anAu niveau national, In Extenso recense en 2025, 1 076 opérations de cessions et acquisitions de PME, contre 1 226 en 2024 (-12 %) retrouvant ainsi un niveau de marché proche de celui de 2023 (964) et de 2022 (1 080). « Le léger repli constaté en 2025 s’explique avant tout par deux facteurs conjoncturels : l’instabilité politique, d’une part, et l’ajustement à la baisse des valorisations, d’autre part », souligne Camélia Harichane, Directrice In Extenso Finances. Selon cette experte, le marché devrait, à la faveur de l’anticipation des élections présidentielles de 2027, connaitre une nouvelle dynamique de croissance en 2026.
Une valorisation estimée à 499 M€
En 2025, la région Bretagne enregistre également une légère baisse avec 51 transactions réalisées, contre 58 en 2024, en phase avec le ralentissement global du marché M&A. La valorisation estimée s’établit à 499 millions d’euros, en fort retrait par rapport aux 737 millions d’euros enregistrés l’année précédente. Selon In Extenso Finance, l’évolution par segment est contrastée : « le segment 1 à 5 millions d’euros progresse de 26 à 29 opérations et tire vers le haut les activités, tandis que les segments 5 à 15 millions et 15 à 50 millions d’euros reculent. » Avec 10 880 PME de 20 à 499 salariés recensées dans la région, la Bretagne dispose d’un tissu entrepreneurial dense favorable à une potentielle reprise de l’activité transactionnelle.
Les TMT, le secteur le plus dynamique
Le secteur des Technologies médias et télécommunications (TMT) reste le plus actif avec 15 opérations, devant les biens d’équipement (9 opérations), le BTP (7 opérations) et les services aux entreprises et aux particuliers (5 opérations). « Le BTP enregistre la progression la plus notable, avec une valorisation moyenne estimée à 13 millions d’euros, la plus élevée parmi les principaux secteurs. », précise Inextenso. Cette recomposition traduit un glissement du marché breton vers des actifs industriels et technologiques à plus forte valeur ajoutée. A l’image de la reprise la société rennaise Vesuv, éditeur de logiciels par le groupe Fideciel (Figeac-46), celle du spécialiste des instruments de mesure NKE Group basé à en Morbihan par le groupe espagnol Satlink ou encore celle de la société Georeva à Cintré (Ille-et-Vilaine), distributeur multi-marques spécialisé dans le domaine des sciences géophysiques, par le groupe Geomesure.
Les acquéreurs bretons, premiers acheteurs de leur propre région
En 2025, 97 % des acquisitions opérées en Bretagne sont le fait d’acquéreurs français. Une part en forte hausse par rapport aux 84% de 2024. Les investisseurs européens sont quasiment absents avec 3 % des opérations, tandis qu’aucun acquéreur extra-européen n’est recensé sur la période. Les acquéreurs sont majoritairement des sociétés non cotées, 68 % des opérations de la région. Par ailleurs, l’étude d’In Extenso relève que les fonds d’investissement reculent modestement, passant de 24 % à 21 % des acquisitions mais que côté vendeurs, « ils font un retour marqué en 2025, représentant 24% des cessions contre seulement 9% en 2024. » Toutefois avec 80 % des cessions, les actionnaires privés restent très largement majoritaires. Autre fait marquant : les acquéreurs bretons restent les premiers acheteurs de leur propre région, avec 24 % des opérations, à égalité avec les entreprises d’Île-de-France, devant l’Occitanie et la Normandie (12%).
« Cela témoigne de la solidité des dynamiques de consolidation territoriale et de l’attractivité du territoire, conclut Camélia Harichane, Directrice In Extenso Finances. Le marché breton entre dans une nouvelle phase : moins volumique, mais plus structuré. La forte progression des build-up et la reprise des sorties de fonds traduisent une maturité croissante des acteurs. »



