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Formation professionnelle et apprentissage : en Bretagne, comme ailleurs, la réforme rebat les cartes

Véronique Maignant, le 25.09.2018

Les décrets ne sont pas encore votés mais la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage est bel et bien sur les rails. Comme beaucoup de réformes, elle ne fait pas l’unanimité. Pourtant, en Bretagne comme ailleurs, l’heure est venue de co-construire une offre de formation en adéquation avec les attentes réelles des entreprises, au regard de la transformation digitale qui touche tous les métiers.

Parole d'élu


Le contexte économique évolue, le marché de l’emploi repart et les entreprises doivent trouver des compétences.
D’ici 10 ans, un métier sur deux sera transformé…
Les changements portés par la réforme  de la formation professionnelle et de l’apprentissage doivent répondre à cet impératif.
. Une mesure retient particulièrement notre attention : l’évaluation des formations en fonction de l’insertion dans l’emploi ; il s’agit bien de former pour répondre aux besoins des entreprises.
. la libéralisation de l’apprentissage accompagnée d’un changement de paradigmes notamment avec les transformations digitales, écologiques et économiques.
. la monétisation du compte personnel et la création de l’application numérique dédiée pourront donner plus d’autonomie et d’initiatives aux salariés ; ils s’inscriront à la formation qu’ils auront choisie  en temps réel en fonction des droits dont ils disposent.
Cependant, nos territoires ruraux et interurbains devront être pris en compte et dans ce cadre, les campus de proximité seront de vrais atouts et nécessiteront un soutien incontestable !
Gageons que tous ces dispositifs boosteront notre économie et seront des aides indéniables pour les entrepreneurs, les salariés , les demandeurs d’emploi et les jeunes !
TOUTEFOIS, la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel ne portera ses fruits que s’il y a une vraie réforme de l’ORIENTATION...

Brigitte Delahaie
Présidente de la commission Formation à la CCI Bretagne

Après neuf mois de concertation avec les partenaires sociaux, d’échanges avec les professionnels du secteur et de débats parlementaires, la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage va voir le jour. Adoptée définitivement par le Parlement le 1er août, la loi « Avenir professionnel » doit encore obtenir la validation du Conseil constitutionnel avant d’être promulguée. Mais le ministère du Travail a prévenu, la moitié du chemin reste à faire : « Tout va se jouer dans l’exécution et l’appropriation de la réforme par les acteurs». La formation professionnelle et l’apprentissage constituent deux des trois volets de ce projet de loi.

Libéralisation du marché de l’apprentissage

Auparavant aux mains des Régions, l’apprentissage sera désormais piloté par les branches professionnelles. Elles seront impliquées dans la construction des diplômes et fixeront le coût des contrats d’apprentissage. Ce nouveau mode de financement au contrat s’accompagne d’une libéralisation du marché. Tout organisme de formation pourra à l’avenir ouvrir un centre de formation d’apprentis (CFA) sous réserve d’obtenir la certification prévue par la loi. Les CFA devront donc repenser leur modèle économique. La taxe d’apprentissage telle qu’elle existait jusqu’à présent disparait au profit d’une « contribution unique pour le développement de la formation professionnelle et de l’alternance. Cette disparition entérine par la même celle des organismes collecteurs de la taxe d’apprentissage (OCTA).

Individualisation du droit à la formation

L’individualisation du droit à la formation, pierre angulaire de la réforme, repose sur un compte personnel de formation (CPF) rénové et monétisé à hauteur de 500 euros par an. Via une application mobile, chacun pourra décider, sans intermédiaire, de son parcours de formation. Toutefois, la loi prévoit la possibilité d’être accompagné. Le conseil en évolution professionnelle (CEP) sera délivré aux salariés par de nouveaux opérateurs sélectionnés par appel d’offres.

A lire : La visibilité de l'hôtel-restaurant Les Mouettes s'envole avec les réseaux sociaux

France Compétences, nouvelle instance

La gouvernance sera confiée au niveau national à France Compétences, nouvelle instance représentant l’État, les Régions et les partenaires sociaux. Elle aura pour mission de redistribuer les fonds collectés par les Urssaf, de réguler la qualité et les prix des formations, ou encore de gérer le répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). De leur côté, les organismes paritaires collecteurs agréés (Opca) perdent la collecte et sont amenés à se restructurer.

