Marie-Léa Coulon a toujours su que la cuisine serait sa voie. Originaire de Picardie, elle a été inspirée par sa grand-mère, agricultrice et cuisinière infatigable, qui lui a transmis l’amour des produits frais et le plaisir de cuisiner pour les autres. Malgré les réticences initiales de ses parents, elle persiste. Après un stage de découverte en troisième, puis un autre en seconde, elle intègre l’école Ferrandi à Paris en 2015, où elle choisit le Bachelor Cuisine. « Dès la première année, j’ai su que je voulais ouvrir mon propre restaurant. » Son parcours est marqué par des stages formateurs, notamment à La Dame de Pic, où elle rencontre le chef Jean-Yves Bourneau, qui lui accorde sa confiance. Elle y passe son CAP Pâtisserie en candidat libre, tout en travaillant en cuisine le jour et en pâtisserie le soir.
L’apprentissage du management
En 2018, elle rejoint Hugo Roellinger à Cancale, où elle vit l’obtention surprise d’une deuxième étoile Michelin. « On ne subissait aucune pression, mais l’exigence était au rendez-vous.« Elle y reste deux ans, avant de poursuivre son apprentissage chez Christopher Coutanceau (3 étoiles Michelin à La Rochelle), puis comme seconde de cuisine dans le restaurant gastronomique de Didier Méril à Dinard. Après avoir gravi les échelons en tant que chef de partie, responsable du garde-manger, puis seconde de cuisine, elle devient chef de cuisine à l’Hôtel de l’Abbaye du Tronchet, un établissement étoilé. « J’ai dû gérer une équipe de cinq personnes en cuisine, tout en supervisant la salle. » Elle y développe une philosophie managériale bienveillante, en réaction aux excès qu’elle a pu observer. « J’avais en tête toutes les étapes à franchir : devenir seconde, puis chef, pour avoir toutes les clés en main. Quand j’ai atteint ce palier, j’ai su que c’était le moment. »
Le choix de Dinan

Le concept se veut unique. « Dès l’entrée, une odeur de fleur de châtaignier accueille les clients ». Trois menus sensoriels (Arborescence, Effervescence, Quintessence) sont proposés, chacun associé à une fiole contenant une senteur à deviner. Les plats sont nommés par le sens mis en avant : « par exemple, un plat nommé « Toucher » se déguste avec les doigts, tandis qu’« Ouïe » met en avant des textures croustillantes », explique la jeune chef. Elle travaille particulièrement les produits de la mer et les fromages, qu’elle transforme en plats créatifs.
Une ouverture réussie
Grâce à un business plan solide, un accompagnement sur-mesure par la CCI Côtes d’Armor (Pass Création*) , « un atout considérable qui m’a permis entre autres de rencontrer des experts-comptables », ainsi qu’un prêt d’honneur de 25 000 € (Initiative Armor ), elle obtient le soutien des banques. Depuis son ouverture, Evezhea affiche 25 à 30 couverts par jour, principalement des locaux, mais aussi des touristes attirés par les réseaux sociaux et les recommandations des moteurs IA. « Les retours clients sont excellents. Voir qu’on parvient à procurer des émotions aussi fortes, c’est incroyable. » Marie-Léa Coulon vise désormais la pérennité de son établissement. « Si une étoile Michelin arrive un jour, ce sera la cerise sur le gâteau. Mais l’essentiel, c’est de continuer à cuisiner avec passion et respect, pour le plaisir de nos clients. » Evezhea propose aussi un menu déjeuner « Essence », spécialement conçu pour les chefs d’entreprise et cadres qui souhaitent se faire plaisir en un temps limité. « C’est une façon de rendre la gastronomie accessible, même pour ceux qui ont peu de temps. », conclut-elle.
Découvrir le restaurant gastronomique Evezhea
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