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Depuis 2014, Valérie Le Graët continue à assurer le développement du Groupe fondé par son père, en 1986.
V.Maignant
Depuis 2014, Valérie Le Graët continue à assurer le développement du Groupe fondé par son père, en 1986.

Groupe Le Graët : l’ancrage breton ne cesse de se renforcer

Véronique Maignant, le 09.12.2019

Depuis 2014, Valérie Le Graët continue à assurer le développement du Groupe fondé par son père, en 1986. Cet empire familial de l'agroalimentaire, mené par le « paquebot » Celtigel, est constitué de 12 PME bretonnes. Il emploie plus de 800 personnes et réalise un chiffre d'affaires avoisinant les 200 millions d’euros. Si l’avenir de ses trois pôles d’activités, surgelé, conserve et pêche, passe par la grande distribution, le Groupe breton déploie aussi ses propres marques et se tourne vers l’export.

« Mon arrivée à la direction générale n’a pas entraîné de rupture dans l’entreprise. Avec mon père à la tête du conseil d’administration, nous échangeons tous les jours. Je partage sa vision, à savoir un ancrage en Bretagne lié à une proximité humaine dans le but de pérenniser les emplois. C’est un duo qui me convient parfaitement », souligne d’emblée Valérie Le Graët.

Depuis le siège de Guingamp dans les Côtes d’Armor, elle rayonne sur un empire emmené par l’usine Celtigel basée à Plélo et spécialisée dans les produits surgelés. Avec un effectif de 250 personnes, le chiffre d’affaires atteint les 50 millions d’euros. « Sur un marché difficile où le frais a depuis quelques années la préférence des consommateurs, on s’en tire plutôt bien. » Le Groupe a investi dans la R&D et adopté des techniques comme l’emballage skin : « Avec sa pellicule transparente, la fraîcheur des produits est mise en évidence tout en préservant la couleur, la saveur et l’intégrité du produit. Ces investissements lui ont permis de gagner de nouveaux clients prestigieux comme Picard. Celtigel s’est aussi renforcée dans les plats individuels bio ou vegan. Vendus sous marques distributeurs, ses produits sont présents chez toutes les enseignes de la grande distribution.

 

Un pôle pêche qui pèse 90 millions d’euros

Celtigel travaille en lien étroit avec Celtarmor. Celle-ci collecte et transforme pour l’essentiel des coquilles Saint-Jacques. Située à Saint-Quay-Portrieux, à proximité de la criée, la PME est détenue à 51% par le Groupe Le Graët et à 49% par les pêcheurs de Cobrenord. Ces derniers pratiquent une pêche raisonnée afin de ne pas abîmer les gisements. « Il y a un an, nous avons signé avec Carrefour pour que la coquille Saint-Jacques intègre sa filière Qualité et ses rayons “marée”. » L’enseigne commercialise aussi, en brut ou en surgelé, sous la marque Reflets de France, les noix et coquilles travaillées à Celtamor mais aussi à Celtigel. « Nous travaillons énormément avec la grande distribution pour leurs marques territoire. Cependant, en mars dernier, nous avons lancé une gamme de coquilles Saint-Jacques surgelées sous notre propre marque Celtigel. C’est une manière de nous rendre plus visibles auprès des consommateurs ». Le pôle pêche, qui comprend désormais 6 entités, Celtarmor, Halios, Pêcheries d’Armorique, Jaffray, Charly Guennec et depuis 2017 Gallen, pèse 90 millions d’euros pour un effectif de 300 personnes. Son activité se répartit par moitié entre la marée et le surgelé. « Nous sommes implantés dans cinq grands ports bretons. La Bretagne a toujours été dans l’ADN du Groupe. Quand les outils sont proches des centres de décision, c’est forcément plus bénéfique pour l’emploi. »

 

10 000 tonnes de conserves à base de viande

Dans le giron du Groupe depuis 1992, la conserverie de viandes Stéphan, installée à Guingamp, est le fer de lance du pôle Conserves qui compte quatre PME : « Nous sommes fiers d’avoir cette usine dans le Groupe Le Graët. Nous travaillons avec les abattoirs et les éleveurs situés à proximité. Cela nous permet de garantir une matière première fraîche pour chaque produit transformé. C’est aussi ça la RSE. » Stéphan emploie 80 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros. Connue pour ses pâtés, saucisses cocktail et autres plats cuisinés (cassoulet, saucisse lentilles, etc.), l’entreprise produit principalement sous marques distributeurs : 75% des 10 000 tonnes de conserves produites chaque année n’affichent pas les couleurs de l’entreprise. Si celle-ci est rentable, Valérie Le Graët avoue subir depuis mai 2019, les effets de la loi Egalim. « Désormais, les remises sur les produits alimentaires ne peuvent concerner que 25% du volume annuel écoulé par une enseigne. Avec des produits destinés aux achats d’impulsion comme nos saucisses cocktail, nous sommes fortement pénalisés et, par voie de conséquence, toute la filière porcine qui nous approvisionne, également. Dans notre cas, l’esprit de la loi est totalement détourné. Nous avons bien l’intention de nous battre », assure la directrice générale.

 

Du pâté Label rouge, des soupes de poissons mais aussi des petfood

Binic Gastronomie propose des pâtés, des rillettes, des tripes cuisinées en bocaux sous l’appellation Mère Lalie, ainsi que du pâté de campagne breton Label rouge. « Nous sommes les plus gros fabricants de France de conserves Label rouge en rayon épicerie (DLC 3 ans). » La PME emploie 30 personnes et réalise un chiffre d‘affaires de 5 millions d’euros. « On travaille en circuit court en étroite collaboration avec les éleveurs de porc mais aussi avec les marins pêcheurs bretons. C'est donc des ports d'Erquy, Saint-Quay, du Guilvinec et de Concarneau que le poisson nous est livré dans un délai très court, ce qui nous garantit sa fraîcheur et sa traçabilité. » Spécialisée dans la réalisation de soupes de poissons, bisque de homard, rillettes, sauces prêtes à l'emploi, Les Délices de la Mer à Plélo emploie 50 personnes pour un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros. Enfin, située à Guingamp, Fidèle est spécialisée dans la nutrition animale pour chiens et chats. Sur un marché en plein boom où le sec domine largement les ventes, la filiale du Groupe Le Graët reste la seule entreprise française à fabriquer du petfood en boîte. « En 2020, nous allons lancer notre marque “Petite balade”, annonce Valérie Le Graët. Les boîtes sont, il est vrai, en perte de vitesse, mais pas sur tous les segments. Elles répondent mieux aux besoins nutritionnels des animaux de petite taille. Les portions repas tirent fortement l’activité vers le haut ». Fidèle emploie 90 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros.

Le développement du Groupe Le Graët continuera de se faire avec la GMS. « Je suis lassée de tout ce bashing envers l’agriculture, l’agroalimentaire ou encore la grande distribution, lâche Valérie Le Graët. J’ai besoin des distributeurs et ils ont besoin de moi. Ils sont extrêmement exigeants sur la qualité des produits. Chaque année, j’investis un peu plus pour apporter de la sécurité à tous les niveaux de la chaîne de production ». Que ce soit Carrefour, Intermarché ou E.Leclerc, toutes ces enseignes travaillent à l’international. Valérie Le Graët compte aussi sur elles pour s’envoler à l’export et gagner de nouveaux marchés.


Chiffres clés

CA consolidé : 200 M€

Effectif : 800 salariés

Filiales : 12

 

Groupe Le Graët