L’année 2019 s’annonce particulièrement décisive. Selon la DGEFP, 70 décrets et arrêtés sont attendus, et la plupart seront publiés d’ici à la fin de l’année. Mise en place de la direction de France Compétences, répartition de la collecte par dispositifs, conditions d’agrément des opérateurs de compétences, ou encore conversion des crédits d’heures du CPF en euros… : autant de précisions attendues par les professionnels pour se mettre en ordre de marche.

A lire : Une formation sur-mesure pour maîtriser l'impact des outils digitaux sur la posture managériale

19.000 apprentis bretons formés à 310 métiers

« La réforme ne va pas modifier l’ambition du conseil régional qui est de donner des qualifications à la majorité des personnes et de répondre aux besoins du tissu économique et des entreprises », rassure Georgette Bréard, vice-présidente de la Région Bretagne chargée de la formation, l'apprentissage et l'orientation.

Ainsi, si la loi « Avenir professionnel » prévoit d’ouvrir l’apprentissage aux personnes âgées de 29 ans révolus, en Bretagne, depuis 2017, il est accessible jusqu’à 30 ans. « Un atout pour les entreprises qui peuvent ainsi trouver des apprentis ayant suffisamment de maturité pour occuper des postes à responsabilité », selon l’élue, qui s’interroge par ailleurs sur le devenir des aides dont bénéficient actuellement les apprentis bretons quand la réforme sera en œuvre. « L’aide régionale au premier équipement concerne ainsi environ 8.000 jeunes chaque année, et l’aide Argoat (déplacement, hébergement, restauration…), 12.000»

La digitalisation des métiers entraîne la mutation des postes et des missions et nécessite l’acquisition de nouvelles compétences. Heureusement, pour répondre aux besoins des entreprises bretonnes, l’offre de formations évolue en tenant compte de ces nouveaux enjeux. « Le digital et le numérique sont pris en compte depuis plusieurs années », précise Georgette Bréard. La carte des formations est élaborée avec les branches et le rectorat et en lien, aussi, avec les réseaux consulaires. « C’est une nécessité pour répondre aux besoins des entreprises, insiste l’élue. Car la digitalisation n’impacte pas que les entreprises du numérique. Elle est aussi présente dans le secteur de l’agriculture, par exemple. »

Pour Georgette Bréard, la libéralisation de la formation qu’implique la réforme nécessite une régulation. « Nous suivrons le dossier avec vigilance », prévient la vice-présidente. D’ici là, la Région Bretagne continue de promouvoir l’apprentissage. « Le travail de concertation mené avec les branches porte ses fruits puisque nous enregistrons une hausse très nette des effectifs. » Ils seront en effet plus de 19.000 apprentis, sur cette rentrée 2018 qui s’échelonne jusqu’à décembre, à travailler dans les entreprises et dans les écoles et à se former à 310 métiers différents. Un record. « Dans les 18 mois de leur sortie de formation, 75 % des jeunes diplômés de l’apprentissage sont en situation d’emploi stable », rappelle Georgette Bréard.

A lire : Céline Chaussavoine, Chef de projet SEO chez Médiaveille, formée à la Faculté des Métiers de Rennes

 

Risque d’inégalité des territoires

En tant qu’acteur majeur de la formation sur tous les territoires, les CCI sont engagées depuis des dizaines d’années dans le développement des formations par alternance, une voie royale pour l’insertion professionnelle des jeunes, et dans la formation continue, permettant la montée en compétences des salariés et la reconversion des demandeurs d’emploi.

La libéralisation de l'apprentissage, en particulier la suppression des OCTA inquiéte le réseau breton. « Elle aura pour conséquence directe d’ôter toute liberté d’affectation des fonds par les entreprises aux CFA ou Ecoles de leur choix, souligne Brigitte Delahaie, Présidente de la commission formation à la CCI Bretagne.  Avec cette réforme, nous constatons également une centralisation au niveau national des fonds libres jusqu’ici gérés par la Région. Il nous apparait essentiel que des mesures adaptées soient prises pour à la fois maintenir l'égalité d'accès à l'apprentissage sur l'ensemble du territoire et favoriser un développement équilibré et quantitatif de l'apprentissage ».

