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Les chinois suspendent leurs importations de tourteaux français, les viviers bretons trinquent

Véronique Maignant, le 31.08.2017

Depuis 2013, la société de mareyage Shellfish, anciennement les Viviers de Saint-Malo a installé son activité à Saint-Suliac en Ille-et-Vilaine. L'entreprise de mareyage dirigée par Eric Mordret  propose la vente de coquillages et crustacés vivants aux professionnels, poissonneries, grossistes, centrales d’achat et particuliers. Pour développer son chiffre d’affaires la PME (17 salariés-CA de 6 M€) s’est lancée en janvier 2016  sur le marché chinois du tourteau vivant. En seulement 5 mois d’activité elle y réalisera 8% son CA. Mais brusquement en mai  2016, les chinois ferment les frontières. Une situation difficile à accepter pour le dirigeant qui a consenti des sacrifices financiers importants pour décrocher ce marché.

 

Pour développer son chiffre d’affaires, l'entreprise malouine shellfish (17 salariés-CA de 6 M€) s’est lancée en janvier 2016  sur le marché chinois du tourteau vivant.
V.Maignant

Le tourteau est ce gros crabe brun dont les grosses pattes à la chair bien charnue font le régal des gourmets. Ce crustacé est très apprécié des Chinois. Eric Mordret a saisi  cette opportunité pour pérenniser son activité. «  Nous avons embauché un commercial  export, engagé une mission Coface mais surtout acquis une technique qui permet aux tourteaux  d’arriver vivants en Chine. Ceci  suppose une certaine acrobatie logistique.  Nous avons payé pour apprendre et nos derniers envois se sont faits sans casse. Aujourd’hui j’ai le sentiment d’un véritable gâchis.  Le potentiel estimé de CA s’élevait à 1,2 M€/an. »

 

Querelle sur les méthodes d’analyse de taux de cadmium

Une querelle sur les méthodes d’analyse des taux de cadmium dans les tourteaux vivants exportés en Chine est à l’origine de blocages aux frontières, suite aux mesures de précaution prises par les autorités chinoises. Les Britanniques ont fait les frais d’un embargo chinois en 2015, pour les mêmes raisons. Les Chinois, qui consomment de grosses quantités de crabes au printemps et en automne, se sont alors reportés sur les tourteaux irlandais et français. De fait, entre 2014 et 2015, les exportations françaises de tourteaux vivants et réfrigérés vers la Chine ont triplé. Jusqu’au jour où les autorités chinoises ont relevé des teneurs excessives, toujours à partir de leur méthode d’analyse, sur des lots français et irlandais. Ce qui revient à une quasi-interdiction d’exporter vers l’empire du Milieu en 2016.

Le royaume-Uni autorisé à reprendre ses exportations

Suite à un accord sur la méthode d’analyse et sur la pêche dans des zones autorisées, le Royaume-Uni peut à nouveau vendre en Chine. «  La France a également bénéficié d’une  levée de l’embargo fin 2016, pour satisfaire la demande  chinoise en forte hausse  au moment des fêtes. Mais depuis,  les frontières se sont à nouveau fermées. Le plus suspect  dans cette histoire est que nous importons nos tourteaux  d’Angleterre est que nous fournissons à nos clients chinois toute la traçabilité de nos produits. Par ailleurs pensez-vous sérieusement que le crabe pêché dans l’Atlantique connaisse les frontières entre nos deux pays ? Des négociations sont  en cours mais comme nous pesons très peu en termes d’emplois, j’ai bien peur que la situation ne se débloque pas avant longtemps », conclut Eric Mordret. En Bretagne, trois autres viviers sont concernés par cet embargo : les Viviers de Loctudy (Groupe Béganton  ), les Viviers de la Meloine à Plougasnou (Global Sea food ) et les Viviers de Saint Colomban à Carnac.


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