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Les Emballages Samson défendent les emballages légers en bois

Bretagne économique, le 20.10.2009

Activité méconnue de la filière bois, les emballages légers luttent pour obtenir la place qu’ils méritent sur le marché. Troisième génération de l’entreprise familiale créée en 1943 dans les Côtes d'Armor, Philippe Samson se revendique d’une profession pour laquelle le développement durable demeure au centre des préoccupations et des actions.

Ce qui attire l’œil au premier abord, c’est la montagne de caissettes alignées sous les hangars. Ces milliers d’emballages stockés, essentiellement destinés au conditionnement de légumes, sont caractéristiques de l’activité du site : « Nos clients, coopératives agricoles et maraîchers, travaillent en fonction de la météo, explique Philippe Samson. Les commandes arrivent la veille pour le lendemain matin ; nous avons donc nécessité d’une réactivité à toute épreuve pour pouvoir livrer 100 000 emballages sur une journée. » A l’entrée du bourg de Plancoët -les emballages Samson ont également un site de production à Ploumagoar- des camions apportent d’énormes troncs de peuplier qui subiront sur place tout le cycle de fabrication. D’une grume de 12 mètres, pesant une tonne, près de 200 emballages seront produits, ainsi que 500 kilos de produits résiduels. Car c’est là un des points forts de l’activité : ici, rien ne se perd, tout se transforme… De l’écorçage au tronçonnage, en passant par le sciage et le déroulage (transformation des billes de bois en lattes), tous les sous-produits sont valorisés. « Pour un mètre cube de bois entré, c’est un mètre cube sorti et utilisé. Qu’il s’agisse de paillage pour l’écorce, de bois énergie, panneaux de particules, papier ou litières pour la sciure, nous retravaillons tous les résidus afin qu’ils puissent être recyclés. Etre 100% naturels et recyclables est dans notre culture, contrairement à ce que beaucoup imaginent, et nous faisons beaucoup d’efforts pour combattre les idées reçues ».

Le bois a une carte à jouer-
_ C’est désormais la préoccupation des 45 entreprises françaises, dont 4 en Bretagne, qui le 12 juin dernier, lors de la Journée nationale de l’emballage léger en bois, ont ouvert leur portes à tous afin de démontrer l’intérêt de la filière et son caractère écologique. « En Bretagne, nous représentons 500 emplois direct, dont 90 à Samson, souligne l’entrepreneur. Il y a 20 ans, nous étions leader sur le marché de l’emballage. Or, le plastique et le carton nous ont évincés petit à petit, même si nous restons leader dans les fruits et légumes ». Depuis 3 ans, l’entreprise se réapproprie d’ailleurs progressivement le marché de la fraise et des tomates. Quoi qu’il en soit, face à l’impact environnemental de ses deux concurrents, le bois a une carte à jouer, d’autant que consommateurs et producteurs affirment leur préférence pour le bois. « Quand on est dans cette filière, c’est de la sève qui coule dans notre sang, souligne Philippe Samson. Notre activité commence à la plantation de l’arbre, c’est un être vivant que l’on doit entretenir et respecter. Nous sommes adhérents PEFC*, nous imposons à tous nos fournisseurs cette notion de développement durable ». Passionné, il s’emploie à transmettre les avantages du matériau, s’appuyant notamment sur des études menées par le SIEL (Syndicat national des industries de l’emballage léger en bois). Non, la culture du peuplier ne détruit pas la forêt ni la nappe phréatique ; oui, le bois garantit la sécurité alimentaire ; assurément, le bilan carbone est quasiment neutre, contrairement au plastique ou au carton, et il consomme deux à trois fois moins d’eau que ces matériaux… Fort de ces arguments, il espère convaincre les GMS de ses atouts écologiques tout en défendant un modèle social et économique. « C’est une question de culture. Entre la gestion du bois et la gestion humaine, je ne fais pas de différence. Quand on respecte un homme, on respecte un arbre et vice-versa. C’est pourquoi nous avons toujours eu une culture sociale mettant l’homme au centre de nos préoccupations. Je défends un modèle à taille humaine, avec une main-d’œuvre rurale possédant un savoir-faire très spécifique. »

Véronique Rolland
_ N° 195 septembre 2009

*La marque PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification schemes) ou Programme de reconnaissance des certifications forestières, atteste d’une gestion durable des forêts.

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