Vincent Rouiller et Mickaël Hamon sont des amis de longue date, costarmoricains et entrepreneur aguerris. Le premier a passé 23 dans l’assurance dont 17 ans à son compte chez Axa. « A 45 ans, il n’est pas rare d’aspirer à autre chose. Jusque-là, j’avais toujours évolué dans le service. J’ai décidé de me tourner vers la production et démarrer une seconde vie professionnelle », raconte-t-il. En 2023, j’ai vu passer une première fois le dossier Breizh Cooking mais ça ne s’est pas fait. » A l’affut d’une opportunité de reprise, il conclut en avril 2024 le rachat de Fumoir de Paimpol en s’associant une première fois avec Mickaël Hamon. Basé à Ploumagoar à une trentaine de kilomètres de kilomètres, l’atelier de fumaison emploie 4 personnes.
Le second, Mickaël Hamon passé par une école hôtelière a d’abord été cuisinier avant de devenir commercial, puis de créer, en 2010, une entreprise industrielle dans le domaine de la location d’équipements frigorifiques et thermiques qu’il cède en 2020. « Dès que le dossier Breizh Cooking est revenu sur le marché, en octobre 2024, nous avons décidé avec Vincent de nous y intéresser. D’autres acteurs étaient sur les rangs mais ce qui fait à la différence, c’est notre ancrage, ici à Paimpol, notre culture de l’entreprise, en proximité avec les salariés et le respect d’un héritage laissé par Yann Trébaol, le fondateur de l’entreprise. »
Un large portefeuille constitué d’environ 80 recettes
Le rachat effectif de Breizh Cooking s’opère en avril 2025. La conserverie paimpolaise élabore et commercialise sous les marques la Paimpolaise et l’Atelier du cuisinier, des recettes à base de produits de la mer : tapas, tartinables, soupes, émiettés et autres tartares. « On cible les commerces de proximité, les épiceries fines et les traiteurs haut de gammes. » Aujourd’hui, Breizh Cooking est présent partout en France à travers un réseau de 600 points de vente. Son portefeuille est large, constitué d’environ 80 recettes. « C’est aussi le résultat de la fusion avec le Fumoir de Paimpol. Elle nous a permis de créer des synergies entre les deux activités, d’innover et de lancer des recettes « plus fumées ». Aujourd’hui, « nos tartinables gastronomiques, sont élaborées en petites verrines, destinées à agrémenter un apéritif dînatoire, un cocktail, ou même un repas par exemple. C’est une gamme qui marche très bien, notamment les tapas. Elles sont très en vogue et aujourd’hui, c’est aussi un marché à marque distributeur. »
Développement des produits sous marque blanche
Cette ouverture au travail à façon pour la GMS est un des axes stratégiques développé par les deux entrepreneurs courant 2025. « Pour aller chercher de la croissance et du volume, entre 15 et 20% sur un an, on a fait fructifier notre outil de production en produisant sous marque blanche une gamme de tartinables. On travaille à partir d’un cahier des charges mais on peut aussi partir d’une feuille blanche. » Ces produits sont aujourd’hui référencés dans 50 à 70 points de vente sur le département. « Ça progresse très vite. D’ici fin 2026, nous atteindrons une centaine de points de vente. » Ce développement s’est accompagné d’investissements dans l’outils de production. « Entre les deux sites, Paimpol et Ploumagoar, nous avons investi 450 000 euros dans des travaux d’amélioration et de nouvelles machines. » En parallèle, le Fumoir de Paimpol continue à développer le fumage artisanal de poissons, essentiellement du saumon, à destination d’un marché local. « Nos clients sont la GMS, la RHF et la Cash & Carry à qui on livre des filets tranchés conditionnés sous plaquettes ou des filets entiers. On est sur un produit artisanal haut de gamme, fileté à la main, avec un vrai savoir-faire. »
International, partenariat stratégique, croissance externe
L’international fait aussi partie des ambitions des deux dirigeants. Déjà présent au Canada et en Afrique, Breizh Cooking réalise environ 5% de son activité à l’export. « Nous participons, du 15 au 17 mars prochain, au salon Tavola en Belgique. A travers ce déplacement organisé par Bretagne Commerce International (BCI), nous entendons accélérer le développement de nos activités en marques de distributeurs (MDD) sur le marché belge. » Particulièrement offensif, le duo vient aussi de signer un partenariat stratégique avec la Route du Rhum. « Nous venons tout juste de décrocher la licence de marque. Nous allons développer de nouvelles recettes et une gamme que nous commercialiserons pendant la saison touristique et sur le stand au Village de départ de la course, à Saint-Malo ». Optimistes et inspirés, rien ne semble arrêter les deux entrepreneurs qui annoncent travailler sur un projet d’acquisition. Ils n’en diront pas plus mais, le projet semble très bien avancé.