L’autre inquiétude exprimée par le réseau consulaire porte sur la refonte du financement des CFA. « La détermination d’un coût contrat constitue à nos yeux une problématique importante, poursuit Brigitte Delahaie. Les coûts varient fortement en fonction de la réputation de l’établissement, des frais de structures, des frais de matériels, du type de formation ou de la localisation du CFA. Aujourd’hui, nous ne savons pas encore comment sera gérée la période intermédiaire entre l’ancien modèle et le nouveau. Cela risque de générer des problèmes de trésorerie dans les CFA et par voie de conséquence ralentir le développement de cette voie de formation. De même, la libéralisation de l’offre des CFA va pousser ces derniers, dans une logique de concurrence. Que va-t-il advenir de sections qui sont aujourd’hui financées principalement par les Conseils régionaux car spécifiques à un domaine et en lien avec les besoins économiques spécifiques d’un territoire ? »

Autant de questions qui restent aujourd’hui sans réponse. Et même si la demande de formation, désormais laissée au libre arbitre des salariés, risque d’augmenter sensiblement et constituer ainsi une opportunité pour les établissements de formation continue des CCI, cette loi rebat à elle seule les cartes de cette mission clé des CCI.

A lire : Pour l'Hôtel Ker Moor Préférence (22) : « les outils numériques sont le cœur du réacteur »

 

Mettre la priorité sur l’orientation

Président, du Medef Bretagne, Joël Chéritel, appelle tous les acteurs à aller de l’avant. « Cette réforme, nous l’attendions, nous la souhaitions vraiment. Certes, des inquiétudes demeurent, notamment sur le CPF, mais elle a le mérite de répondre au double défi de cultiver l'employabilité des salariés et l'agilité de nos entreprises ». Selon lui cette réforme va dans le bons sens car elle renforce l'attractivité de l'apprentissage pour les jeunes. « Notre pays a totalement occulté cette façon d'apprendre, en ne voulant valoriser que la voie académique et les savoirs théoriques. Pour attirer plus de jeunes dans l’apprentissage, le volet de l’orientation est essentiel. L’évolution des missions des Centres d’information et d’orientation (CIO) était nécessaire. Nous devons ouvrir les yeux de nos jeunes sur les centaines de métiers qui existent en favorisant , dès le collège, ‘’les classes en entreprises’’. Pour avoir mis en place cette opération dans ma propre entreprise1, je peux témoigner que c’est une occasion unique de leur faire découvrir des métiers souvent méconnus. Les entreprises ont aussi leur part de responsabilité pour faire en sorte que les jeunes choisissent leur orientation et non plus qu’ils la subissent ».

Définir une offre adaptée aux besoins des entreprises

Sur la liberté d’installation et de financement des CFA prévue dans la Loi, le Président du Medef Bretagne poursuit : « Les CFA vont devoir s’adapter à l’offre des entreprises, se financer par les contrats apprentis et non plus par des subventions. Cette mesure va permettre d’anticiper les besoins des compétences de demain à l’échelle des bassins de vie, au regard notamment de la transition numérique. Même si la Région perd certaines prérogatives, c’est ensemble, avec tous les branches professionnelles et tous les acteurs de la formation, que nous devons continuer à co-construire une offre régionale de l’apprentissage et éviter que cette réforme ne devienne un instrument de désertification économique dans certains territoires. Il est temps de se mettre au travail. Que ce soient les chômeurs longue durée, les salariés dans les entreprises ou les jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi, avec ces nouvelles mesures, chacun devra pouvoir choisir son orientation professionnelle, pour peu qu’il veuille travailler ».

 

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Repères

Se former en Bretagne : le nouveau site des CCI propose 1 millier de formations

Les CCI de Bretagne et leurs centres de formation certifiés, ont pour objet de répondre aux besoins de formation des entreprises dans des domaines très variés. Elles offrent plus de 900 formations courtes et 100 cycles diplômants ciblés, pratiques, en phase avec les évolutions métiers. Pour gagner en visibilité et toucher leurs publics cibles, dirigeants salariés, jeunes à la recherche d’un emploi, etc…, les centres de formation présents dans chaque département breton lancent une nouvelle plateforme web réunissant l’ensemble de l’offre de formation professionnelle que ce soit en formation continue, en alternance et à temps plein.

