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Projet de parc éolien flottant au sud Bretagne : le sujet est clivant auprès du public

, le 22.02.2021

Avec 46% d'avis défavorables, 40% d'avis favorables et 16% neutres, le débat public orchestré par la Commission particulière du débat public au sujet du projet d'éolien flottant au sud de la Bretagne, au large de Groix et de Belle-Ile en mer, ne conclut sur aucun consensus. L'Etat, maître d'ouvrage de ce parc offshore, dispose de 3 mois pour répondre aux interrogations du public et dévoiler la suite qu'il donnera à ce projet.

Zone proposée pour accueillir un futur parc éolien flottant au sud de la Bretagne
DR

Malgré les contraintes causées par la crise sanitaire, le débat public a bien eu lieu et accumulé 4 500 participations au travers des réunions publiques, des expressions déposées sur la plateforme participative, des réponses au questionnaire et autres cahiers d'acteurs. "Nous avons relevé une forte appétence du public à débattre sur ce sujet", confirme Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public qui orchestre là sa 14e procédure participative sur un projet de parc éolien, à l'échelle du pays.

     >>> Lire également : Un parc d'éoliennes flottantes en Bretagne sud : le débat public est ouvert

L'Etat, en association avec le Réseau de Transport d'électricité (RTE) et la région Bretagne, porte en effet un projet d'implantation d'un parc éolien flottant au sud de la Bretagne, dans une zone dessinée au large de Groix et de Belle-Ile en mer, avec un premier lot d'une capacité de 250 MW, suivi d'un éventuel second lot d'une capacité de puissance allant de 250 à 500 MW. Le débat public initié en juillet 2020, avait donc pour objet de consulter la population afin de recueillir ses avis et arguments.

Sujet clivant

Le bilan partagé ce 22 février 2021, le bilan est tranché : 45 % des avis recueillis sont défavorables au projet, quand 40% y sont favorables. "C'est un sujet particulièrement clivant au sud de la Bretagne", souligne Laurent Pavard, président de la commission particulière de ce débat public.

Si l'opportunité du projet est donc remise en cause par la population, les arguments avancés se rassemblent autour de préoccupations saillantes : l'impact paysager ressort en premier lieu avec la crainte que ce parc flottant défigure significativement la ligne d'horizon et le paysage marin local. L'intérêt de l'énergie choisie est également pointé du doigt, à savoir que les questionnements se focalisent sur le choix de l'éolien comme vecteur de la transition énergétique. "Il est demandé à l'Etat de tenir un discours plus clair et argumenté sur la contribution de l'éolien dans sa stratégie bas carbone", souligne le bilan. Des demandes d'études environnementales complémentaires sont également demandées, ainsi que de plus nettes perspectives sur l'impact économique de ce projet. Les marins pêcheurs notamment se sont clairement exprimés sur le choix de la zone d'implantation des éoliennes. Celle-ci ne fait pas l'unanimité, loin de là, entre les différentes parties prenantes. 

L'Etat dispose de 3 mois pour rendre réponse

A l'issue de ce débat, satisfaisant aux yeux des organisateurs, Laurent Pavard et les membres de la Commission particulière de ce débat public a remis un rapport au ministère de la Transition écologique, le maître d'ouvrage, lui présentant une cartographie détaillée des arguments. Ce bilan fait état de 9 recommandations principales, relatives aux interrogations majeures soulevées par le public. "Le débat a mis en évidence des zones d'ombre qui subsistent, notamment au sujet de travaux préparatoires et de la définition de la macrozone dessinée, au sujet du statut juridique et régime fiscale de ces parcs, du prix cible établi (120€/MWh) pour le rachat de l'électricité. Il est également demandé des compléments d'information sur l'impact environnemental concernant la faune et la flore marine notamment, et sur l'opportunité de ce projet au regard des transitions énergétiques et écologiques", souligne la commission.

En possession de ces documents, le maître d'ouvrage dispose désormais de 3 mois pour donner suite et rendre sa décision sur la poursuite, ou non, de ce projet. "S'il y a poursuite du projet, la Commission nationale du débat public nommera alors des représentants pour garantir l'étude des arguments de ce débat dans l'avancée des travaux", précise Chantal Jouanno.

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