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Groupe Eonnet Morbihan
Aude Sirvain
Nathalie et Daniel Eonnet devant le camion avec lequel le Morbihannais a démarrer son entreprise... plus tard devenue une puissante holding dans le transport.

Le Groupe Eonnet (56) se voit comme un réseau de PME dont chacune garde son identité

Julie Menez, le 16.12.2019

A la tête d’une holding de 23 filiales partout en France, Daniel Eonnet est avant tout un entrepreneur porté par une force tranquille et « un grain de folie », comme il le dit lui-même.

Portrait initialement publié dans le hors-série Palmarès des entreprises bretonnes 2019-2020
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Tout a commencé en 1996 quand, au volant de son Renault Premium, Daniel Eonnet a commencé comme patron-chauffeur, à Radenac. « Mon but, c’était de rester seul avec mon tracteur », se rappelle d’ailleurs le Morbihannais, un brin ironique. S’enchaîneront alors des contrats de traction pour des clients, dans le transport de béton prêt à l’emploi et la constitution d’une SAS de location de véhicules avec ou sans chauffeur qui prendra doucement de l’ampleur avec 75 salariés, en 2002.

Des appels fréquents de cédants

« J’ai réalisé ma première opération de croissance externe en 2005, en reprenant TBM (Tréffléan) au départ à la retraite du patron. » Après l’acquisition d’autres sociétés en Ille-et-Vilaine et dans le Puy-de-Dome, le Groupe Eonnet se structure grâce à la constitution d’une holding, en 2009, avec l’embauche d’un directeur général, Patrice Chavagnac ; d’un directeur des affaires financières, Philippe Pinel ; d’une directrice des ressources humaines, Delphine Farine, et d’une équipe commerciale. Une étape nécessaire et fondatrice de ce qui est aujourd’hui un puissant groupe de 23 sociétés et 1 200 salariés (dont 1 100 chauffeurs), pour un chiffre d’affaires de 115 M€ (exercice 2019).

L’entreprise Stav, à Quimper, est la toute dernière entrée dans son giron, en novembre, mais Daniel Eonnet confie que son directeur commercial Jean-Marc Bequet et lui-même reçoivent des appels chaque semaine de patrons à la recherche d’un repreneur. Que ce soit pour partir à la retraite ou parce qu’ils préfèrent jeter l’éponge. « Si j’étais resté tout petit, je ne serai peut-être plus, commente le dirigeant morbihannais. La cause principale de ces cessions, c’est que les entreprises ne sont pas assez accompagnées au niveau des fonctions supports et qu’il y a un ras-le-bol général des chefs d’entreprise. Avant, les sociétés se transmettaient de père en fils ou fille. Maintenant, c’est très compliqué… », rapporte Daniel Eonnet.

Investir dans des camions au gaz naturel

L’esprit d’équipe ou de famille, c’est ce qu’il entend insuffler dans les filiales du groupe. Des reprises sereines incluent pour lui de garder les équipes déjà en place et d’aider les différentes sociétés à se développer, en faisant en sorte que chacune garde son identité. « On garde le savoir-faire et l’âme de chaque structure que l’on rachète », insiste Daniel Eonnet qui n’oublie pas lui-même d’où il est parti et définit son groupe « plutôt comme un réseau de PME ».

L’avantage pour les filiales étant qu’elles peuvent compter sur les fonctions supports du groupe et sur Eonnet Services. Cette entité gère le parc de véhicules du groupe, soit 1 100 moteurs en tout. « Nous venons de commander quatre camions au gaz naturel », précise Daniel Eonnet. Un investissement important car ces véhicules coûtent 35 % plus cher qu’un camion diesel mais il s’agit de « montrer notre démarche écologique ».

Mauvaise image et inertie des pouvoirs publics

Il faut dire que la profession souffre d’une mauvaise image, dénoncée par le groupe breton et pénalisante pour certains développements. Cela concerne notamment le recrutement : « Cet été, on n’a pas pu répondre favorablement à toutes les demandes parce qu’on avait une pénurie de conducteurs. Il est important de redorer l’image de ce métier. Pôle emploi essaie de le mettre en avant, nous avons formé des demandeurs d’emploi et leur avons fait passer les permis… mais ils ne sont pas restés », déplore Daniel Eonnet. En dehors de ça, le taux de turn-over est faible chez Eonnet. « Le climat social est bon, le parc de véhicules est récent et l’activité est régionale. Les chauffeurs sont chez eux chaque soir », plaide le dirigeant.

Autre sujet d’inquiétude, la difficulté de s’implanter dans certaines communes de France. « Nous avons quatre terrains à acheter depuis des années et on n’en trouve pas ! Il y a aujourd’hui une inertie lourde, alors qu’avant nous étions reçus les bras ouverts par les élus. D’accord, cela nécessite une voirie lourde mais nous créons des emplois. On nous préfère des activités tertiaires », s’agace Daniel Eonnet.

Un peu blasé, aussi, par des mesures gouvernementales qu’il juge défavorables aux chefs d’entreprise, le Morbihannais n’en continue pas moins de tracer sa route et de réaliser des investissements : 800.000 € pour la nouvelle implantation de Viloc/Eonnet Services et 1,350 M€ pour TBM, à La Trinité-Surzur.

Chiffres clés

23 filiales partout en France
1 100 véhicules
115 M€ de chiffres d’affaires

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