Transitions

La Bretagne boucle son chantier fibre avec 1,45 million de prises déployées

1,7 milliard d’euros investis et 1,45 million de prises déployées : avec le raccordement du Cap Fréhel et de son phare, vendredi 6 novembre, la Bretagne achève l’un des plus vastes chantiers numériques de France. Lancé en 2014 par les collectivités bretonnes, le projet Bretagne Très Haut Débit se termine quatre ans avant l’échéance prévue et fait du réseau public breton le premier de France en nombre de prises déployées.
Jérôme Sevette
Raccordement sous-marin de la fibre sur l’Île de Bréhat, dans les Côtes d’Armor.

Le raccordement à la fibre optique du site du Cap Fréhel et de son phare marque une étape hautement symbolique pour la Bretagne. Vendredi 6 novembre, Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne et du syndicat mixte Mégalis Bretagne, Christian Coail, président du Département des Côtes-d’Armor, Arnaud Lécuyer, président de Dinan Agglomération, et Philippe Lohier, maire de Plévenon, ont officialisé la connexion de ce site emblématique. Au-delà de la portée symbolique, cet événement consacre l’aboutissement d’un chantier engagé il y a douze ans afin de garantir un accès équitable au numérique sur l’ensemble du territoire breton, des grandes agglomérations jusqu’aux secteurs les plus isolés.

 

Un choix politique pour connecter toute la Bretagne

Lorsque le projet Bretagne Très Haut Débit est lancé en 2014, les opérateurs privés concentrent leurs investissements sur les secteurs les plus denses. Sans intervention publique, seules les métropoles de Brest et Rennes ainsi que plusieurs grandes agglomérations et villes moyennes auraient bénéficié de la fibre, soit à peine 10 % du territoire régional et 40 % de sa population.

Les collectivités bretonnes ont alors fait le choix d’investir massivement afin de couvrir les 90 % restants du territoire. « Là où les opérateurs privés ne voyaient pas de rentabilité, les collectivités bretonnes ont fait le choix d’agir pour garantir à chacun un accès aux mêmes opportunités numériques, où qu’il vive en Bretagne », soulignent les porteurs du projet.

 

Le premier réseau public de France

Avec plus de 1,45 million de prises raccordables, le réseau breton s’impose aujourd’hui comme le premier réseau public de fibre optique de France. Il devance notamment le réseau Losange du Grand Est, qui compte 930 000 prises, et le réseau Nouvelle-Aquitaine THD, avec 760 000 prises.

Selon le dernier observatoire de l’Arcep, le réseau se distingue également par sa qualité de service. L’autorité de régulation des télécoms le classe en tête des réseaux publics nationaux grâce à un faible taux d’échecs de raccordement.

Le projet Bretagne Très Haut Débit représente un investissement global de 1,7 milliard d’euros. Son financement repose principalement sur les collectivités bretonnes, qui ont assuré 48 % de l’effort financier. L’État a contribué à hauteur de 14 %, l’Union européenne à 9 %, le reste étant financé par les recettes générées dans le cadre de la délégation de service public (cf graphique).

Pour la Région Bretagne, cette infrastructure constitue désormais un levier stratégique de développement économique. La fibre doit permettre aux entreprises de gagner en compétitivité, facilite le télétravail, accélère les transitions numériques et renforce l’attractivité des territoires ruraux. « Pendant douze ans, il a fallu surmonter les difficultés pour tenir cette promesse de déploiement de la fibre jusque dans les endroits les plus isolés … Cette réussite montre ce que notre région peut accomplir quand nous unissons nos forces. », confie Loïg Chesnais-Girard.

 

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