Accès par territoire
Newsletters
Menu principal
Simon Cohen
Pauline Douguet, l'âme et le coeur de l'épicerie Ty Vrac

Trégunc (29). A la tête de Ty Vrac, Pauline continue de faire vivre son épicerie

Maude Duval, le 20.04.2020

Depuis mai 2017, Pauline Douguet enchante l'épicerie Ty Vrac, dans le bourg de Trégunc. Partisane du zéro déchet, elle y anime un commerce de proximité à son image : celle de la sobriété heureuse. Produits locaux, bio, les articles sont vendus à nu : pas de contenant encombrant, ici le vrac est de rigueur et propice à de nombreux échanges. Mais en ces temps de confinement, Pauline a dû suspendre ces ateliers, tout comme la partie salon de thé. Pour ne pas baisser le rideau ni son moral, elle a mis en place un service Drive qui lui assure la continuité de son activité et l'emploi de sa salariée.  

Le brouhaha de son commerce lui manque. Les discussions avec plusieurs clients en même temps également, tout comme les échanges de bonnes recettes autour du salon de thé et les ateliers zéro déchet qu'elle animait... bref, toute la vie et l'ambiance du petit commerce de centre-bourg qu'elle a créé ! "ça reviendra", se persuade Pauline. Reste à savoir quand.

Le Pass commerce pour l'aider à l'installation

Installée depuis juillet 2019 en plein coeur de Trégunc, Pauline Douguet gère et anime son épicerie-concept baptisée Ty Vrac, qu'elle tenait auparavant et depuis deux ans à quelques encablures de là, vers Concarneau. "La commune de Trégunc m'a appelée pour me proposer des locaux", raconte la jeune femme. Au cours de ce déménagement, la chef d'entreprise a pu bénéficier du Pass Commerce, dispositif financé par le Région Bretagne et instruit par la CCI métropolitaine Bretagne Ouest en l'occurrence.

Au 8 de la place de l'église, Pauline a déployé un commerce de proximité basé sur le zéro-déchet. Ancienne animatrice au sein de l'association "Les Petits débrouillards", Pauline pratiquait déjà le zéro déchet et sensibilisait les plus jeunes à ce mode de vie. Indépendante dans l'âme, elle a souhaité "voler de ses propres ailes" et créer une activité centrée autour de ses convictions et de son engagement pour une transition écologique et sociale. Ty Vrac est le fruit de ses mûres réflexions.

Pas de sac, place au vrac

Alimentation et produits ménagers y font bon ménage. Producteurs locaux et circuits courts pour les premiers ; développement durable et écologie pour les seconds. "Ca marche bien, les gens sont contents et se sont habitués à venir avec leurs propres contenants." Car chez Pauline, pas de sac, tout est en vrac ! Les denrées sont vendus au poids et selon les besoins. "Les gens ont vite vu l'intérêt écologique de ce genre de consommation, et l'économie réalisée en remplissant beaucoup moins la poubelle jaune !", souligne la jeune femme. 

A son activité commerçante, Pauline développe une fibre pédagogique : ateliers, cours pratiques pour confectionner ses propres produits du quotidien, formation et transmission. "J'aime bien échanger avec les gens, faire des démonstrations d'articles et d'accessoires zéro déchet. C'est le rôle d'un commerce de proximité. Le contact humain lui donne tout son sens."

Un protocole sanitaire et prioritaire

La crise sanitaire liée au coronavirus et le confinement imposé a changé la donne. Depuis la mi-mars, Pauline accueille un client à la fois dans sa boutique. Le protocole recommandé par l'hygiéniste du réseau vrac auquel elle adhère entraine quelques entorses à l'esprit et l'éthique de l'épicerie. Mais Pauline s'y conforme le temps de la crise, pour des raisons sanitaires et prioritaires. Fini l'apport des contenants le temps du confinement. "Les clients ne touchent à rien et c'est moi qui les sers, dans des sacs en kraft." Entre chaque client, Pauline désinfecte le terminal de paiement et son comptoir de vente. 

Mise en place d'un Drive

L'application stricte et rigoureuse de ces précautions lui ont valu de ne pas fermer son commerce et de gagner la confiance de nouveaux clients. "Le mardi du confinement, j'ai enregistré un pic d'activité. Tout le monde s'est rué pour faire le plein. Et dès le lendemain, plus rien..." Alors pour continuer à travailler et préserver l'emploi de sa salariée, Pauline a mis rapidement en place un système de Drive : les clients commandent en ligne, elle prépare leurs colis qu'ils viennent chercher à l'épicerie. "Avec ce système, j'ai augmenté le volume de vente sur les achats alimentaires, mais baissé mes marges. Le report des charges proposé par les mesures l'Etat vont me permettre de faire la soudure avant un retour à la normale", a calculé la chef d'entreprise dont le chiffre d'affaires est en constante augmentation depuis trois ans.

Le commerce, c'est la vie

Pour Pauline, normalité rime avec diversité et vitalité. La jeune femme a hâte de servir dans son salon de thé les gâteaux cuisinés sur place, hâte aussi de réouvrir son espace de coworking qu'elle a installé dans une pièce annexe de l'épicerie. "Je vais proposer un lieu de rencontres et d'échanges, en accueillant des indépendants, des groupes aussi pour des ateliers Tricothé par exemple, ou des conférences. Un commerce de proximité c'est aussi et avant tout un lieu de vie."

Voir le site de l'épicerie Ty Vrac

Recommandations