La Maison d’Armorine célèbre 80 ans d’un savoir-faire unique

Une gamme de douceurs dans ce monde de brutes ! A Quiberon, la Maison d'Armorine est un havre de gourmandises élaborées et cuisinées depuis 1946. Parmi ses recettes : les Niniches et le Salidou qui forgent la renommée de la tranquille PME qui, à l'ombre des grands circuits commerciaux et des trends sur les réseaux sociaux, se développe tranquillement mais sûrement. A 80 ans, l'entreprise familiale affiche une solidité qui n'a d'égale que sa notoriété : elle est connue dans le monde entier, prisée par les plus grands pâtissiers et tous les gourmets.

Gildas Péron, directeur des opérations de la Maison d’Armorine, est formel : « la recette des Niniches n’a pas varié d’un iota depuis 80 ans !«  Elaborée en 1946 par Yvonne et Raymond Audebert, un couple d’audacieux confiseurs installés sur la presqu’île de Quiberon, cette sucette a même été primée « meilleur bonbon de France » dans les années 80′. Inscrites au patrimoine culinaire breton, tout comme le Salidou cette crème de caramel créée par Maison d’Armorine, les Niniches font toujours saliver les « lichoux » et représentent aujourd’hui 15% des ventes de cette entreprise familiale, dirigée par la troisième génération du nom.

Un savoir-faire unique

En vitesse de croisière depuis quelques années, c’est-à-dire rentable avec 10 millions d’euros de chiffre d’affaires et une quarantaine de collaborateurs, la Maison d’Armorine cultive une croissance durable et mesurée, portée par son savoir-faire unique, son réseau de distribution atypique et sa logique économique. « On fait extrêmement attention à ce que l’on dépense, tout en privilégiant la qualité des produits et des conditions de travail », souligne Gildas Péron, recruté il y a 25 ans comme directeur commercial de la Maison d’Armorine, avant d’en tenir les rênes opérationnelles.

Quand il est arrivé en 2002, l’entreprise familiale employait deux confiseurs (et 800K€ de chiffre d’affaires). Ils sont 25 aujourd’hui, sur les 37 personnes mobilisées à la production. « La formation à nos recettes, aux tours de main et à nos méthodes de travail nécessite du temps », résume le directeur des opérations en montrant les cuves en cuivre et les machines d’époque toujours utilisées pour confectionner là les barres de caramel ou ici les bonbons en sucre cuit. 800 tonnes de confiseries sortent chaque année de ces ateliers : 95 % de confiseries et 5% de biscuits. La tradition n’empêchant pas l’innovation, des nouveautés sont régulièrement confectionnées, « mais toujours à base de beurre breton et/ou de caramel, c’est notre ADN. »

Une réseau de distribution atypique

Près de 50% des ventes se font via le réseau de revendeurs, soit 1500 boutiques indépendantes spécialisées dans les produits régionaux, l’épicerie fine, la chocolaterie et/ou la pâtisserie. « Nous sommes présents dans quelques grands magasins parisiens également, des aéroports et parcs d’attraction », précise Gildas Péron qui a su mailler un réseau de distribution aussi fin que diversifié, et surtout fidèle aux valeurs artisanales de cette entreprise familiale. « Notre positionnement reste premium. Nous ne sommes pas installés en GMS ni sur les aires de service d’autoroutes, c’est un choix délibéré de la Maison », rappelle son directeur. En revanche, les marques d’Armorine se retrouvent dans le réseau bio (10%), chez les grossistes de la restauration professionnelle (15%) et à l’international (5%). La vente directe draine 20% de l’activité, concentrée dans le magasin d’usine à Quiberon, dans les quatre boutiques ouvertes en nom propre à Quiberon, Carnac et Belle-Ile en mer, et sur le web (site marchand).

Une logique d’amélioration continue

Ancrée dans son histoire et son territoire, la Maison d’Armorine s’apprête à célébrer 80 ans de passion, d’évolution et d’adaptation. Les ingrédients indispensables sans doute du développement durable d’une entreprise. « La RSE, on en fait depuis toujours sans le savoir et sans le faire savoir. Notre feuille de route est guidée par l’amélioration continue de nos process, entre des achats responsables auprès de fournisseurs locaux, le partenariat avec des ESAT de proximité pour le conditionnement de nos produits, la valorisation de nos déchets, la diminution des emballages, et le recrutement ultra-local des femmes et des hommes qui font vivre l’entreprise », énumère Gildas Péron qui se dit heureux de travailler dans cette organisation à taille humaine. « Par sa longévité et son activité, l’entreprise est un moteur à la fois social et économique pour le territoire. » C’est pourquoi, depuis les années 2000, le site de production de la Maison d’Armorine ouvre ses portes au public, dans le cadre d’un parcours touristique. La célébration des 80 ans de cette entreprise familiale et patrimoniale est cette année le point d’orgue des visites guidées.

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