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Vincent Bobot, Directeur de la Faculté des Métiers de la CCI Ille-et-Vilaine
Vincent Bobot, Directeur de la Faculté des Métiers de la CCI Ille-et-Vilaine

Alternance-Formation continue : la Faculté des Métiers de Rennes peaufine son offre en vue de la réforme

Véronique Maignant, le 27.11.2018

Les changements portés par la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage(1) bousculent les opérateurs du secteur. Parmi eux, la Faculté des Métiers de la CCI Ille-et-Vilaine qui regroupe les sites de Bruz, Fougères et Saint-Malo. Rencontre avec Vincent Bobot, son directeur.

 

Comment s’est passée la rentrée 2018 à la Faculté des Métiers ?

En matière de formation continue courte, 2017 et 2018 ont été deux très bonnes années. Avec 9 500 salariés et dirigeants formés par an, nous sommes de très loin le 1er opérateur sur l’Ille-et-Vilaine. L’importance de la demande nous permet de garantir le respect de la programmation. Aucune formation n’est annulée faute d’inscriptions suffisantes. C’est un énorme avantage, qui va de pair avec une sélection drastique de nos formateurs. Au final, notre chiffre d’affaires, en progression régulière de 3 à 5 % chaque année, atteint 17 millions d’euros en 2018 pour un effectif de 150 personnes. Il intègre les formations en alternance, du CAP au Bac + 3, l’ADN de la Faculté des Métiers. Cette année, ce sont 2 100 jeunes que nous formons, 80% en alternance. 

 

Quelles sont vos perspectives en matière de formation continue ? La réforme vous inquiète-t-elle ?

Management, marketing, commercial, bureautique, etc, l’éventail de nos formations courtes est large et répond prioritairement aux attentes des entreprises. De ce fait, elles s’adressent aux salariés et aux dirigeants. Le nouveau Compte de Formation Professionnel (CPF), qui deviendra actif dès le 1er janvier 2019, change en profondeur le mode d’achat de la formation. Chacun d’entre nous devient acteur de son parcours professionnel. Le bon DRH sera celui qui convaincra les collaborateurs de co-investir dans une formation répondant aux besoins de l’entreprise. A la Faculté des Métiers, nous sommes prêts. Toutefois une inquiétude demeure pour le court terme. Par manque de visibilité sur le fonctionnement même de ce CPF, les salariés risquent de repousser leur achat. On risque d’avoir un coup de frein sur la vente de nos formations continues en 2019. Pour atténuer ce risque nous allons devoir être très pédagogues envers notre public et travailler main dans la main avec les OPCA, financeurs pour partie de ces formations. Le phénomène de taille d’entreprise risque de s’accentuer. Les collaborateurs des plus grandes entreprises, bénéficiant d’une meilleure information et d’une meilleure prise en charge, via un service RH dédié, continueront plus facilement à se former.

 

Quelles formations fonctionnent le mieux ?

Nous constatons une demande grandissante en management intermédiaire. Tant est si bien que les équipes, ici, développent de plus en plus des petits parcours certifiants, d’une durée de 12 à 14 jours par an, avec un financement possible via l’Opca (2). Il s’agit de faire monter en compétence les collaborateurs et qu’ils deviennent à leur tour des formateurs en interne. C’est une tendance de fond qui s’accélère. Toutes les formations au numérique et aux outils collaboratifs sont également très prisées.

Un autre secteur qui a pris de l’envergure est celui de la santé. Il travaille sur appels d‘offres. Nous avons fait le choix de nous positionner et aujourd’hui, nous formons 1 millier de stagiaires à travers la France. Notre offre est assez large. Nous dispensons des formations courtes en soins de santé primaires pour le monde hospitalier. Les établissements ont de gros besoins sur des thématiques transverses par métiers. Là encore, il s’agit de faire monter en compétence des collaborateurs comme par exemple les aides-soignants sur des gestes techniques ou de la gym douce.

 

En matière de formation en alternance, où en êtes-vous ?

L’apprentissage et la formation en alternance sont de plus en présents dans les discours des politiques. C’est plutôt positif d’autant que pour les entreprises ça reste un moyen unique de tester un jeune aux méthodes et outils de l’entreprise pour ensuite le recruter. Ceci à des conditions financières intéressantes.  Le succès est tel, qu’aujourd’hui nous avons plus d’offres d’entreprises que de jeunes disponibles dans nos trois principales filières vente/commerce, hôtellerie restauration et tertiaire administratif. Elles vont du CAP au bac + 4 et restent attractives auprès des jeunes, sauf la filière hôtellerie-restauration où en cinq ans nous avons perdu 30 % des effectifs.  Heureusement, cette année nous avons réussi à la stabiliser. C’est le fruit d’un travail approfondi de revalorisation de la filière avec les branches professionnelles. Nous avons aussi pris le parti de travailler dans des domaines d’excellence, avec des chefs renommés ou en partenariat avec des écoles comme Ferrandi à Paris, sur des programmes plus intensifs, pour capter un public plus âgé. Tout ça finit par payer.

 

Comment voyez-vous l’avenir de l’apprentissage avec la nouvelle réforme ?

Il est clair qu’en formations infra Bac (du CAP au Bac), nous avons de plus en plus de mal à attirer des jeunes en apprentissage. L’expression « passe ton bac d’abord » perdure chez les parents comme dans l’éducation nationale. Nous travaillons contre ça.  C'est pourquoi nous attendons beaucoup du nouveau rôle confié aux Régions en matière d’orientation. J'espère que ces nouvelles dispositions permettront de renforcer l’attractivité de l’alternance en France. Notre développement futur passe par celui des formations Bac +2, Bac +4 voire au-delà. En articulation avec le rectorat nous sommes à même d’apporter une vraie valeur ajoutée car nous maitrisons la règlementation et tous les référentiels de formation. Nous avons également cette capacité à recruter via les salons et nos propres réseaux. Les formats évoluent, la demande est là. Nous avons de plus en plus de grosses entreprises du département qui nous sollicitent pour monter des programmes spécifiques. On le fait déjà avec La Poste, Axa, Leroy-Merlin ou encore But. Avec elles, nous travaillons à partir de socles communs en introduisant des modules spécifiques à l’entreprise. Ça marche ! Avec la réforme en cours, ce type de partenariat est voué à se développer d’autant plus que, pour les jeunes, nos références pédagogiques restent attractives.  

 

Découvrir la  Facuté des Métiers de Rennes 

(1) lire le dossier sur la réforme professionnelle et l'apprentissage 

(2)Organisme Paritaire Collecteur Agréé' 


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Retrouvez toutes les offres de formations,  continue ou par alternance, sur le site : www.cci-formation-bretagne.fr/