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Après deux années difficiles, Paitier, transporteur à Malestroit (56), perçoit une reprise. Une filiale et des convois exceptionnels pour contrer la crise.

Publication : 02-05-2011

Entreprise familiale née après la guerre, Paitier est gérée par deux jeunes frères, Raphaël et Emmanuel Paitier. Si la crise a contraint la SAS à reporter son projet d’extension, elle l’a poussée à investir dans une filiale franco-polonaise, Transports Paitier International, et à développer les activités à forte valeur ajoutée.

Alors que Paitier enregistrait un chiffre d’affaires de 8,5 millions d’euros en 2008, le transporteur vient de passer deux années difficiles, accusant une baisse de son chiffre d’affaires (7,5 millions d’euros en 2009 et 2010) et une baisse de son effectif (de 90 à 80 salariés). « Beaucoup de nos clients travaillent dans les produits dérivés du bâtiment. Ils ont été touchés de plein fouet par la crise, et nous aussi. Nous avons été contraints de ne pas renouveler les départs en retraite et les démissions », déplore Raphaël Paitier, 38 ans, à la tête de l’entreprise depuis 2000, avec son frère Emmanuel, 35 ans. « En 2009, nous avons également dû stopper notre projet d’extension initié en 2008, et évalué à 900 000 euros. Nous avions projeté de construire un atelier plus récent avec station de lavage, offrant des possibilités plus importantes en transit groupage-dégroupage, mais nous nous sommes contentés de l’enrobé à 300 000 euros… ». Pour le moment, Paitier se contente donc de ses 1 200 m2 d’ateliers et bureaux administratifs, et rogne sur les dépenses non primordiales. Les véhicules (50 tracteurs routiers et 80 semi-remorques) sont par exemple renouvelés tous les six ans plutôt que tous les cinq ans.

Paitier étudie les besoins de ses clients au peigne fin. « On élabore des plans de logistique précis avec eux, optimisant au maximum nos outils, et offrant l’organisation la plus rentable. Désormais, nos camions arrivent en débord et attendent le client qui n’a plus à décharger puis recharger ses marchandises. Ce sont des gains de productivité à la clé », explique Raphaël Paitier. « Heureusement, on note une nette relance depuis quelques mois », se réjouit le cogérant, qui concède que la crise a eu du bon. Outre traquer les économies de temps et de moyens, les deux frères Paitier se sont efforcés de repenser leur activité. En 2008, ils créent la filiale Transports Paitier International (SARL), avec des actionnaires français et polonais, rencontrés dans le cadre du réseau de transporteurs routiers Astre. Objectif : contrer la concurrence des pays de l’Est. De 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2008, la jeune entreprise passe à 4 millions d’euros en 2010. Les transports s’effectuent en France ou à l’étranger, par des conducteurs salariés de l’actionnaire polonais Maslowski, avec lequel Paitier signe des contrats de « tractionnariat ». « Nos salariés ont plutôt bien accueilli cette nouvelle activité, qui a permis à Paitier de se redynamiser », souligne Raphaël Paitier, également gérant de Transports Paitier International.

Paitier a également développé les activités à forte valeur ajoutée, comme les convois exceptionnels. En 2010, elle a acheminé vers Londres, pour l’entreprise normande James, des charpentes en lamellé collé de 40 mètres de long, destinées à un chantier sur le site des JO de Londres 2012. Cette mission a nécessité un travail d’organisation conséquent, impliquant des gendarmes français, anglais, les municipalités traversées, le ferry Caen-Porstmouth, etc. « La partie transport n’a finalement représenté que 35 % du coût de revient », souligne Raphaël Paitier, qui a assuré les réunions de préparation outre-Manche. « Notre savoir-faire en transport de matériel de grande longueur est reconnu, mais également tout ce qu’un convoi exceptionnel comporte en matière de gestion organisationnelle. Aujourd’hui, cette activité représente 15 % de notre CA. Notre objectif est de lui faire atteindre 20 %. »

Charlotte Viart
N° 206 avril 2011




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