Dans le champ d’en face, les pelleteuses et autres tracteurs ont ouvert le bal. Depuis quelques semaines, le chantier de construction de la seconde usine du chipsier breton Altho a démarré, pour laisser bientôt s’élever et s’étendre un bâtiment de 29 000 m². « Cette future usine offrira une capacité de production 25 000 tonnes de chips par an, soit une hausse totale nette de 15 600 tonnes par rapport à la production actuelle. Depuis plusieurs années, notre outil industriel – construit en 1996 à Saint-Gérand – est saturé et nécessite d’être agrandi et modernisé« , explique Laurent Cavard, Pdg d’Altho Brets.
Un projet à 123 millions d’euros d’investissement
De 100 millions d’euros estimés en 2023, le projet global (construction d’une nouvelle usine + rénovation de l’actuelle) atteint 123 millions d’euros d’investissement en cette fin d’année. 95 millions d’euros sont fléchés à la construction d’une partie du nouveau site : « nous avons tronçonné le chantier avec une première phase qui concerne l’installation d’une ligne de production automatisée (de la réception des pommes de terre à l’ensachage des chips) », détaille Laurent Cavard ; 28 autres millions sont dédiés à la modernisation de l’usine existante. Pour soutenir cette enveloppe, l’entreprise Altho a reçu une subvention d’un million d’euros accordée par l’Europe et la Région Bretagne (à hauteur de 400 000 euros, via son dispositif Pass compétitivité). Le reste, et donc la majorité, étant porté par l’entreprise Altho, filiale de la holding familiale Alain Glon, au capital indépendant. « Notre dossier, axé sur le développement industriel en local et la modernisation de notre outil, n’a pas été retenu par le programme France 2030« , souligne l’industriel breton, entre deux envolées enthousiastes.
Vers une production pleinement souveraine
Opérationnelle dès 2026, la nouvelle usine, économe en eau et en énergie, sera ensuite – dans un délai non défini – agrémentée d’une seconde ligne de frittage puis d’un Transstockeur ou magasin de stockage. La pleine fonctionnalité du nouvel outil est visée pour 2030.

De l’amont, avec les 260 agriculteurs partenaires (dont la majorité sont installés en Bretagne et dans le centre de la France) qui livrent quelque 170 000 tonnes de pommes de terre, à l’aval avec la production de 50 000 tonnes de chips distribuées majoritairement en France, la boucle est ainsi bouclée pour assurer une production industrielle complète et nationale.
67% de croissance en cinq ans

Si les parfumeurs ont leur nez, le chipsier breton a ses palais qui testent, goûtent et valident les nouvelles recettes naturelles élaborées par le labo d’Altho. Plus de 850 références et une quarantaine de recettes égayent aujourd’hui la « chipsothèque » de l’industriel dont les ambitions sont tournées vers la presqu’île ibérique pour continuer de grignoter le marché.




