Reconnu comme une innovation de rupture, le moteur cinq temps à combustion interne hydrogène conçu, développé et fabriqué par la start-up finistérienne EHM (pour Efficient Hydrogen Motors) est en passe de révolutionner la transition énergétique liée à la mobilité lourde, et d’apporter une pierre angulaire à la décarbonation des engins motorisés et alimentés jusque-là au gasoil. « Notre technologie brevetée permet de combiner zéro émission, haut rendement, coût compétitif, robustesse et durabilité en construisant un moteur Hydrogène avec des cycles de combustion repensés et des matériaux adaptés. Cela en fait une solution idéale pour décarboner la mobilité lourde, y compris les camions, les bus, les bateaux et également les groupes électrogènes », présente Didier Arenal, dirigeant de cette jeune entreprise fondée en mai 2022 à Châteaulin.
Souveraineté
Entouré d’une quinzaine de collaborateurs, pour la plupart des ingénieurs motoristes et des techniciens supérieurs, cet industriel au long cours, ingénieur en mécanique de précision lui-même et récemment repassé sur les bancs de HEC, a réussi à développer, en un temps records, un premier moteur MCI H2 d’une puissance de 265Kw (équivalent 360 chevaux). Monté dans différents démonstrateurs, ce moteur d’un nouveau genre a été testé dans un générateur, un bus et une benne à ordures ménagères. Résultat : validation générale ! Le prototype a fait l’unanimité auprès de l’ensemble des acteurs majeurs de la mobilité lourde qui ont accepté le test. Parmi eux, les groupes Véolia, Paprec et Transdev manifestent un intérêt non dissimulé à adopter dès que possible cette nouvelle motorisation. « Ce moteur est particulièrement adapté aux usages de mobilité lourde et industriels, en proposant un haut rendement économique et une compatibilité avec les biocarburants. En termes de construction, il est également remarquable en garantissant ni terres rares, ni dépendance à la Chine. Nous sommes et restons entièrement souverains en termes d’approvisionnement énergétique », souligne son co-concepteur qui ne reconnait aucune concurrence, en France, sur ce créneau.
Préparation de la phase industrialisation
Installée dans la pépinière d’entreprises Startijenn gérée par la communauté de communes Pleyben-Châteaulin-Porzay, la start-up EHM dispose d’un atelier où elle peut assembler ses moteurs et honorer ses premières commandes. « Nous travaillons avec une trentaine d’entreprises locales et partenaires pour la confection des différentes pièces. La Bretagne présente pour cela un maillage intéressant de compétences et de ressources », souligne Didier Arenal. D’ici deux à trois ans, EHM projette de déménager dans un bâtiment dédié à son activité, une usine construite sur-mesure à Châteaulin où la jeune entreprise prévoit de produire 3 000 moteurs par an. « Nous allons rapidement monter en cadence », assure le dirigeant, conforté dans son business plan par l’adhésion acquise des grands groupes Bêta testeurs, l’intérêt déjà manifesté des motoristes et autres fabricants d’équipements, et par les potentialités du marché à l’échelle internationale.
Soutenue par la Région Bretagne et l’Union européenne, BpiFrance et plusieurs partenaires institutionnels (ID4 mobility, France Hydrogène, Pôle mer Bretagne Atlantique, cluster CCI Côtes d’Armor), l’entreprise EHM boucle une importante levée de fonds (plusieurs millions d’euros) afin de financer son développement industriel. « Nous avons d’ores et déjà sécurisé 40% d’apports auprès de partenaires professionnel et de Business Angels. Les propositions restent ouvertes pour élargir ce tour de table essentiel à notre avenir », souligne Didier Arenal, formé aux discours financiers et projets industriels. « De toute ma carrière, (Didier Arenal a monté et dirigé des entreprises en France et en Europe pour de grands groupes dans la défense et l’énergie), l’entreprise EHM est l’industrie la plus innovante que j’ai été amené à diriger, et la plus stimulante en termes de financement », admet l’entrepreneur aguerri.
Sur ce terrain, il s’assure de l’accompagnement de la CCI Finistère pour l’identification de fonds et la mise en relation avec des partenaires potentiels. « Nous travaillons également avec la CCI pour tout ce qui a trait aux formations administratives et de gestion d’entreprise. C’est un appui essentiel pour baliser les premiers pas d’une entreprise et sécuriser son évolution », retient Didier Arenal.






