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David Roussier, 5e génération aux commandes de cette Entreprise du patrimoine vivant, ancrée à Lannion depuis plus de 100 ans.
V.Maignant
David Roussier, 5e génération aux commandes de cette Entreprise du patrimoine vivant, ancrée à Lannion depuis plus de 100 ans.

Distillerie Warenghem (22). En croissance de 30%, la PME investit près d'1 M€ dans la transition écologique

Véronique Maignant, le 21.02.2022

Elle figure au top 3 des producteurs de whisky en France et ses single malt certifiés IG s’exportent dans plus de 25 pays. Après avoir bouclé l’année 2021 avec un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros, la distillerie Warenghem entend poursuivre sa croissance sans pour autant accroître sa consommation d’eau et d’énergie.  Rencontre avec David Roussier, 5e génération aux commandes de cette Entreprise du patrimoine vivant, ancrée à Lannion depuis plus de 100 ans.

 

Créée en 1900, la distillerie Warenghem figure parmi les pionniers du whisky français avec sa marque Armorik commercialisée depuis 1998 et devenue le moteur de l’entreprise. Désormais, les alambics et les chais sont aux mains de la 5e génération et la distillerie emploie, à Lannion, une vingtaine de salariés pour un chiffre d’affaires 2021 en croissance de 30% versus 2020. « La Bretagne est devenue une région productrice de whisky de grande qualité qui attire les amateurs du monde entier avec des circuits touristiques spécifiques », déclare David roussier, directeur général depuis 2016. Avec 400 000 bouteilles produites en 2021, la PME est le premier vendeur de whiskys en France et figure dans le top 3 des producteurs nationaux. 10% de ses spiritueux partent à l’export, aux quatre coins du monde dont la Chine depuis 2021. « En quelque mois, nous en avons vendu 4 000 bouteilles. Le pays est devenu notre premier client, devant le l'Allemagne. »

 

Une quinzaine de références, 4 réseaux de distribution

Si la France est le premier pays consommateur de whisky au monde, le pays ne représente que 0,2 % du marché mondial, loin, très loin derrière l’Ecosse qui détient 90 % du marché. Pour autant, côté qualité, la distillerie bretonne n’a rien à envier à ses cousines celtes. Après le premier 10 ans d’âge, sorti en 2018 pour célébrer le 20e anniversaire du whisky Armorik, c’est un single cask 16 ans d’âge qui a été embouteillé courant 2021 au sein de l’entreprise familiale. Décliné en seulement 576 bouteilles, toutes numérotées, il est vendu au prix de 187 euros.  Trois-quarts de la production sont commercialisés sous la marque Armorik via une quinzaine de références. Ces dernières s’écoulent auprès de quatre réseaux de distribution distincts.  La moitié, soit environ 200 000 bouteilles, va à la GMS, 20% à un réseau de cavistes, 10% à des magasins spécialisés (enseignes bio et biscuiterie), 10% à l’export et enfin, 10% au sein de la boutique Warenghem inaugurée en 2019.

 

Tous les segments en progression

 « Un whisky doit vieillir au minimum trois ans avant d’être embouteillé, explique David Roussier. En conséquence, nous vivons en permanence sur nos stocks. A moins d’hypothéquer notre avenir, nous sommes obligés de contingenter certaines références.  C’est particulièrement vrai quand on fait 30% de croissance comme en 2021. Bien sûr, nous privilégierons toujours les points de vente locaux. Notre boutique, notamment, qui a accueilli environ 12 000 personnes l’année dernière.  Tous nos segments sont en progression, tout particulièrement le bio et les cavistes. Les confinements successifs ont dopé les ventes, les gens ont eu envie de se faire plaisir. L’autre facteur qui a joué en notre faveur est l’envie grandissante de consommer local ».

Produire plus tout en préservant ls ressources

Après avoir investi 2 millions d’euros en 2019 dans deux nouveaux chais (permettant de tripler le stock de whisky en vieillissement) ainsi qu’un bâtiment d’accueil/boutique pour les visiteurs, la distillerie s’apprête à mettre près d' 1 million d’euros dans l’optimisation de son outil de production. « Nous nous sommes fixés une contrainte à savoir augmenter la production sans pour autant consommer plus d’eau et d’énergie. » Atteindre un tel objectif nécessite d’optimiser les flux de chaleur dans la distillerie. « Nous travaillons sur un projet qui vise à réduire les pertes d'énergie de l'alambic en réutilisant la chaleur qu’elle produit» En amont de cette démarche, David Roussier a fait appel à la CCI des Côtes d’Armor*. Ensemble, avec un conseiller entreprise, ils ont analysé les besoins prioritaires en lien avec la transition écologique et les solutions existantes*.

Outre des économies d’énergie, le chef d’entreprise cherche aussi à réduire sa consommation d’eau, environ 40 m3 par jour. « Actuellement, elle ne nous coûte rien puisque nous sommes installés sur un forage. Cependant, cette gratuité ne doit pas pour autant rimer avec gaspillage. La préservation des ressources naturelles est de la responsabilité de chacun. Là encore, des solutions existent pour réutiliser l’eau qui sert à refroidir nos alambics. En s’engageant dans un tel projet, on travaille à la fois pour résilience de la distillerie et les générations à venir. » Le démarrage des travaux est prévu à l’automne prochain.

 

Ouverture d’une tonnellerie en juin 2022

L’autre projet en cours est l’ouverture en septembre prochain d’une tonnellerie en lieu et place de l'ancien abattoir de Lannion. La distillerie Warenhem vient d’en faire l’acquisition (prix non communiqué). « L’idée est de conserver le savoir-faire en Bretagne, mais aussi d’en faire un lieu de visite touristique. » 250 000 euros vont être investis dans l’aménagement de ce site qui pourra aussi à terme accueillir une partie de l’activité de la distillerie, celle consacrée aux liqueurs, au gin et peut-être à la bière. « Sur le site actuel (situé à 5 km) on commence à être un peu à l’étroit et on est vraiment centré sur le whisky ».

Ainsi vont les projets au sein de l’entreprise familiale qui mise sur un développement raisonné, synonyme d’une croissance pérenne. 

Découvrir la distillerie Warenghem


*Deux sujets ont été approfondie par la distillerie Warenghem avec la CCI et ses partenaires :

  • Les économie d’eau et aides associées avec l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne (Jean Pierre Rouault, Chargé d'interventions industrie de l’AELB)
  • Les économies d’énergie (récupération de chaleur) et la transition vers une production de chaleur durable avec le fonds Chaleur porté par l'agglomération de Lannion ( Anne-Christine Palud, Responsable Gestion Administrative - Régie de chaleur - Fonds Chaleur, Lannion-Trégor Communauté).

Contact CCI 22 : Jean-Sebastien Flinois  - Conseiller d'entreprise Développement Durable - 02.96.94.52.22
 

 

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