Partenaires durant de longues années dans les solutions automatisées clé-en-main pour l’intralogistique, Alstef automation (Orléans) et BA Systèmes (Mordelles) ont scellé leur rapprochement en 2018, pour donner naissance à Alstef group. Le premier équipe les aéroports avec ses robots, le second l’industrie et les plateformes logistiques. Leurs présidents respectifs, Pierre Marol et Jean-Luc Thomé, détiennent un peu plus de 40 % de l’ensemble, aux côtés des managers et collaborateurs (26%) et du fonds d’investissement Future French Champions (32%). En 2019, le groupe a mis la main sur Glidepath, une entreprise néo-zélandaise, elle aussi spécialisée dans la manutention automatisée des bagages, puis en 2023 sur Solution Net Systems (SNS), une société américaine experte en systèmes automatisés de tri colis et en solutions d’automatisation des entrepôts.
Une présence dans une petite centaine d’aéroports
Aujourd’hui, Alstef group affiche 220 millions d’euros de chiffres d’affaires dont les deux tiers à mettre au crédit de la branche aéroportuaire avec 93 aéroports équipés dans le monde. La partie intralogistique (1/3 de l’activité) pèse 45 millions d’euros dont 20 millions d’euros relève du site breton Alstef Mobile Robotics. Ce dernier, d’une surface de 8 000 m², est le plus important des cinq sites industriels que compte le groupe à travers le monde. « On arrive dans le mode aéroportuaire, non plus pour traiter uniquement de façon automatique les bagages mais aussi le cargo fret. Nos AGV peuvent à terme remplacer les chariots porte-palettes qui contribuent pour l’essentiel encore aujourd’hui au transfert du fret conditionné entre les différentes zones de stockage et les avions », explique Olivier Imbert directeur général du site de Mordelles, près de Rennes.
30 % de croissance en 2024

Lancement de « Road to 2026 »
Cette année, Alstef Mobile Robotics lance un vaste programme de R&D, « Road to 2026 », doté d’un budget de 1,6 million d’euros sur trois ans. « C’est un investissement stratégique. On prend un virage, en introduisant beaucoup d’intelligence artificielle et de nouvelles fonctionnalités sur nos machines. » Une cellule vient d’être créée et 6 nouveaux profils ultra ciblés sont d’ores et déjà en cours de recrutement. D’ici 2026, elle devrait grimper à une douzaine de personnes. « A l’avenir, certains modèles de nos AGV seront utilisés par la branche aéroportuaire pour le traitement du fret et des bagages. Aujourd’hui, la transitique des sites logistiques se fait encore de manière horizontale d’un point A à un point B. Les déplacements sont très basiques. Nos futures machines seront en capacité d’exécuter un circuit plus complexe, en quelque sorte de réfléchir à ce qu’elles ont à faire. » L’industrie a pris le virage de l’automatisation. Elle attend des produits de haute technologie pour optimiser les stocks et les flux de ses sites logistiques, « où l’homme et la machine évolueront dans le même couloir. »
A la recherche d’un nouveau site industriel
Olivier Imbert table sur la construction de 180 AGV en 2024, 300 en 2026, dont une partie dédiée à la branche cargo aéroportuaire du groupe. « Les demandes sont en train d’exploser. Une commande prise dans les 6 mois sera livrée un an après. » Cette très forte dynamique oblige le directeur du site à rechercher un nouveau terrain. « A Mordelles, nous ne pouvons plus nous étendre. On cherche une surface de 3 à 4 hectares pour construire un atelier d’environ 10 000 m². Nous souhaitons nous rapprocher de Rennes pour gagner en attractivité vis-à-vis des profils que nous sommes en train d’embaucher. Au vu de notre activité entièrement décarbonée, j’espère que Rennes Métropole sera en mesure de nous proposer une solution. Notre souhait est bien sûr de rester ancrés en Bretagne. »




