Les plastiques rigides sont acheminées depuis les déchèteries de toute la Bretagne sur le site de Retriplast où les agents trient les différentes résines avant de les expédier vers les filières de recyclage qui leur permettront de réintégrer un nouveau processus de production.

 

« Sur le site on collecte et on trie 16 résines de plastique rigides, films souples, et bien sûr le PSE, soit 1 800 tonnes par an. L’objectif est le zéro enfouissement à l’horizon 2030, visé par le plan régional de prévention et de gestion des déchets « , commente Ronan Le Guen, président de Tribord. L’entreprise s’appuie sur Valorplast pour identifier des filières de recyclage pour ces résines de plastique. Très prisé dans les emballages professionnels, le PSE est léger mais très volumineux. Il n’existe pas de recycleur en France. Devenu déchet, le PSE part en Espagne pour y être recyclé : on transporte donc principalement… de l’air. Une filière peu vertueuse à laquelle s’attaque ce projet collaboratif ambitieux et international pour améliorer la circularité des plastiques.

Préservation de l’environnement : Carbonway

Les secteurs de la construction, la sidérurgie, l’exploitation minière ou la valorisation énergétique des déchets peinent à se décarboner de manière rentable et génèrent d’importants volumes de déchets minéraux sous-utilisés. Parallèlement, le CO2, qu’il soit d’origine fossile ou biogénique (comme celui issu de la biométhanisation), est très majoritairement considéré comme sans valeur économique. Carbonway , créée en 2024 à Rennes met en relation les producteurs et les utilisateurs de CO2, développe, investit et exploite des unités de minéralisation .

« Notre rôle, c’est de faire du clé en main. On aime bien se comparer à un développeur solaire. Il ne va pas fabriquer ses panneaux photovoltaïques. Il va aller sécuriser le foncier. Il va revendre l’électricité. Il va aller chercher les financements. Il va faire en sorte que le projet se passe bien. On fait la même chose pour la minéralisation, c’est-à-dire qu’on va aller chercher la source de CO2. On va aller chercher le puits, c’est-à-dire les matériaux avec lesquels on va le faire réagir, mettre la bonne brique technologique et puis monter l’ensemble du projet, aller chercher les financements. L’idée c’est de répondre aux besoins de l’industriel. Par exemple, le ciment , c’est environ 2/3 des émission de process c’est-à-dire une réaction chimique qui n’a rien à voir avec l’énergie qu’on utilise pour faire fonctionner l’usine.  Il existe peu de solutions pour régler ce problème. Aujourd’hui, on capture ce CO2, on l’envoie en mer du Nord, on l’enfouit à quelques kilomètres sous terre et ça coûte très cher. C’est un déchet. Avec la minéralisation on peut en faire une ressource et réduire les besoins en ciment. », expliquent Claire Renoulin et Nicolas Zimmermann. Trois unités pilotes devraient voir le jour en en 2027 et une usine en 2028.

 

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