Il est 10h30, le rideau est à peine levé et la Végétalerie accueille déjà ses premiers clients. « C’est tous les jours comme ça, raconte Aurore Graillat sa créatrice. Les raisons de cet engouement ? : « J’ai misé sur un concept original, qui n’existe pas ailleurs (ou très peu) avec du service, beaucoup de services, qui se démarque avec une cuisine 100 % végétale à base de produits frais et locaux. La pérennité du lieu tient aussi dans une gestion rigoureuse avec, au quotidien, un œil rivé sur le prévisionnel et une énorme capacité de travail. Depuis l’ouverture je travaille 60 heures par semaine ». La prochaine étape ? « Que la boutique puisse tourner sans moi. Pas évident quand on travaille avec du vivant ». C’est en 2019 que la cheffe d’entreprise a lâché son statut de salariée pour mener à bien son projet et devenir son propre patron.
La folie compulsive des plantes vertes
A l’époque, Aurore Graillat travaille depuis 8 ans chez un géant de l’agrochimie. Suite à une opération de croissance externe, il licencie quelques salariés avec à la clé un plan d’accompagnement d’un an. « J’avais 30 ans, j’ai saisi l’opportunité. Le risque était minime : j’avais trois ans devant moi, rémunérée, pour mener à bien mon projet. » Le concept d’une jardinerie urbaine avec un coin restauration n’a pas été une évidence : « C’est ma folie compulsive des plantes vertes qui a été l’élément déclencheur. En quelques années, j’ai amassé chez moi, entre 150 et 200 plantes. Lors de chacun de mes achats, j’ai toujours eu des difficultés à obtenir des conseils avisés. Il y avait une piste à creuser. » Après moult recherches à travers des livres, des blogs et autres tutos, l’idée fait son chemin. Ce sera une jardinerie en plein centre-ville, Saint-Brieuc en l’occurrence où la jeune femme s’est installée depuis une dizaine d’années, avec une offre de terreau en vrac, des objets de décoration d’intérieur, des produits locaux (thés, infusions, bières,…), un coin restauration (pas défini de façon précise au lancement) et des ateliers autour de l’entretien des plantes.
Accompagnée par la CCI et le réseau Armor Initiative

Un millier de plantes vertes et une cuisine 100% végétale
L’ouverture a lieu en octobre 2020. Une semaine plus tard, le 1er novembre, le 2e confinement tombe, suite à la reprise du Covid. Par chance, les magasins de fleurs ne sont pas assujettis à une fermeture. « J’ai sous-traité la restauration pour faire de la vente à emporter et continué à recevoir les clients pour toutes la partie jardinerie. » La Végétalerie compte plus d’un millier de plantes vertes tropicales. « Cactus, Pilea peperomioides, oxalis pourpre sont parmi les espèces les plus vendues. Ici elles ont toute la lumière et la chaleur indispensables à leur bonne santé. » La boutique ressemble à un jardin d’hiver. C’est un lieu à la fois chaleureux et apaisant. Elle attire en continu un flux de visiteurs qui entrent pour prendre un bol de verdure, échapper aux bruits de la ville, chiner une idée cadeau, prendre conseils sur la façon d’entretenir telle ou telle plante, réempoter une des leurs, prendre un café ou se restaurer. « C’est un lieu d’échanges permanents. Nous avons poussé le concept du végétal jusque dans l’assiette. Notre cuisine est 100 % végétale, pour le sucré et le salé, sans produit d’origine animal. » Seule exception à la règle : le lait pour les chocolats chauds ! « Pour nos clients, le goût est irremplaçable. » La Végétalerie sert de 12 h à 18h, du mardi au samedi, avec chaque jour trois plats au menu pour une formule plat-dessert à 14, 90 euros.
2023 : activité en hausse

Les concept stores similaires à la Végétalerie sont encore peu répandus. Il n’en existe qu’une petite dizaine en France. Pourtant, en trois ans, Aurore Graillat a recruté trois personnes dont une cuisinière. « La gestion du personnel est ce qu’il y a de plus difficile », reconnait-elle. Par chance, l’équipe est stabilisée. Mon souhait est de pouvoir retrouver un équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle tout en conservant la même dynamique au niveau de la boutique. »
Découvrir la Végétalerie à Saint-Brieuc



