Porté par la demande d’aliments et de boissons santé naturels, le marché du kombucha possède, depuis 2010, l’une des croissances les plus fortes sur le marché européen des boissons. En à peine 4 ans, Biogroupe à Erquy en a fait sa boisson phare lui assurant 40 % de son CA. De 5 millions d’euros en 2017, celui-ci devrait bondir à près de 8 millions en 2018, de quoi envisager l'agrandissement de l'unité de production de desserts végétaux créée il y a un an.
Trois valeurs réunissent les deux fondateurs, Laurent Coulloumme-Labarthe et Simon Ferniot : la cuisine, le sport et la famille. « Elles sont directement inspirées des modes de vie américains ». souligne le premier. Le jeune entrepreneur a passé dix ans aux États-Unis, dans le marketing et l’agroalimentaire et monté avec un associé, une entreprise. « C’est là-bas que j’ai découvert le kombucha. Son marché est estimé à 1 milliard d’euros. En 2010, la France comptait 5 unités de production. Aujourd’hui, elles sont 90 et on dénombre une dizaine d’ouvertures par an ». C’est dire l’essor de ce marché ! De retour en France, il se lance dans l’aventure et cofond Biogroupe. La PME prend véritablement son envol en 2014 avec l’ouverture, à Erquy, dans les Côtes d’Armor, d’une première unité de production de boissons bio, un projet soutenu par le Zoopole de Ploufragan.
Un marché en pleine croissance

40 à 50% de croissance attendus en 2018
Cette démarche en amont et en aval de solutions toujours plus vertes se révèle très vite payante. La croissance est au rendez-vous : « de 5 millions d’euros de CA en 2017, nous allons passer à 7 voire 8 millions d’euros en 2018 dont 25 % en Europe. Il est hors de question pour nous d’aller au grand export. Ecologiquement, ça n’aurait aucun sens ! ». En un an, les salariés sont passés de 17 à 35. Trois autres personnes en situation de handicap complètent cet effectif. C’est un des autres engagements de Biogroupe. Si la moyenne d’âge se révèle plutôt jeune, atour de 35 ans, Laurent Coulloumme-Labarthe l’avoue : « pour des postes de direction, on a beaucoup seniorisé avec des profils qui ont quinze à vingt ans d’expérience. Environ 5% du CA sont consacrés à la R&D et trois ingénieurs travaillent en lien étroit avec le Laboratoire Universitaire de Biodiversité et d’Ecologie Microbienne de Brest ». D’autres recrutements sont prévus d’ici la fin d’année.
2 500 points de vente en France
Il faut dire que les projets vont bon train. « Chaque année, on réalise une extension. » La dernière-née, l’usine de desserts végétaux, voisine de quelques centaines de mètres du siège, est sortie de terre en juin 2017. « L’objectif est de doubler la superficie de l’usine des desserts végétaux en 2019. Nous avons dû créer un deuxième site car il y avait un risque de contamination croisée avec la production de kombucha », explique Laurent Coulloumme-Labarthe. Desserts fermentés à base de lait de coco, de lait de riz, de lait d’amande …cette gamme de produits bio représente déjà 25% du CA. Cette seconde activité permet aussi de rentabiliser la logistique réfrigérée déployée pour les boissons naturelles. Deux fois par semaine Biogroupe livre les plateformes de ses clients, principalement les réseaux Bio comme Biocoop, Naturallia ou La Vie claire. Elle approvisionne aussi, de façon hebdomadaire un grand nombre de grossistes. « Au total, nous disposons de 2 500 points de vente en France. Nous avons mené quelques expériences avec la GMS mais aujourd’hui, clairement, nous privilégions nos clients ».
Deux extensions viennent d’être réalisées sur le premier site. « Nous sommes passés de 1 000 à 2 000 m² pour l’espace de stockage et de production. » Autre agrandissement : un espace de convivialité pour les salariés. Une cuisine de 30 m² est à leur disposition. En avril 2018, un lot de 2 245 m² a été acquis par Biogroupe, à Saint-Alban. « Nous avons des projets de croissance externe glisse Laurent Coulloume-Labarthe, sans vouloir en dire plus pour l’instant. On restera toujours dans les desserts végétaux. » Actionnaires majoritaires, détenant 60% des capitaux, les deux fondateurs tiennent à garder le contrôle de leur entreprise et par la même protéger leurs valeurs.




