Services informatiques. Provectio muscle son offre pour rester dans la course

Plus de 20 ans après son lancement, Provectio (Rennes-35) continue d’avancer ses pions tout en veillant à garder ses valeurs de proximité. La société de services en informatique supervise la gestion des systèmes d’information d’environ 700 PME et ETI du Grand Ouest et de l’Île-de-France avec un levier fondamental, l’assistance téléphonique. Infogérance, Cloud, Internet & Télécom, cybersécurité, IA … L’offre s’est étoffée au fil des années, à la fois par croissance externe et par croissance interne, permettant à la société de franchir la barre des 10 millions d’euros en 2026 et atteindre une taille critique. Proximité, consolidation, souveraineté, engagements …Maxime Charles, fondateur et dirigeant de Provectio, nous livre les clés du développement de son entreprise.

Dès notre arrivée, nous sommes conduits dans une vaste salle de 200 m², véritable tour de contrôle où s’affichent, en temps réel, sur des immenses écrans, l’état des services informatiques d’environ 700 PME et ETI. « L‘important pour nous, c’est vraiment que tous nos clients soient traités rapidement et qualitativement. » Provectio déploie des sondes sur les infrastructures de ses clients afin de superviser en temps réel la montée d’un incident. « Le job des équipes, ici, est de traiter les alertes avant qu’elles ne deviennent un incident. Ça peut-être une ligne Internet qui va moins bien, une intrusion dans le serveur informatique, un manque de mémoire, etc. On veille en permanence au cœur du réseau de nos clients. Derrière, ce sont des milliers d’utilisateurs. Voyez l’écran ! En temps réel, nous supervisons très exactement 6 226 postes de travail. », explique Maxime Charles, cofondateur et dirigeant de Provectio. Créée en 2004 à Rennes, l’entreprise de services en informatique emploie une cinquantaine de collaborateurs dont 36 au siège et le reste réparti entre les agences de Nantes, Caen, Paris et Saint-Brieuc.

Un développement « par opportunité ou par nécessité »

« Le postulat de départ, c’était la vente d’ordinateurs », poursuit-il. Rapidement, l’entreprise évolue, propose une offre cloud puis agrège un certain nombre de métiers dans les infrastructures de réseau et la maintenance informatique, « par opportunité ou par nécessité. Prenez la cybersécurité. Chez nous, elle n’a jamais été en option mais directement intégrée dans l’offre. Pourtant, quand nos clients ont commencé à nous solliciter sur le sujet, il nous a fallu distinguer ce service. » La brique Télécoms et accès Internet remonte à 2017, avec une première croissance externe, celle de Newconnect à Caen. « Il nous arrivait fréquemment d’intervenir chez nos clients, sur des incidents liés au réseau Télécom, mais sans leur vendre de l’Internet et de la téléphonie. Avec cette acquisition, on a intégré cette activité à notre offre et franchit une étape structurante pour la suite. » La reprise d’Accent Informatique en 2019, un revendeur spécialisé en micro-informatique et réseaux pour les PME et TPE, renforce la présence de Provectio en Normandie. La société de service compte alors 30 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de 3,6 millions d’euros.

2024, une levée de fonds décisive

Le véritable saut survient en 2024, l’année des 20 ans de l’entreprise. Celle-ci opère une levée de fonds de 3,5 millions d’euros auprès de Generis Capital Partners. « Nous voulions lancer de nouveaux packages pour répondre aux besoins spécifiques des PME. Sur cette base et avec l’aide de notre partenaire, on a développé une offre de services managés à forte valeur ajoutée, indispensable pour mener à bien des projets de transformation numérique. » La répartition de cette offre dans l’ensemble de l’activité est devenue très homogène. L’infogérance pèse pour 29%, l’infrastructure (vente de matériel), 23%, le cloud, 21%, la cybersécurité, 14%, et les télécoms,13%. « Même si certains de nos clients viennent d’abord nous chercher spécifiquement sur une branche, ils finissent très souvent par prendre l’ensemble du package. Notre service clients, en particulier l’assistance téléphonique les mets en confiance. Pour preuve, 70 % de notre activité est récurrente. » Autre constat : « Il y a 20 ans, il n’était pas rare que des entreprises de moins de 50 salariés aient un service informatiques internalisé. Progressivement, ce seuil est passé à 100 et avec le Covid, le mouvement s’est accéléré pour se situer aujourd’hui à 200. L’explication tient dans la raréfaction des ressources mais aussi la complexité grandissante de notre activité. Désormais, on s’adresse à deux profils d’interlocuteurs : les DAF ou CEO qui s’appuient sur nous pour leur stratégie et les DSI ou référents informatiques qui viennent nous chercher sur une verticale métier. »

