En travaillant sur la valorisation de ses savoir-faire, Bretim sécurise son activité

Installée depuis 35 ans dans le Morbihan, l'industrie Bretim ne cesse de questionner ses pratiques, ses compétences, son organisation pour gagner en qualité de travail et des marchés. Codirigée depuis 2006 par Jacques Jégourel et Yann Coadic, l'entreprise privilégie le bien-être de ses salariés au service de sa performance. Dernier chantier en cours : la formalisation des évolutions de carrière pour fidéliser l'effectif.

Il n’y a pas que les pâtes et les liquides alimentaires que l’industrie Bretim sait faire circuler. Depuis plusieurs mois, l’entreprise travaille sur la transmission de ses savoir-faire. Objectifs : répertorier les process, les champs de compétences, les métiers ; identifier les gestes déployés, les techniques utilisées, les aptitudes et autres comportements professionnels afin de formaliser les savoir-faire et faciliter leur circulation. « Notre chef d’atelier, qui a trente ans, a travaillé en binôme pendant deux ans avec son prédécesseur. De cette expérience, nous avons souhaité en tirer un enseignement généralisé à l’ensemble de l’entreprise », explique Isabelle Morel, chargée des ressources humaines, et de ce nouveau chantier qu’elle a étalé sur trois années, au rythme d’ateliers réguliers.

Renforcer et fidéliser les équipes

Accompagnée par la CCI du Morbihan sur l’organisation de ce projet de transmission des savoir-faire – intégré dans la construction et la valorisation de la marque employeur -, la direction de Bretim flèche plusieurs intérêts à ce projet au long cours. « Nous travaillons dans un secteur de niche, dans lequel les cursus professionnels sont très singuliers et diversifiés. Cette formalisation des savoir-faire va nous permettre de renforcer la cohésion d’équipe, faciliter les évolutions de poste et conduire à fidéliser nos collaborateurs et collaboratrices. C’est un des leviers actionnés pour sécuriser l’avenir de notre activité », souligne Yann Coadic, co-dirigeant de cette entreprise spécialisée dans la conception, la fabrication et l’installation de réseaux élaborés de tuyauteries industrielles « Nos équipements sont dédiés au transfert de liquides et de produits semi pâteux. Soumis à une exigence élevée en matière d’hygiène, de sécurité et de performance, ils sont principalement installés dans des industries agroalimentaires (+80% de notre activité), chimiques ou cosmétiques du Grand-ouest« , précise Jacques Jégourel, second co-dirigeant et salarié de la première heure de Bretim, il y a 35 ans.

La qualité de vie au travail

Aujourd’hui, l’effectif est composée de 45 personnes, réparties entre la partie administrative (6 personnes), le bureau d’études (6 personnes), l’atelier qui mobilise une dizaine de personnes et plusieurs métiers (soudure, chaudronnerie, assemblage…), et enfin une équipe d’installateurs (22 personnes). En 2025, la PME a réalisé 8,6 millions d’euros de chiffre d’affaires, et escompte bien repasser le cap des 10 millions d’euros cette année. « Nous avons connu un trou d’air causé par les conséquences du contexte économico-géopolitique actuel. Faute de visibilité, les entreprises freinent significativement leurs investissements », recadre Yann Coadic qui déplore les effets collatéraux relevés sur le moral de ses troupes. « Une de nos finalités, c’est de participer au bien-être de nos salarié(e)s », rappelle le dirigeant, investi dans l’amélioration des conditions de travail (l’entreprise applique depuis l’an 2000 les 4 jours/semaine) au service de la performance de l’entreprise. D’où la valorisation de ses savoir-faire.

« Au départ, en 1991, Bretim est resté un simple sous-traitant pour l’installation des tuyauteries industrielles. Depuis la création de son propre bureau d’études, en 1998, l’entreprise maîtrise la chaîne complète du process, de la conception à la formation post-installation. Elle est montée en gamme et en compétences, pour être désormais reconnue pour ses capacités d’innovation et d’ingénierie », souligne Jacques Jégourel. En 2024, l’entreprise a investi dans un outil numérique innovant, un Laser Scan 3D capable de générer un nuage de points précis des environnements industriels, avec une portée jusqu’à 70 mètres.  Bretim prévoit également l’extension de son bâtiment construit il y a quelques années sur la zone d’activité de Pluméliau-Bieuzy. « Nous allons ajouter 400 m² à l’atelier afin d’optimiser les lignes de montage et privilégier la préfabrication de nos équipements sur site pour réduire les temps d’installation chez nos clients », explique Yann Coadic. Les travaux sont programmés dans le courant de l’année.

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