Attractivité

Bretagne 2050 : 10 000 ménages supplémentaires par an, mais des réalités territoriales contrastées

D’ici 2050, la Bretagne pourrait voir son nombre de ménages augmenter de 10 000 par an, porté par une attractivité régionale croissante et des transformations profondes des configurations familiales. Mais derrière cette tendance globale se cachent des réalités territoriales contrastées, où vieillissement, solitude et dynamisme démographique dessinent des paysages sociaux variés. C’est ce qui ressort de la dernière publication régionale de l’Insee sur "les projections de ménages en Bretagne à l’horizon 2050".
V.Maignant
. Les pôles littoraux et résidentiels comme le Golfe du Morbihan, ici sur la photo , enregistreraient la croissance la plus forte (+29 % d’ici 2050), portée par l’attractivité pour les retraités

En Bretagne, le nombre de ménages a progressé de 1 % par an entre 2008 et 2018, passant de 1,4 à 1,5 million. Si les tendances actuelles se confirment, la région comptera 1,8 million de ménages en 2050, soit 320 000 de plus qu’en 2018 (+21 %). Cette hausse, bien que moins soutenue qu’auparavant (+0,6 % par an en moyenne), équivaudrait à 10 000 ménages supplémentaires chaque année.

Selon l’Insee Bretagne trois facteurs expliquent cette évolution . Tout d’abord la croissance démographique, tirée par un solde migratoire positif (+0,3 % par an, soit 4 300 ménages supplémentaires/an), plus marqué qu’au niveau national. Vient ensuite l’évolution des modes de cohabitation (séparations, personnes vivant seules), contribuant à +0,2 % par an (3 100 ménages/an). Et enfin, le vieillissement de la population, lié à l’arrivée des générations du baby-boom à des âges avancés (+0,2 % par an, soit 2 700 ménages/an). Cette évolution aurait pour effet de voir passer la taille moyenne des ménages de 2,1 à 1,9 personne, avec une progression notable des ménages d’une seule personne (de 39 % à 46 % entre 2018 et 2050).

Des dynamiques territoriales contrastées

Tous les territoires bretons verraient leur nombre de ménages augmenter, mais avec des intensités et des profils variés. Les pôles littoraux et résidentiels  comme le Golfe du Morbihan, Dinard, ou Saint-Malo enregistreraient la croissance la plus forte (+29 % d’ici 2050), portée par l’attractivité pour les retraités.  On y observerait un vieillissement marqué (40 % de 65 ans et plus en 2050) une explosion des ménages seuls (+55 %, 47 % des ménages en 2050)et la taille moyenne des ménages la plus faible (1,8 personne).

Dans les métropoles Rennes et Brest, la hausse serait plus modérée (+26 %), mais avec un effet cohabitation très prononcé (51 % de ménages seuls en 2050, le plus élevé de la région), un population jeune (part des moins de 30 ans deux fois supérieure à la moyenne régionale)  et un taux de pauvreté élevé (lié à la concentration du parc social).

Dans les zones rurales et littorales du Nord au Sud (Lorient, Quimper, Saint-Brieuc) , la croissance serait la moins dynamique (+12 %), avec un vieillissement moins marqué que dans le premier groupe (36 % de 65 ans et plus en 2050). La stabilité des couples serait plus marqué avec les familles monoparentales progresseraient faiblement.

Le Périurbain (Brest, Rennes, Combourg) enregistrerait une croissance soutenue (+24 %), portée par l’attractivité des métropoles voisines. Les couples y seraient plus nombreux (plus de 50 % des ménages dans certains territoires) et la taille moyenne des ménages plus élevée (2,2 personnes).

Les Zones industrielles et centre-est (Fougères, Lamballe, Dinan) enrgistreraient au contraire une croissance  faible (+15 %), avec un vieillissement marqué et une stabilité des couples (48 % des ménages en 2050).

Enfin , le périurbain rennais comme Guichen et Liffré enregistrerait la croissance la plus dynamique (+53 %), avec un doublement des ménages seuls et une taille moyenne des ménages la plus élevée (2,2 personnes).

Enjeux et défis pour l’aménagement du territoire

Cette évolution soulève des défis majeurs , notamment le logement. Il faudra adapter l’offre à la diversité des besoins (logements pour seniors, familles, ménages seuls). Les équipements et services devront répondre aux besoins spécifiques des territoires vieillissants (santé, mobilité) et des zones en forte croissance (écoles, transports). Enfin, il faudra renforcer la cohésion sociale et limiter les disparités territoriales (taux de pauvreté, accès au logement social). Pour l’Insee, la Bretagne de 2050 sera donc plus nombreuse, plus diverse, mais aussi plus contrastée, avec des territoires où la solitude et le vieillissement domineront, et d’autres où la jeunesse et les familles continueront de façonner le paysage social.

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