Pour en savoir plus : www.cci-formation-bretagne.fr


TÉMOIGNAGES

Céline Chaussavoine, Chef de projet SEO chez Médiaveille, formée à la Faculté des Métiers de Rennes

V.Maignant

Chef de projet SEO chez Médiaveille à Rennes, Céline Chaussavoine est passée par la Faculté des Métiers de la CCI Ille-et-Vilaine pour se former au marketing digital. Après un break à l’étranger de 3 ans, cette formation sur un an dont six mois en entreprise lui a permis de renouer avec les études et plus encore de s’immerger dans le monde professionnel.

Le parcours de Céline Chaussavoine est à l’image d’un grand nombre de jeunes aujourd’hui. Avec un Bac Technique option RH en poche, la jeune femme s’oriente vers un BTS communication à Bordeaux. Elle enchaîne avec une licence AES à la Faculté de Rennes 1, puis se met en quête d’un travail. Au bout d’un an de recherche, en Bretagne d’abord, sur le reste de la France ensuite, force est de constater que sa formation ne correspond pas aux attentes des entreprises. « Je cherchais un poste dans la communication mais j’étais trop généraliste. Ce manque de spécialisation et une absence d’expérience constituaient un vrai frein à l’embauche ». En 2013, la jeune femme décide de s’envoler pour l’Australie. Durant deux ans elle occupe divers jobs dans la restauration. Ensuite, ce sera l’Asie pendant 3-4 mois : « je voulais découvrir ce continent».

Un cursus d’un an avec 6 mois en cours et 6 mois de stage en entreprise

2015 : retour en France : « J’avais compris que pour tenter de nouveau ma chance sur le marché du travail, je devais me spécialiser ». Elle décide d’intégrer la licence pro « Chef de projet et création de site Internet » proposé par la Faculté des Métiers de Bruz, près de Rennes. « Il existe une forte appréhension à reprendre des études et à devoir rester assis à écouter un « prof » quand on est sorti du système. Le parcours proposé par la Faculté des Métiers, six mois en stage et 6 mois en cours, me paraissait être un bon compromis. La situation géographique était un autre critère. Enfin j’avais également la perspective d’obtenir une aide de la Région Bretagne pour financer cette formation ». Après six mois en cours, Céline Chaussavoine part en Belgique courant février 2016 effectuer son stage. « Il s’agissait d’une agence de voyage en pleine refonte de son site Internet. C’est là que j’ai découvert le SEO et c’est devenu mon métier ! ».

Un premier emploi obtenu rapidement

Avec sa licence pro en poche, Céline trouve rapidement un premier emploi au sein d’une agence de création de site à Rennes. « Mon diplôme mais plus encore mon expérience significative acquise durant mon stage m’ont permis d’obtenir ce job ». Elle y reste trois mois avant de postuler à Médiaveille (1) qu’elle intègre en mars 2017 en tant que chef de projet SEO. Sa mission consiste à travailler sur le référencement naturel d'une marque afin d'optimiser son rang de positionnement et donc d'augmenter le trafic sur son site web. « Chez Médiaveille, souligne-t-elle, même si vous n’avez pas énormément d’expérience, on vous donne l’opportunité de montrer ce dont vous êtes capable. Je me plais à mon poste. Je gère un portefeuille d’environ 25 clients. Une partie d’entre eux me fait entièrement confiance, ayant peu d’appétence pour les nouvelles technologies ».

C’est aussi sur ce point que le regard de Céline Chaussavoine est intéressant. « Pour les personnes en reconversion, celles qui ont plus de 45 ans, il serait, selon moi, plus bénéfique d’aborder les formations au digital avec une pédagogie différenciée, de prévoir deux cursus différents. En France nous avons la chance d’avoir accès à un grand nombre de formations. Il faut en profiter tout au long de sa vie. Et puis… avec l’âge, on finit par faire la paix avec les études ».

Tout savoir sur les formations au numérique à la Fac des Métiers 

(1) : Mediaveille est une société de MV Group, fondée par Olivier Méril à Rennes. En 2017, le groupe, devenu expert en stratégie digitale a réalisé un CA de 24 M € pour un effectif de 170 personnes.

Pour l'Hôtel Ker Moor Préférence (22) : « les outils numériques sont le cœur du réacteur »


Naturellement inscrit dans un cadre exceptionnel dominant la mer, en baie de Saint-Brieuc, l’hôtel Ker Moor Préférence investit chaque année dans les outils numériques et le marketing digital pour générer plus de réservations en direct et garder le contrôle sur sa relation client. Cette stratégie oblige ses propriétaires à se former à ces nouvelles technologies. Pour ce faire ils s’appuient sur les services de la CCI 22.

