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Des céréales locales dans notre baguette

Bretagne économique, le 12.04.2012

Issu d’une famille de meuniers, Jean-Yves Moisdon a repris l’entreprise de son père en 1989 et créé dans la foulée la SARL Moisdon. Son activité de négoce agricole en grains et en fioul enregistre une croissance annuelle de l’ordre de 10 à 15%. Elle s’étend aujourd’hui sur 4 sites répartis entre la Loire-Atlantique et l’Ille-et-Vilaine.

« Je collecte 15 000 tonnes de céréales par an, de l’orge, du colza, du triticale (croisement blé et seigle) et bien sûr du blé qui représente environ 55% du total, explique Jean-Yves Moisdon. Mon métier consiste à les sélectionner et à les valoriser pour obtenir un grain de qualité. Implantés dans une zone de polyculture-élevage, mes fournisseurs qui sont aussi une partie de mes clients rayonnent à 40 km à la ronde du Grand Fougeray, lieu d’implantation de mon siège social. » En effet, pas moins de 350 éleveurs laitiers, de volailles ou de porcs lui fournissent une part de leur récolte. Pour ce faire, il dispose de 4 sites de stockage dont deux en location, ceux de Nivillac (56) et Conquereuil (44). D’ici 5 ans, c’est le site de Messac d’une surface de 15 000 m², acquis en 2009, qui deviendra le site unique de stockage et de valorisation des céréales. « J’y ai investi 1,6 million d’euros dans la construction d’un silo de 5 000 tonnes et tous les équipements nécessaires à la valorisation des céréales, du nettoyage à l’aspiration en passant par la ventilation. Cet outil répond au développement régulier de mon CA. » A terme, les autres sites ne seront plus que des centres de collecte.


La raréfaction de la clientèle du fait de la concentration des exploitations agricoles oblige les entreprises de négoce à élargir leur zone de travail. Ce mouvement va de pair avec une augmentation importante de la production céréalière (collecte x 10 en 20 ans) dans l’Ouest, en particulier en Loire-Atlantique et donc des besoins de stockage. En parallèle, les exigences de normes en matière de qualité et sécurité alimentaire ne cessant elles non plus de croître, nécessitent des outils de production de plus en plus performants. En 1989, en Ille-et Vilaine, ils étaient presque 60 négociants agricoles. Vingt ans plus tard ils ne sont plus que 15 dont la société Moisdon.



Valoriser le blé issu des terroirs bretons


Les 8 000 tonnes de blé collectées annuellement sont principalement destinées à 3 filières : l’alimentation animale (3 000 tonnes), l’export (3 000 tonnes) et la meunerie (2 000 tonnes). « J’ai un accord de partenariat avec deux meuniers de la région de manière à leur fournir du blé de qualité issu des terroirs bretons et destiné à une baguette française. Cet engagement m’amène à intervenir auprès de certains de leurs clients, des boulangeries, pour faire de la pédagogie, expliquer les origines de la farine et leurs différentes qualités. Cette communication devient même mon cœur de métier, tant l’enjeu est de taille. En matière d’alimentation animale on livre tout l’Ouest jusqu’à Brest. » Outre les céréales nécessaires à l’alimentation des porcs et bovins, la SARL Moisdon approvisionne ses clients en semences, fertilisants et combustibles. Elle fournit entre autres du GNR (le nouveau gazole non routier) devenu obligatoire pour les tracteurs depuis janvier 2011. Enfin, 7% des 8,5 millions d’euros de CA réalisés au 30 juin 2011 proviennent de l’export.




Activité dépendante du Weather Market


« La volatilité des prix liée aux aléas climatiques peut parfois nous plonger dans un état d’angoisse assez grand, poursuit Jean-Yves Moisdon. On travaille avec la parole. Que l’on vende ou que l’on achète, avec un courtier assermenté, 1 accord téléphonique vaut engagement total. » Malgré la sécheresse observée au printemps 2011, le bilan de l’année a été positif pour l’entreprise, tant en quantité qu’en qualité. Le prix du blé à la tonne a baissé de 15 à 20 euros et son prix moyen en décembre s’est établit aux alentours de 180 euros (rendu Rouen -76). « Il était de 240 euros / tonne en 2010 à la même époque et plafonnait entre 120 et 130 euros il y a 2 ans. » Les stocks mondiaux de céréales restent toujours très difficiles à apprécier car ils dépendent du « Weather Market » ou autrement dit des spéculateurs qui jouent avec la météo. « Cependant, on sait que les besoins alimentaires, notamment en viande, des pays comme la Chine sont en nette progression alors que les rendements génétiques des cultures céréalières plafonnent. » Avec un effectif de 9 personnes (+6 en période de moissons), Jean-Yves Moisdon vient d’achever son plus gros investissement depuis sa création. Il dispose désormais d’un outil de production neuf piloté à distance par un personnel jeune et formé (BTS minimum). Cet outil est par ailleurs évolutif puisque son développement ultérieur de stockage peut aller jusqu’à 13 000 tonnes.



Véronique Maignant


Bretagne Economique n°212 Février-Mars 2012

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