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L’Organisation bretonne de sélection investit 3 millions d’euros dans un nouvel outil high-tech

L’investissement de 3 millions d’euros a été sélectionné parmi les projets de reconquête de la souveraineté alimentaire France 2030*. Il permet à l’Organisation bretonne de sélection (OBS)de se doter d'un complexe de recherche appliquée dernier cri. Inauguré ce vendredi 27 mars 2026 à Plougoulm (Finistère), équipé de 600 m² de laboratoires et 1 600 m² de serres nouvelle génération, cet outil high tech devrait aux 1 500 légumiers du Nord Bretagne les meilleures conditions de recherche et de sélection au service de la production locale.
OBS
Jean-Marc Roué et Céline Jacq , respectivement président et directrice générale de l'Organisation bretonne de sélection (OBS)

L’Organisation bretonne de sélection (OBS) s’inscrit dans une histoire continue de recherche sur plus d’un demi-siècle : création en 1970, 1er hybride de chou-fleur en 1984 avec une variété résistante au mycosphaerella en 2008. La création d’OBS Innovation, en 2016, constitue un tournant majeur pour la recherche appliquée. En 2024, la construction d’un bâtiment de production en autoconsommation énergétique photovoltaïque précède le déploiement du nouveau complexe. En passant de 200 à 600 m2 de laboratoires et de 500 à 1 600 m2 de serres nouvelle génération, l’OBS se dote aujourd’hui de conditions optimales de recherche et de sélection au service de la production légumière Nord Bretagne.

 

Accélération de l’expérimentation

Les sélectionneurs et chercheurs (22 collaborateurs, dont deux docteurs, sur un effectif total de 34 salariés) vont désormais bénéficier d’un outil performant de création variétale et de sélection avec, par exemple, la possibilité de reconstituer, intra-muros, les conditions extérieures de croissance : « un gain de temps précieux pour observer les résultats et un levier d’accélération d’importance lorsqu’il faut 10 à 15 ans pour créer une nouvelle semence ». Les nouveaux équipements permettent également d’intégrer des missions jusque-là sous-traitées comme le marquage moléculaire en recherche appliquée ou le contrôle qualité des semences.

 

Accès aux avancées scientifiques et au déploiement de l’IA

L’OBS se prépare aux nouvelles techniques d’amélioration des plantes parmi lesquelles les NGT (New Genomic Techniques) dont l’autorisation de mise en œuvre en Europe devrait aboutir en 2026. Le séquençage génomique, technique de création variétale accélérée par modification de gènes au sein de la même espèce, se pratique déjà hors Europe, par les multinationales, concurrentes directes de l’OBS.  L’IA, déjà utilisée sur des outils généralistes, sera développée : « Dans mon équipe il y aura d’ici 3 à 4 ans, de nouveaux métiers : bio informaticien, data scientist… ils traiteront des milliers de données et sauront utiliser les algorithmes sophistiqués » explique Céline Jacq, Directrice générale de l’OBS.  La recherche ce sont des heures de travail et de l’investissement : sur 100 entreprises françaises de sélection, 67, dont l’OBS, font de la création variétale. Toutes consacrent chaque année entre 13 et 25 % de leur chiffre d’affaires à l’innovation ».

 

Satisfaire la demande des consommateurs  

Les demandes des producteurs sont elles-mêmes dictées par les attentes des consommateurs : couleur, forme, goût, disponibilité, diversité, conservation. L’OBS va continuer d’étoffer ses propositions : – en développant les créneaux de production, pour une même espèce, avec des variétés « au mois le mois », tel le chou-fleur en production d’octobre à fin mai. – en élargissant sa gamme historique (chou-fleur, romanesco, échalote, artichaut, oignon Rosé de Roscoff, Coco de Paimpol). Basé sur un partenariat  entre producteurs et chercheurs, l’OBS entend continuer à sécuriser quantitativement et qualitativement, l’approvisionnement des graines et plants dans un circuit court, gage d’indépendance. « « Nous travaillons sur le territoire breton, sur une petite gamme sur laquelle nous sommes leader en choux fleurs d’hiver et nous sommes aux petits soins de nos producteurs, seuls capables de produire des choux-fleurs de septembre à juin ! » résume Céline Jacq 

« Il est aujourd’hui absolument préoccupant – voire très inquiétant ! – que le contexte national, européen et international influe négativement sur l’activité légumière du nord Bretagne. Les coopératives adhérentes de l’OBS ne cessent d’alerter à ce sujet.  La maîtrise des coûts reste une obsession pour l’ensemble des 1500 producteurs de la zone légumière. La création variétale et la multiplication des plants et des semences issues de cette création sont essentielles pour faire face aux évolutions des marchés, du changement climatique, à la raréfaction de la main d’œuvre. Nos recherches fournissent ces réponses et l’OBS, seul, est en mesure de les proposer avec un prix de rétrocession aux producteurs défiant toute concurrence. C’est à ce prix que nous gardons la confiance de nos adhérents » conclut Jean-Marc Roué, Président de l’OBS.

 

*Environ trois millions d’euros ont été investis, dont 430 275 € de l’État.


Quelques chiffres  

  • 34 collaborateurs 
  • 8 hectares de surfaces couvertes, 30 hectares de plein champ dédiés à la sélection
  • 63 variétés développées 
  • 56 années d’innovation au service des producteurs 

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