Hôteliers depuis 1990, Jean-Luc et Odile Landel ont repris, il y a une petite dizaine d’années, l’hôtel Ker Moor Préférence situé à Saint-Quay-Portrieux. Cet établissement quatre étoiles, ouvert toute l’année, dispose de 30 chambres et s’adresse autant à une clientèle d’affaires que haut de gamme. « Depuis l’arrivée des premiers ordinateurs en 1998, nous n’avons eu de cesse de suivre l’évolution du numérique et son impact sur notre activité, indique Jean-Luc Landel. L’amplification du phénomène va de pair avec celle de la vitesse des tuyaux, et ce, bien que nous n’ayons pas encore la fibre ».

Une stratégie basée sur la réservation en direct

Depuis 2010, le site Internet de l’hôtel a ainsi bénéficié de 5 évolutions notables. La dernière remonte à mars 2018. « Nous avons changé de prestataire et de technologie. L’objectif était de donner une place importante aux visuels, à la vidéo, aux « chats en ligne »…être aussi performant que les agences de voyage en ligne (OTA)Notre priorité est de conforter notre part de réservation en direct ». Cette stratégie avec des critères directs d’actions, des objectifs et suivi statistiques mensuels porte ses fruits. La part directe de réservation représente aujourd’hui environ 60% de la clientèle de Ker Moor Préférence. Un pourcentage largement au-dessus de la moyenne des hôtels en France, qui tourne autour de 30% si l’on se réfère à la dernière étude de Coach Omnium (infographie ci-dessous).

Investir sans cesse

L’investissement n’est pas neutre. « Il représente le coût d’un véhicule haut de gamme en leasing », soit entre 800 et 1 000 euros par mois. « C’est le prix à payer pour garder notre vitrine sur le web, notre savoir-faire et nos particularités. Si nous n’avons plus de façade, nous n’existons plus ». Ceci est d’autant plus vrai que « le Relais du Silence », réseau européen d’hôtels de charme auquel appartient Ker Moor Préférence, aimerait bien mettre la main sur ses membres. « La qualité de ce réseau est indéniable mais nous voulons rester maître de nos investissements et de notre stratégie ».

Privilégier un marketing de la demande

Le processus de planification d’un voyage est de plus en plus complexe, il est donc nécessaire pour tout hôtelier d’engager la conversation avec le voyageur en ligne à chaque point de contact possible. Par exemple, les consommateurs de produits de voyage peuvent commencer avec une recherche sur Google, puis regarder une vidéo sur YouTube, visiter le site de l’hôtel, vérifier les commentaires sur TripAdvisor, et éventuellement faire une réservation. Les consommateurs passent par une multiplicité de points de contact différents, sans ordre établi. « En tant qu’hôtelier, nous devons être prêt à nous démarquer de la concurrence quand un visiteur atterrit sur notre site durant son processus de planification. Cela nous oblige à nous remettre en cause en permanence, à nous former aux stratégies de contenu, au référencement, aux réseaux sociaux à Google Analytics, bref à tous les outils digitaux en cours aujourd’hui».

Des formations dispensées par la CCI

Salariée depuis plus de deux ans au sein de l’hôtel Ker Moor Préférence, Emeline Landel, est aujourd’hui en charge de la communication et du suivi de la stratégie web. Avec son père, elle suit les formations proposées par la CCI 22 à l’ensemble des entreprises du territoire. « Nous avons d’abord bénéficié d’un diagnostic effectué par Rénald Lelievre dans le cadre du dispositif l’« Armor est dans le Web », poursuit Jean-Luc Landel. Cet état des lieux permet notamment de faire un point sur votre e-réputation, de vérifier votre présence et votre pertinence sur les réseaux sociaux et travailler sur la cohérence de vos actions. « Dans la fouléenous avons participé à des formations tournées vers la rédaction de contenu, l’optimisation sur les moteurs de recherche, le référencement et Google Analytics. En tant qu’adhérent, la CCI 22 nous suit à chaque étape de notre développement. Le regard des conseillers et les échanges croisés avec les autres chefs d’entreprise présents lors de ces formations sont toujours très enrichissantes ». Et pour lever le frein du financement, sachez qu’il existe une prise en charge totale par l’AGEFICE dans le cadre de la « mallette du dirigeant » ou la possibilité d’une prise en charge dans le cadre du plan de formation.


