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Panpharma alternance faculté des métiers Fougères
V.Maignant
Chez Panpharma à Luitré, tout le processus de formation a bien fonctionné lorsque l’apprenti est considéré comme un salarié à part entière par l’équipe de production.

Panpharma et Faculté des Métiers de Fougères : à l'unisson pour former les meilleurs techniciens de maintenance

Véronique Maignant, le 02.03.2018

Panpharma, spécialiste des antibiotiques génériques "injectables" pèse aujourd'hui 130 millions d'euros pour un effectif global de 500 personnes. Deux cent d’entre elles travaillent sur le site de Luitré (35). Pour assurer la maintenance technique, en particulier celle de son bloc stérile, l’entreprise travaille en lien étroit avec le pôle industrie de la Faculté des Métiers de  Fougères.

L'entreprise, créée en 1983 par Pierre-Richard Dick (également fondateur de la société de produits vétérinaires Virbac) est aujourd’hui présidée par sa fille, Marie-Hélène Dick. Le siège social se niche en pleine campagne, à Luitré, à proximité de Fougères, au nord de l'Ille-et-Vilaine. C'est là que sont produites chaque année les 45 millions de doses de médicaments génériques injectables utilisés en milieu hospitalier.

 « 500 000 doses Panpharma sont ainsi utilisées chaque jour dans le monde », annonce fièrement le Directeur général, Jean-Louis Gauthier. Outre l'usine de Luitré, Panpharma dispose d'un autre site à Beignon (Morbihan). En 1999, le groupe a également racheté l'allemand Rotexmedica, dans une logique de complémentarité technique et géographique. Enfin, deux nouvelles filiales ont vu le jour en 2016 et 2017, respectivement en Angleterre et Scandinavie.


Leader dans son domaine

L’entreprise réalise 55% de son chiffre d’affaires à l’export (ventes hors France et Allemagne) et affiche une  croissance de près de 20% sur les deux dernières années. Méconnue du grand public, Panpharma, qui gère une gamme de 80 molécules, a bâti sa réputation directement auprès des professionnels de santé. « Un médicament générique, c'est la même substance partout. On essaie donc de se distinguer sur la présentation des produits. Notre réactivité aux appels d'offres et la surveillance des échéances de brevet font aussi la différence. Il faut être prêt le jour J, quand le médicament tombe dans le domaine public », ajoute Jean-Louis Gauthier.

Panpharma, qui ne fabrique pas la matière première mais l’achète auprès d'industriels de la chimie fine, possède des lignes de production bien distinctes. Le personnel, essentiellement féminin, y travaille dans des conditions d'hygiène draconiennes, sous atmosphère stérile, afin d'éviter toute contamination de la matière première et des produits finis. « Les contrôles qualité sont permanents à tous les stades de la fabrication, de la réception de composants à l'expédition du produit fini », confirme Nicolas Levesque, responsable Services techniques. Dans ces conditions, la formation est une des clés de la pérennité et de la réussite de l’entreprise.

Un processus "formation initiale technicien" en 60 étapes

Panpharma s’appuie depuis de nombreuses années sur la Faculté des Métiers de Fougères, pilotée par la CCI Ille-et-Vilaine. L’entreprise y recrute en alternance des BTS Maintenance des Systèmes. « Nous repérons très tôt les meilleurs éléments à l’occasion, par exemple, de portes ouvertes. C’est le cas d’Alexandre Boissel, apprenti en 1ère année, que nous avons rencontré alors qu’il était encore en Bac pro électrotechnique, indique Kacem El Mekaoui, chargé des méthodes et amélioration continue et tuteur d’Alexandre (à droite sur la photo, accompagné de Clément Betton, ancien apprenti  aujourd'hui salarié en CDI ). Il est chez nous depuis août 2017 et vient d’obtenir son MFT. Il s’agit d’une sorte d’examen qui l’autorise à pénétrer en milieu stérile. Toutefois, à ce stade, il y est admis en simple observateur. L’intervention en milieu stérile sera une prochaine étape ».  Et pas la dernière ! Le "processus formation initiale technicien" mis en place chez Panpharma n’en comporte pas moins de 60. Elles sont regroupées en six phases distinctes. « A la fin de chacune d’entre elles, les jeunes sont soumis à un examen ». Ces évaluations à un rythme régulier sont essentielles pour juger de leur progression et de leur capacité d’autonomie.

 

Collaboration étroite avec le pôle Industrie de la Faculté des métiers

« Nous sommes également très vigilants sur les résultats scolaires. En cas de nécessité, on se réserve le droit de leur donner des avertissements », poursuit Kacem El Mekaoui. Il faut dire qu’en milieu stérile, toutes les interventions sont tracées et font l’objet d’un rapport écrit. Le travail de ces jeunes en alternance a donc une conséquence directe sur la production. « A nos yeux, la formation humaine est aussi importante que la formation technique. Elle leur  servira toute leur vie ». Tout ce précieux travail de tutorat est mené en coordination avec Christophe Chevalier, Responsable pôle Industrie de la Facsulté des Métiers à Fougères.

Apprendre et transmettre

« Tout le processus a bien fonctionné lorsque l’apprenti est considéré comme un salarié à part entière par l’équipe de production », reprend Nicolas Levesque. Au sein de son Service technique, il pilote 34 personnes dont 5 apprentis en alternance. Parmi eux, trois sont issus de la Faculté des Métiers de Fougères. « Au vu de sa localisation éloignée de tout grand centre urbain, Panpharma a une chance  inouïe de disposer d’une telle formation située à proximité de l’usine. Les échanges avec Monsieur Chevalier sont nombreux et réguliers. C’est un partenariat gagnant-gagnant qui nous permet de nous consacrer à d’autres projets tout en apprenant un métier à des jeunes. Nous leur accordons aussi du temps à la réalisation de leur projet industriel, indispensable pour valider leur 2ème année. Quand une opportunité de poste s’ouvre au terme des deux ans d’apprentissage, c’est pour nous une satisfaction de plus de les recruter. En formant ainsi  des jeunes, on a le sentiment de rendre un service à la collectivité. Notre rôle à chacun n’est-il pas d’apprendre et transmettre ? »  Pour Alexandre qui confie, « aujourd’hui, je pense pharmaceutique»,  le message est semble-t-il bien passé...

 

Contact : Faculté des Métiers de Fougères, cvannier@fac-metiers.fr, +33 2 99 94 75 75.

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