Créée fin 2019, Glimps est née de l’expérience de quatre ingénieurs du ministère des Armées. Leur savoir-faire : analyser des logiciels existants, comprendre leur structure et déceler les failles cachées. Rapidement, ils ont cherché à automatiser ces tâches répétitives grâce à l’intelligence artificielle, donnant naissance à un moteur capable d’identifier la signature profonde d’un code, même transformé ou illisible en apparence. Cette innovation est devenue la colonne vertébrale de leur start-up. Le principe est simple mais redoutable : « Reconnaître efficacement des morceaux de code déjà vus et ainsi alerter en temps réel là où les solutions traditionnelles peuvent mettre jusqu’à plusieurs jours à bien les reconnaître. Dans un monde où des centaines de nouvelles familles de logiciels malveillants apparaissent chaque jour, cet avantage technologique attire déjà près d’une centaine de clients », raconte Cyrille Vignon, l’un des trois dirigeants.
Une croissance ambitieuse
Après un démarrage financé par leurs proches, Glimps a levé plusieurs millions d’euros pour accélérer. L’entreprise vise entre 4,5 et 5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, contre 3,5 millions en 2024. Basée au coeur de la cyberplace de Cesson-Sévigné, elle emploie une cinquantaine de salariés à Rennes et Paris. Et Glimps ne compte pas s’arrêter là. L’international constitue un axe stratégique majeur : une équipe commerciale s’est même installée au Canada et « nous développons des partenariats en Corée du Sud. Notre objectif est de se développer en Europe. Il n’est pas exclu qu’en 2026, on se déploie en Italie, en Pologne ou au Danemark », continue Cyrille Vignon. La jeune pousse veut se positionner comme une alternative européenne crédible face aux géants américains et israéliens, acteurs incontournables de la cybersécurité.
Toujours plus de cybermenaces
La trajectoire de Glimps se dessine dans un environnement où les cybermenaces ne cessent de croître. En 2025, plusieurs tendances dominent. D’abord, les attaques de logiciels ou de système avec demande de rançons continuent de faire des ravages. Au-delà du chiffrement des données, les groupes criminels menacent de divulguer les informations volées, poussant les victimes à payer. Ces attaques, capables de mettre à terre une PME comme un hôpital, alimentent une économie souterraine florissante. « Un conseil, prévient Cyrille Vignon, il ne faut surtout pas payer ». Ensuite, le phishing change d’échelle grâce à l’intelligence artificielle. « Là où les messages frauduleux étaient autrefois maladroits, ils sont désormais parfaitement rédigés, personnalisés et diffusés à grande échelle », continue-t-il. « Troisième menace : les attaques sur la supply chain », continue Cyrille Vignon. Plutôt que de cibler directement une grande entreprise, les cybercriminels infiltrent ses fournisseurs ou introduisent des composants infectés dans des bibliothèques open source. Une fois déployée, la compromission se diffuse en cascade dans tout l’écosystème.
Quels opportunités et défis pour 2026 ?
Cette montée des risques crée autant de défis que d’opportunités pour Glimps. La demande en solutions de détection proactive augmente, et les réglementations européennes renforcent la nécessité de recourir à des technologies locales et certifiées. Mais la concurrence mondiale est importante et les moyens financiers des grands acteurs dépassent largement ceux de la start-up française. Glimps souhaite continuer à innover, recruter des experts très recherchés et convaincre de nouveaux clients grands comptes et devenir, par là-même, un fleuron européen de la cybersécurité.
Propos recueillis par Adélaïde Hasle Tiengou
Chiffres clés
Entre 4,5 et 5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025
50 collaborateurs
Implantations à Rennes, Paris et au Canada