Que vous soyez salarié ou dirigeant, la CCI 22 propose différentes formations dédiées aux nouvelles technologies et compétences numériques.
Digitaliser son entreprise :

  • Les fondamentaux et enjeux de la transformation numérique, effectuer mes démarches administratives en ligne, sécuriser mes solutions digitales

Le web et le e-commerce

  • Créer un site web vitrine

Stratégie de communication et déclinaison sur le Web

  • Les fondamentaux de la communication, concevoir une newsletter, les réseaux sociaux, le référencement internet, les différents types de présence sur Internet

Pour consulter le planning des formations : Formation CCI 22

 

Une formation sur-mesure pour maîtriser l'impact des outils digitaux sur la posture managériale

Formation Management outils collaboratifs
Simon Cohen

Après avoir formé en interne tous ses salariés à Office 365, Bres'Aim a sollicité le service formation de la Chambre de commerce et d'industrie. Objectif : accompagner les managers face aux changements induits par les outils collaboratifs. Cette formation sur-mesure va entrer au catalogue des formations d'ici quelques mois.

La société d’économie mixte Brest’Aim emploie environ 240 personnes, dont une quarantaine de managers, pour une centaine de métiers différents. Il faut dire qu’entre la mer (Océanopolis, Les ports de plaisance), l’événementiel et la culture (le parc des expos, le Quartz, l’Aréna), le sport (la patinoire), la gestion du stationnement de la métropole brestoise et les services supports, il y a fort à faire ! « Mais nous faisons corps dans une entreprise qui regroupe plusieurs direction déléguée », précise Claire Dubois, secrétaire générale de Brest’Aim.

Depuis plusieurs années, avec l’appui du service formation de la Chambre de commerce et d’industrie métropolitaine Bretagne ouest (CCIMBO), Brest’Aim a engagé une réflexion sur la posture managériale. « Les managers de différents métiers se sont retrouvés dans des formations animées par la CCI autour de valeurs fortes : écoute, ouverture, management opérationnel, démarche de performance… Un format qui a fait mouche », apprécie Claire Dubois.

La posture du manager communicant à l'heure des outils collaboratifs

Alors, quand l’an passé l’entreprise est passée aux outils numériques et collaboratifs d’Office 365, elle a tenu à maîtriser l’impact des outils digitaux sur la posture des managers. « La circulation de l’information est beaucoup plus transversale… Il y a eu un avant et un après ces outils. Avec Hélène Craneguy, responsable RH et pilote de la formation, nous avons donc voulu élaborer un programme de formation sur le management collaboratif, avec la CCI. »

Une première vague de responsables ont été formés sur deux jours, au Ciel (Centre international d'études des langues), à Brest. Au programme : posture du manager communicant, management situationnel et développer le leadership sans démobiliser.

Une formule gagnante, de l’avis de la secrétaire générale de Brest’Aim. « Les échanges étaient de qualité, ils ont revu un certain nombre de choses et ont aussi pu bénéficier d’un espace de parole. Tous issus de métiers différents, par rapport aux outils digitaux, ils sont confrontés à la même chose », relate Claire Dubois. L’objectif est que tous les responsables profitent de ces deux jours de formation.

Développée pour une entreprise, une formation bientôt accessible pour tous

Intitulée « Maîtriser les principes du management collaboratif », ce programme mise au point par le service formation de la CCIMBO a été réalisé sur-mesure et proposé en intra pour Brest’Aim. Mais face à la révolution digitale des entreprises, elle va être intégrée au catalogue de formations, dès 2019, et ouverte en inter. C’est-à-dire que des cadres de différentes structures s’y retrouveront.

« Les nouveaux outils induisent des choses en termes de management. Il faut être conscient des attentes croissantes des collaborateurs dans leur appropriation, analyse la secrétaire digitale de Brest’Aim. On ne manage plus comme on le faisait il y a 20 ans ! »

Pratique : demande de renseignements sur la formation "Maîtriser les principes du management collaboratif", auprès de Philippe Le Coz, responsable de formation à la CCIMBO, par courriel.

