La scierie Hamon poursuit ses objectifs de RSE, gisement de performance industrielle

Elle fêtera ses 70 ans en 2027. Dirigée depuis 2023 par la 3e génération, la scierie Hamon poursuit ses objectifs de RSE avec le soutien de Breizh Fab, tout en continuant à s’industrialiser en faveur d’une production à plus forte valeur ajoutée, toujours à base de bois local. Avec un chiffre d’affaires de 7,5 millions d’euros, en croissance de 10% sur l’exercice 2025-2026, elle vient d’acquérir un nouveau terrain de 5 000 m² situé à une dizaine de kilomètres de son site historique implantée à Merdrignac en Côtes d'Armor. Transition énergétique, gestion de la ressource, valorisation des coproduits, valorisation matière, innovation, numérique, bilan carbone …La PME familiale mène de front ces nombreux chantiers, forte d'une équipe de 50 collaborateurs.

Créée en 1957 par Paul, le grand-père de Samuel Hamon, la scierie sélectionnait puis transformait ses bois pour l’industrie et le bâtiment. En 1973, un premier atelier de fabrication de palettes voit le jour, puis entre 1986 et 1991, différents séchoirs sont construits. L’entreprise est entre-temps reprise par Michel Hamon, 2e génération, qui mise sur le respect de l’environnement et la proximité tant pour l’achat du bois que pour la vente.

« Nous avons conservé les fondamentaux, consolidé ce métier historique de sciage de bois pour la construction de menuiseries et de charpentes, tout en nous diversifiant en allant chercher d’autres clients,  dans l’agroalimentaire, l’agriculture et l’industrie en générale », explique Samuel Hamon, 3e génération, codirigeant de l’entreprise depuis 2023, avec son frère, Jean-Patrick.  Cette diversification porte ses fruits : le chiffre d’affaires de 7,5 millions d’euros (juillet 2025) est en progression de 10% cette année.  « On adresse tous les marchés, du professionnel, au particulier, en passant par la commande publique, dans un rayon de 250 à 300 km. Les emballages (palettes, caissons, palettes à dosseret…) représentent les 2/3 du chiffre d’affaires et le secteur de la construction entre 30 et 40%. »

 

Une ressource très concentrée sur le résineux

L’entreprise achète son bois, du résineux essentiellement (Pin Maritime, Douglas et Epicéa de Sitka) sur pied auprès de propriétaires privés ou publics en Bretagne ou dans les départements limitrophes. En 2004, elle a obtenu la certification PEFC, un label qui garantit une gestion durable de la forêt. « La ressource est aujourd’hui très concentrée sur le résineux car c’est un bois tendre avec des rendements matière plus importants que les bois feuillus. Pourtant, ce dernier bénéficie d’une réserve sous utilisée.Face à une consommation de bois énergie qui a triplé ces quinze dernières années, il est important de mobiliser et transformer cette ressource pour mieux la valoriser. Nous allons devoir adapter nos capacités de production et intégrer ce bois, plus dur donc plus long à scier, qui nécessite des équipements en lame différents. »  Selon l’interprofession Fibois, tous les acteurs vont devoir s’adapter au changement d’essence et se tourner davantage vers le feuillus.

 

Privilégier l’économie circulaire

Avant de franchir cette nouvelle étape, la scierie Hamon a investi en 2025, 1million d’euros dans un empileur de planches. En début d’année, elle a fait l’acquisition de bâtiments et d’un terrain de 5 000 m² à Illifaut, à une dizaine de kilomètres de Merdrignac, son siège historique qui s’étend sur 3,3 ha. L’investissement s’élève à environ 400 000 euros. « L’objectif est d’internaliser tout le process pour répondre à une demande en bois de plus en plus techniques (séchage, rabotage)Une demande liée entre autres à la transition climatique, à l’évolution des réglementations environnementales du bâtiment et à l’essor de la construction à ossature bois. « Nous allons démarrer la production d’ici l’été pour fournir notamment les éléments d’ossature nécessaires aux façades et caissons de toiture de la future maison départementale de Loudéac, précise Samuel Hamon.  Dans le cadre de cette commande publique, 20 % du bois utilisé pour la construction proviendra des forêts départementales et le reste sera majoritairement issu de massifs tricolores.  « Ce travail en circuit court à tout son sens. »