 

Acteur de la consolidation du marché

En 2026, les contraintes économiques et géopolitiques entraînent une forte consolidation du secteur. « En fait, tout le monde se rachète, poursuit Maxime Charles. Il y a de moins en moins d’indépendants car la logique du marché nous est imposée par des multinationales. Apple, Microsoft, Huawei …Tous ces constructeurs de logiciels ne vous ouvrent la porte qu’à partir d’un certain volume et d’un niveau d’engagement. Il est donc impératif de grossir pour peser dans les discussions et bénéficier de tarifs attractifs. En deçà d’une certaine taille, on n’a pas même pas accès aux catalogues de prix. »
Dans cette optique, début 2026, Provectio a mis la main sur CTL Informatique, un prestataire IT tourangeau. « Avec cette intégration, on élargit notre présence dans l’Ouest et notre chiffre d’affaires atteint 10 millions d’euros contre 8 millions en 2025. » Cette croissance continue, de l’ordre de 15% par an, s’articule autour d’un projet de build-up, une plateforme capable de rassembler plusieurs sociétés et peser dans les discussions avec les fabricants. « Le marché est très éclaté, avec des petites structures qui n’ont pas atteint la taille critique. Comme on veut être un acteur de sa consolidation, j’ai toujours plusieurs dossiers à l’étude. On a une ambition forte mais sans renier nos valeurs de départ de proximité. »

 

Le reconditionné, une solution alternative

Ces dernières années, les contraintes géopolitiques se sont multipliées. « Depuis deux ans, nous subissons l’inflation aux États-Unis avec deux augmentations successives, de l’ordre de 15%. » Le marché connait aussi des ruptures de stock massives de RAM et de cartes graphiques dues à la demande des data centers dédiés à l’IA. « On fait face à une pénurie mondiale de mémoire RAM au profit de l’IA. Je pense que ça va durer, au moins jusqu’à cet été. »
Pour gagner en souveraineté, Maximes Charles et son équipe se sont tournés vers des solutions alternatives dans le reconditionné. « C’est un sujet important pour nous, pour les prochaines années. Partout, y compris à l’étranger, nous cherchons en permanence des composants reconditionnés pour livrer nos clients. C’est encore difficile à trouver car les filières d’approvisionnements sont encore peu structurées. » Malgré tout, l’objectif de Provectio est d’être en mesure de proposer des solutions cohérentes, à la fois sur le volet économique et environnemental. « Cette année, tout ce qui émane de notre démarche environnementale, doit représenter entre 5 et 10% de notre chiffre d’affaires. On aimerait bien monter à 20 % rapidement. » Cette démarche intègre le reconditionné mais aussi la prolongation de durée de vie des équipements ou la réduction de leur poids carbone.

L’accompagnement au changement

De l’installation des serveurs jusqu’à la cybersécurité, l’enjeu premier reste l’accompagnement au changement. « Ce n’est pas suffisant d’apporter une super techno qui différencie les pratiques précédentes. Il faut que les utilisateurs se l’approprient. Prendre en main un logiciel, la valeur ajoutée des produits que l’on distribue, c’est essentiel. Les gains de productivité sur un système d’information bien utilisé, sont gigantesques, entre, 20, 30 voire 50 % de productivité. On est là aussi pour accompagner les utilisateurs dans la prise en main des outils. Et s’ils sont bloqués sur un logiciel, ils peuvent nous appeler. » Quoi qu’il en soit, dans tout projet de transformation digitale, l’implication du dirigeant est déterminante pour sa réussite. « Par rapport à il y a 10 ou 15 ans, c’est mieux. On voit des générations de geeks arrivées aux commandes et avec eux des choix financiers déterminants », observe le dirigeant.

 

Au service du territoire

Entrepreneur engagé, membre de l’APM, du réseau Entreprendre et de syndicats professionnels, Maxime Charles est aussi élu, depuis 2022, à la CCI Ille-et-Vilaine. « Pour moi l’engagement c’est quelque chose d’assez naturel. Rejoindre la Chambre de Commerce et d’Industrie m’a permis de découvrir un univers apolitique auquel je n’ai pas l’habitude de me frotter. J’anime un groupe de travail sur l’entrepreneuriat, une mission que j’apprécie particulièrement. S’ouvrir au territoire et aux entrepreneurs, se mettre à leur service, ça a vraiment du sens. D’autant plus qu’une fois qu’on a assimilé les rouages et les ressorts de cet écosystème, on prend conscience que la CCI peut avoir beaucoup d’impact en matière de développement économique », conclut-il.

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