Engagées dans la course au large et son impact environnemental, deux entreprises bretonnes ont allié leurs compétences de recherche et de développement pour mettre au point une nouvelle génération de matériaux composites capables de répondre aux exigences mécaniques en conditions extrêmes, notamment dans la course au large, et – nouveau – d’être réutilisés dans des applications maritimes et industrielles.
Potentiel industriel
De cette association portée par MerConcept (29) et Avel Robotics (56), est née Foil Infinity, projet accompagné par la plateforme technologique ComposiTIC de l’Université de Bretagne Sud et soutenu par le fonds européen Feder et la Région Bretagne. Foil Infinity vise à démontrer le potentiel industriel de cette nouvelle génération de composites. « Les composites thermodurcissables traditionnels (carbone/époxy) reposent sur une résine qui durcit de manière irréversible lors de la fabrication, rendant leur recyclage particulièrement complexe. À l’inverse, les composites thermoplastiques s’appuient sur une résine reformable sous l’effet de la chaleur. Si leur usage est déjà éprouvé sur de petites pièces, son application pour des pièces structurelles de grande dimension reste un défi technologique, tant les exigences de performance, de mise en œuvre et de fiabilité sont élevées », explique Luc Talbourdet, fondateur et président de l’entreprise Avel Robotics, spécialisée dans la fabrication de matériaux composites thermoplastiques.
Tests validés, ACV en cours
Défi relevé avec la conception et la fabrication d’un plan porteur de dérive destiné au Trimaran SVR-Lazartigue, une pièce structurelle de plusieurs mètres et dizaines de kilos (voir photo), validée en conditions réelles de navigation à plus de 40 nœuds. MerConcept est en train d’analyser le cycle de vie (ACV) de cette pièce pour mesurer son impact environnemental et ses gains potentiels liés à sa fin de vie.
“Ce matériau pourrait remplacer les composites thermodurcissable au sens large, notamment des
appendices, des mâts, des outillages, avec des applications potentielles plus larges dans l’industrie maritime, notamment pour les mâts de cargos à voile… Le bénéfice principal serait un impact environnemental à la fabrication moindre (sous réserve des résultats définitifs de l’ACV) et un potentiel de recyclage/réemploi plus important”, précise Pierre-Alexis Michel, responsable du pôle construction au sein de MerConcept.
L’objectif vise à faire monter cette technologie en maturité, et accompagner son transfert vers des secteurs industriels à fortes exigences, comme l’aéronautique.