Tourisme : la visibilité de l'hôtel-restaurant Les Mouettes s'envole avec les réseaux sociaux

Les Mouettes réseaux sociaux
Aude Sirvain

Ateliers, formations et maintenant coaching numérique, l'hôtel-restaurant Les Mouettes mise sur le digital pour communiquer sur ses prestations, ses nouveautés et ses besoins en recrutement.

Se différencier, c'est le credo de l'hôtel-restaurant Les Mouettes, à Larmor-Plage. Revendiquant un style chic-décontracté, cet établissement 3 étoiles de 20 chambres et 80 couverts (sans compter la terrasse, d'une capacité équivalente), en bord de mer et distingué de deux toques au Gault & Millau, a par exemple mis à sa carte récemment un "homard burger" au pain à l'encre de seiche, aussi propice à régaler les fans de burgers et les amateurs de homard qu'à recueillir des likes sur Instagram.

"On a un savoir-faire mais il faut le savoir-faire", résume Frédéric Avignon, dirigeant associé des Mouettes. Alors, Smartphone à la main, le Morbihannais revendique de passer une à deux heures par jour à travailler au développement de la visibilité de l'établissement. "Avec Instagram (700 abonnés), LinkedIn (2.000), Facebook (4.300 fans) et Google My Business, je crée de la communauté. Les personnes qui voient, commentent ou apprécient les publications peuvent devenir prescriptrices de nos prestations", note Frédéric Avignon. Outre les assiettes servies et le paysage "extraordinaire" des Mouettes, le dirigeant partage aussi les bons avis recueillis par l'hôtel.

Rivaliser avec les plus gros groupes hôteliers grâce au digital

"Les outils digitaux donnent aux indépendants comme nous la possibilité de nous exprimer autant que les gros groupes, il faut s'en saisir !" Par exemple, pour 1 € par jour, Frédéric Avignon sponsorise des publications autour du menu expérimental "Saveurs du chef", ce qui lui permet d'atteindre les 23.000 vues sur Facebook avec trois au quatre publications seulement. "Je peux aussi faire des campagnes très ciblées, pour des offres momentanées par exemple, ça me donne de la visibilité et ça coûte moins cher qu'une affiche en 4m par 3", sourit Frédéric Avignon, qui précise que le chiffre d'affaires de l'établissement a progressé de 30 % en trois ans.

Autre démarche du dirigeant, pour les prestations B2B, ajouter à son réseau LinkedIn les clients en responsabilités qui sont passés par son établissement et, ainsi, permettre à ses publications dédiées (par exemple sur l'équipement des salles de séminaire) d'être vues.

"J'ai assisté à beaucoup d'ateliers du service tourisme de la Chambre de commerce et d'industrie du Morbihan, je suis donc sensibilisé à l'importance des avis et de notre e-reputation. Quand on communique sur les réseaux sociaux, il faut être vigilant par rapport à son offre, afin de ne pas créer de la déception chez les clients. D'où l'importance de bien segmenter sa clientèle, surtout pour nous qui, entre la clientèle d'affaire, les touristes, les mariages et les séminaires, avons plusieurs activités superposées", relève Frédéric Avignon.

Le dirigeant des Mouettes s'appuie aussi sur les connaissances engrangées grâce au réseau Plato, animé par la CCI56. "Je suis convaincu que la CCI a un grand rôle à jouer pour accompagner ceux qui osent sortir de leur zone de confort. Je dépense l'intégralité de notre budget formation chaque année : pour de la formation, des révisions, de l'innovation !"

Un coaching numérique et des audits

Convaincu qu'une formation, "c'est bien", mais qu'un accompagnement au long cours, "c'est mieux",Frédéric Avignon vient de démarrer un coaching numérique, avec une conseillère de la CCI du Morbihan. "Elle a mené des études de pertinence sur notre site Internet et des audits en vue de rédiger un cahier des charges : temps de chargement, responsivité, référencement..."De quoi, améliorer encore la visibilité de l'hôtel-restaurant sur Internet.

En attendant, Frédéric Avignon a décidé d'utiliser les réseaux sociaux et le site Web des Mouettes pour communiquer sur sa "recherche de talents". Il apprécie, aussi, que la cohésion d'équipe grandisse grâce aux réseaux sociaux. "Je leur donne les chiffres, le nombre de partages et l'équipe est fière que les publications soient performantes. D'ailleurs, les collaborateurs les repartagent aussi ! C'est un bon indicateur de l'esprit d'appartenance à l'entreprise", conclut Frédéric Avignon.

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