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Coopérative Even : « les coûts de production chez nos voisins européens sont proches de ceux des producteurs de l’Ouest »

Bretagne économique, le 10.12.2015

Avec la fin des quotas, la production laitière aborde une nouvelle ère faite d’incertitudes, la volatilité des prix sur le marché mondial soulevant, ces derniers mois, beaucoup de questionnements.
la Coopérative Even (5 500 salariés et 2, 2Mds € de CA) a organisé, en fin d’été, des voyages d’étude à l’intention de ses adhérents, en Suisse, Allemagne, Danemark, Suède, Belgique et Pays-Bas. Elle nous fait part aujourd'hui de certains retours d’expériences. Premier constat , il s’avère que « les coûts de production chez nos voisins européens sont proches de ceux des producteurs de l’Ouest. Malgré un coût de reprise d’exploitation jugé élevé en France, notre principal atout reste un prix du foncier attractif en Bretagne (5 à 8 000 €/ha) contre 25 à 100 000 €/ha dans les pays d’Europe du Nord.
En revanche, le coût du travail est supérieur en France à l’ensemble des pays visités, excepté la Suède (194 €/1 000 litres pour la France, contre 140 €/1 000 litres au Danemark, mais 242 €/1 000 litres en Suède - sources EDF, année 2014). De fait, la France a la plus faible rentabilité du travail (85 €/heure de travail), soit la moitié moins qu’au Danemark, et presque trois fois moins qu’en Allemagne.'


Cet écart en faveur de nos voisins s’explique notamment par la spécialisation des ressources dédiées la production laitière, la délégation des travaux et la saturation des outils de production (certaines exploitations laitières effectuant la traite en 3 x 8). En matière d’alimentation, les coûts des principales matières premières sont comparables d’un pays à l’autre avec, néanmoins, un accès et une utilisation privilégiés de certains coproduits de l’industrie agroalimentaire (pulpes de betteraves, amidon de maïs…) pour les pays d’Europe du Nord.



Une approche objective du revenu laitier
La formation du prix du lait est comparable dans les différents pays européens visités : des prix indexés sur les marchés aval et ajustés avec un système de bonifications et de pénalités, basé sur la qualité (matière grasse, matière protéique, cellules, germes, …), auxquels peuvent s’ajouter des primes (saisonnalité, pâturage, quantité, …) et des retours sur résultats. Les producteurs laitiers nord européens rencontrés semblent avoir parfaitement pris conscience que c’est le marché qui détermine les prix répercutés par leur coopérative. La volatilité fait partie intégrante de leur raisonnement et les indicateurs suivis vont au-delà du seul prix mensuel du lait (prix moyen sur une plus longue période, coûts de production, marge laitière…).
À noter, les services mis en oeuvre par les coopératives françaises et notamment Even (accompagnement technique, suivi de la qualité du lait…) sont externalisés à des prestataires dans les pays visités, et donc payants pour les éleveurs.



Des chartes qualité plus ou moins exigeantes dans la réalité
Toutes les filières laitières des pays visités se prévalent d’avoir mis en place des chartes qualité répondant aux attentes sociétales mais qui, dans les faits, se révèlent plus ou moins exigeantes.
La Suisse s’appuie essentiellement sur son image de marque en termes de qualité de vie, naturalité et paysages pour communiquer auprès du grand public. L’Allemagne a opté pour une approche nationale transversale de la qualité du lait et du bien-être animal sans en faire un élément de différenciation d’entreprise, tandis qu’au Danemark, en Suède et aux Pays-Bas, les chartes sont portées par les coopératives leaders.
La France a choisi, quant à elle, de développer des chartes d’entreprises. Elles reposent sur un socle commun : la Charte des Bonnes Pratiques d’Élevage (CBPE). Elles comportent une différence notable par rapport à nos voisins. Chez nous, les contrôles, portant sur le respect des engagements et des cahiers des charges, sont réalisés en externe par des organismes indépendants alors que, dans les pays du nord de l’Europe, les démarches qualité ne font l’objet que de contrôles internes. Cet argument différenciateur mérite d’être souligné, car il assoit la crédibilité des démarches qualité de la filière française au-delà des frontières de l’Hexagone.



Pour sa part, la Coopérative Even s’est engagée, il y a 17 ans, dans la démarche collective de progrès continu Agri Confiance® dont le socle est la CBPE. Après avoir intégralement rempli les objectifs du premier référentiel dédié aux bonnes pratiques agricoles, la Coopérative et ses exploitations laitières adhérentes ont franchi un nouveau cap en obtenant, en juillet dernier, la certification selon la seconde version du référentiel Agri Confiance®. Basé sur la norme Afnor NFV01-007, il étend le système de management de la qualité à l’environnement de la production agricole, avec notamment la mesure de l’empreinte environnementale des ateliers laitiers. Even est la seconde coopérative laitière française à être certifiée selon ce nouveau référentiel qui s’inscrit dans le prolongement direct de la charte qualité et développement durable de Laïta. Cette démarche de progrès avant-gardiste, certifiée et contrôlée par un organisme indépendant, est sans nul doute un atout à faire valoir pour gagner des parts de marché à l’international, notamment sur le segment convoité et exigeant des produits laitiers infantiles.



Modèles coopératifs : des fondamentaux comparables, avec ou sans services
Collecte et apport total, équité de traitement entre adhérents, valorisation du lait des producteurs pour générer des résultats et en redistribuer, etc… : autant de principes fondamentaux coopératifs partagés au sein de l’Europe laitière. Ceci, malgré des nuances culturelles et juridiques observées entre pays sur la transmission des exploitations (droit d’aînesse, systèmes favorisant les transmissions familiales au profit du repreneur…).
La dimension de services, souvent externalisée dans les coopératives laitières des pays d’Europe du Nord, fait, en revanche en France, partie intégrante de la relation adhérents au travers de l’accompagnement à la conduite des exploitations (suivi de la qualité du lait, service froid à la ferme, bilans carbone…).


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