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Le port de commerce de Lorient Bretagne Sud en pole position parmi les ports bretons

Maude Duval, le 17.01.2023

Avec 2 720 000 tonnes de marchandises traitées en 2022 (import/export), le port de commerce de Lorient Bretagne Sud termine en tête du tableau des volumes traités par les ports de commerce bretons, devant celui de Brest même. Sensible au contexte géopolitique, l'activité du port de Lorient a su s'adapter et répondre aux aléas des marchés de la nutrition animale et de la construction, notamment.

"Nous sommes cette année le premier port de Bretagne", se réjouit d'emblée David Cabedoce, président de la SAS Port de commerce de Lorient Bretagne sud, créée le 1er janvier 2020 pour inaugurer la nouvelle délégation de concession portuaire.

En 2022, l'équipement portuaire morbihannais a traité 2 720 000 tonnes de marchandises, dont 95% d'import. "L'activité est en hausse avec un écart positif de plus de 100 000 tonnes traitées par rapport à 2021 (ou +4%)", précise Vincent Tonnerre, directeur général du port de commerce lorientais.

Des marchés liés au contexte international

Si les hydrocarbures restent la marchandise la plus manœuvrée, avec quelque 920 000 tonnées dans l'année écoulée, la nutrition animale fait un bond de 17% malgré les conséquences de la guerre en Ukraine sur ce marché. "Les importateurs se sont vite réorganisés et redessinés d'autres schémas logistiques", a souligné le directeur. Autre fait marquant : les difficultés d'approvisionnement centrées sur les matières premières ont paradoxalement soutenu le trafic des vracs de construction (883 000 tonnes) : +13% pour le vrac ciment et +5% pour les sables marins. "Nouveauté cette année, nous avons permis l'exportation de 30 000 tonnes de sables kaoliniques ou argile, utilisée dans divers secteurs d'activité", a précisé Vincent Tonnerre en concluant la présentation du trafic sur la tendance haussière des produits de recyclage que sont le bois et/ou les pneus broyés. "Nous enregistrons une hausse de 30%, avec l’arrivée d'une nouvelle entreprise prestataire », souligne le directeur qui évalue à 10,5 millions d’euros le chiffre d’affaires global réalisé par la plateforme en 2022.

Un désavantage concurrentiel

Planche de salut de l’activité portuaire, la diversification des marchés est cependant bloquée par l’obtention de plusieurs agréments, dont celui pour le déchargement des produits bio. « Les dossiers sont en cours d’instruction, pour la troisième fois au moins", s’agace un brin David Cabedoce, président de la SAS, s’interrogeant sur les raisons de ce blocage. « La sous-préfecture de Lorient est très engagée à nos côtés sur ce dossier. Et pour cause, nous avons dû refuser des demandes de trafic, entrant et sortant, au regard de la non autorisation d’un agrément qui va dans le sens des transitions que nous devons mener », plaide l’élu portuaire qui estime à quelque 100 000 tonnes le volume de trafic perdu. « Nous subissons une position de désavantage concurrentiel », tranche le président lorientais en rappelant l'obtention de ce label par les ports de Brest et de Saint-Malo, dans le cadre du plan Etat-Région.

Projet d'extension par poldérisation

Sur le plan des réussites, David Cabedoce et Vincent Tonnerre saluent d’une même voix « les bonnes relations syndicales, renforcées par des discussions constructives et collaboratives », et l'activité record du service remorquage inégalée depuis plus de dix ans.

Un climat propice au projet d’extension que le port de commerce est en train d’amorcer. « Nous avons répondu à un Appel à manifestation d’intérêt national concernant le marché des Energies marines renouvelables et l’aménagement des infrastructures liées. Cette réponse a été faite conjointement avec les ports de Brest, Nantes-Saint-Nazaire et le port de pêche de Lorient », annonce David Cabedoce. En ligne de mire : la création d’un quai dédié à la réception et l’entrepôt d’éléments EMR « et autres colis lourds », présente le duo de direction, photomontage à l’appui. « S’il est accepté, le chantier consistera à poldériser la zone actuelle du frigo, en comblant les zones creuses », explique Vincent Tonnerre, qui voit là l’opportunité d’un projet structurant pour l'avenir du port et la dynamique économique locale. « Entre le projet d’un parc éolien en mer et le développement du pôle « Course au large » à Lorient, nous aurions ainsi un outil adapté pour répondre à ces marchés et à d’autres que nous ne connaissons pas encore ! », ajoute David Cabedoce qui évalue à 8-10 ans l’échéance de ce projet, s’il était retenu.

Vers l'autonomie décarbonée

A plus court terme, le président de la SAS du port de commerce de Lorient Bretagne sud doit gérer les envolées des coûts énergétiques et prioriser des travaux de sobriété sur les installations portuaires. "On vise l'aiutonomie décarbonée", indique le président en relevant la hausse spectaculaire des charges : "On est passé d’une facture de 450 000 euros d’électricité en 2021 à 700 000 en 2022, et plus d’un million prévu en 2023 ! » alerte le gestionnaire, qui multiplie les points financiers avec les actionnaires de la SAS.

 


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