Tout comme le rétrofit informatique du parc machines que le dirigeant, ingénieur bois de formation, passé par l’ESB Nantes, fait réaliser et supervise lui-même. « Avec le soutien de France Relance, on a fait énormément d’amélioration d’équipement en gardant la mécanique mais en refaisant à neuf toute la gestion informatique et l’automatisme. On utilise des scanners pour débiter le bois de façon nette et précise. L’enjeu numéro 1 dans notre industrie, c’est le rendement matière au sciage afin d’éviter les déchets. »

Décarbonation et souveraineté énergétique

Cet enjeu primordial va de pair avec celui de la décarbonation. La contribution des scieries aux enjeux climatiques, notamment celui conserver et restaurer les forêts, a été vivement encouragé ces dernières années par l’Etat. « Depuis 2020, nous avons fait de nombreux efforts sur notre consommation électrique : éclairage, arrêts et démarrage des machines, batteries, etc. », explique Samuel Hamon.  Résultat :  en cinq ans, la scierie a réduit de 20% sa consommation d’énergie. Sur un an la facture d’électricité s’élève à 260 000 euros. « On bénéficie d’un contrat fixe valable jusqu’en 2029. Mais il faut déjà anticiper la suite. »  Les factures de gaz et gasoil se chiffrent respectivement à 50 000 euros et 110 000 euros. « En matière d’électricité, on a fait les plus gros gains. Concernant le gaz, on a peu de leviers, mais un projet de biomasse est à l’étude. Quant au carburant, on remplace régulièrement notre parc roulant, trois camions et huit chariots élévateurs dont deux électriques.» Lucide sur les effets à long termes de la crise au Moyen-Orient, Samuel Hamon poursuit : « Les variations de prix et de ressources disponibles sont de plus en plus fortes sur des phénomènes non maitrisés. Il faut donc s’adapter et sécuriser tous nos approvisionnements afin de garantir une continuité d’activité à nos clients » Aujourd’hui la scierie dispose d’un stock de bois sur pied élevé, équivalent à un an d’activité.

Démarche RSE avec Breizh Fab

Tous ces efforts en vue de renforcer la performance de son outil de production et sa souveraineté énergétique se poursuivent aujourd’hui dans le cadre du programme Breizh Fab, piloté par Bretagne Compétitivité. « On a fait le choix de se faire accompagner par des experts pour formaliser notre démarche RSE et déployer un plan d’actions. Bien-être des salariés, approvisionnement local, énergie propre, certifications, …Nous avons déjà amorcé de nombreux chantiers. Aujourd’hui, vis-à-vis de nos clients, il nous faut être en mesure de communiquer dessus, chiffres à l’appui. » La première étape de cet accompagnent sur-mesure passe la réalisation d’un bilan carbone. « Nous allons mesurer notre empreinte carbone. Ce travail débouchera sur l’analyse de tous les cycles de vie de nos produits  y compris ceux de nos fournisseurs ». Cette démarche entamée depuis deux mois va se poursuivre jusqu’à la fin de l’année. « C’est un investissement, aujourd’hui nécessaire »,  conclut Samuel Hamon, pour qui les nouveaux comportements d’achat, plus regardants sur la provenance des produits et leur fabrication, achève de transformer l’image contraignante portée sur la RSE :  Elle devient un levier de compétitivité, protège l’entreprise des risques d’image, offre un gisement d’économies et de performance.

 

Découvrir la scierie Hamon 

 


En savoir plus sur Breizh Fab  – Contact : sylvain.gourlaouen@bretagne-competitivite.fr

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