Ils rentrent du Royaume-Uni où l’entreprise cherche à s’implanter, et préparent la réouverture, fin avril, de leur première boutique à l’international, celle de Magog au Québec. Pascal Opsomer, président fondateur de l’entreprise textile Mousqueton, et Stéphane Brault, directeur général, travaillent au développement international de cette marque bretonne de vêtements d’inspiration marine avant de s’étendre à l’outdoor.
Née en 2003 « autour de la toile marine« , Mousqueton s’est rapidement démarquée avec des collections originales et colorées, taillées dans des tissus et des cotons de qualité, en revisitant le classicisme de la marinière, le patron du caban, la coupe de la vareuse, etc. « Très rapidement, on a compris qu’on avait un positionnement singulier. C’est cette différence que l’on continue de cultiver pour fidéliser notre clientèle et en attirer de nouvelles », explique Pascal Opsomer, à la tête de cette entreprise d’abord familiale puisque créée avec sa femme Frédérique Gignoux, puis résolument indépendante avec l’arrivée de deux autres actionnaires, Philippe Loumeau et Stéphane Brault.
12 millions d’euros de chiffre d’affaires
Installée à Plescop, dans un imposant bâtiment abritant les bureaux administratifs et commerciaux, un atelier de stylisme et de modélisme, l’entrepôt logistique et un magasin d’usine, l’enseigne Mousqueton maille le Grand-Ouest de l’Hexagone à travers un réseau de 17 boutiques, ouvertes principalement en Bretagne (la dernière a été inaugurée le 10 avril à Pontivy) et dans cinq grandes villes de l’Ouest. La marque rayonne également en France et en Europe du Nord (Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Danemark, Norvège et Suède) via 300 revendeurs indépendants. Enfin, elle renforce sa présence sur le web avec un site e-commerce dont l’activité croit de 20% par an depuis plusieurs années. En 2026, Mousqueton – qui emploie 65 personnes, dont la moitié basée au siège – prévoit de réaliser 12 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 50% générés par ses propres magasins, 40% apportés par le BtoB et 10% par son site e-commerce.
A raison de deux collections par an, Mousqueton présente près de 200 références, dont la moitié sont des pièces permanentes, comme la vareuse en toile marine (déclinée en différents modèles et coloris) qui reste le produit phare et l’article signature de la marque morbihannaise. « C’est aussi le plus vendu, détrôné l’été par les bermudas colorés pour homme baptisés Donan (du nom d’une plage de Belle-Ile en mer, ndrl) », précise Marie Languille, directrice marketing et communication. A l’étage du bâtiment, une équipe de styliste-modéliste dessine l’entièreté des pièces et crée 30% de nouveautés à chaque collection, élargissant d’autant la gamme des propositions et des innovations.
Relocalisation de la production
C’est ainsi que Mousqueton a lancé, en novembre 2025, la production d’un jean entièrement fabriqué en France, dans l’atelier normand Kiplay. « Quand cela est possible, nous sollicitons la filière textile française : nos pulls marins 100% laine sont également tricotés en France« , précise Stéphane Brault. Mais les (sur)coûts de production ne pourraient s’appliquer à l’ensemble de la production sans mettre en péril le modèle économique de l’entreprise. « Produire en France reste difficile. Depuis le départ, nous travaillons avec la Chine et l’Inde, dans des usines que nous avons visitées et sélectionnées pour leurs conditions sociales et la qualité de travail. Or, depuis la crise du Covid, les complications logistiques s’accumulent entre les incertitudes du transport maritime et l’instabilité internationale. Pour des raisons de sécurité, nous avons recentré une partie des sites de production au Portugal, en Bulgarie et au Maroc. Des choix qui sont aussi en cohérence avec nos engagements RSE », explique en toute transparence Pascal Opsomer.
Secondé depuis 2020 par Stéphane Brault (dans un premier temps comme consultant, puis DG) dans la stratégie opérationnelle de l’entreprise, le fondateur de Mousqueton aborde avec enthousiasme et sérénité ce nouveau cap vers l’international, un relais de croissance devenu évident. « Tout en continuant de consolider notre maillage local, nous sommes prêts à exporter notre enseigne dans des pays où la marque est connue et appréciée.« A quelques jours de la réouverture de leur boutique au Canada, les dirigeants de Mousqueton prévoient l’ouverture d’une seconde, en 2027, dans la ville de Québec. Ils s’y rendront dans une semaine pour prospecter.
Relire l’enquête de la CCI Bretagne sur la filière textile en Bretagne
Des vêtements aux voiles de bateaux en passant par les accessoires de mode, la filière textile a connu son âge d’or en Bretagne. Depuis la fin des années 70′, le tissu industriel lié à ce savoir-faire s’est largement effrité en France, avec de nombreuses délocalisations et fermetures d’usines intervenues dans un contexte de mondialisation de l’économie.
En Bretagne, l’industrie textile représente aujourd’hui plus de 3 000 salariés répartis dans près de 350 entreprises, avec une progression de ses effectifs de 16% sur les six dernières années.
Cette étude a été réalisée par la CCI Bretagne, en partenariat avec Mode Grand Ouest et en cofinancement avec la DREETS et le Conseil Régional de Bretagne, en réponse aux appels à projet Etat-Région dans le cadre du Contrat de plan État-région (CPER) 2021-2027, volet « Emploi ».



