Formé à l’électronique, Matthieu Goudal n’avait jamais imaginé travailler un jour dans le granit. Quand il intègre, il y a une quinzaine d’années, une entreprise concurrente également installée dans le bassin de Fougères, c’est pour piloter une machine à commande numérique et pallier des compétences dans une filière sous équipée. Il se prend au jeu et finit par maitriser l’ensemble de la chaine, de l’extraction à la transformation. Fort de cette expérience, il devient en 2021, Directeur d’exploitation Granits de SCB-Granit Rébillon Voirie (GRV), propriétés du groupe Gagneraud et de sa filiale Marc SA. L’ensemble représente une quarantaine de collaborateurs répartis sur 5 sites en Bretagne et pèse 4,2 millions d’euros de chiffre d’affaires. « Nous connaissons une très forte activité et nous dépasserons les 5 millions d’euros en 2023. Je suis serein jusqu’à mi-2024. », rapporte-t-il.
Investir en jouant la carte du local

Un rayonnement national
Le marché breton représente 25% à 30% du chiffre d’affaires de GRV. « Aujourd’hui, notre rayonnement est national avec des marchés passés avec les métropoles de Rennes, Paris, Lille et plus récemment Lyon. Notre forte synergie avec les carrières de granit bretonnes et la garantie de traçabilité des matériaux puisque, depuis 2017, nous sommes membres actifs de l’Indication Géographique Granit de Bretagne* (IG GB), dopent notre croissance, souligne Matthieu Goudal, également président de l’association qui porte cette indication. Notre objectif, avec l’ensemble de la profession est de travailler de plus en plus en direct avec le client final à savoir les services de voiries des collectivités, sans passer par les entreprises de travaux publics. C’est essentiel si on veut les convaincre d’acheter nos granits produits et transformés à 100 % en local et ne pas se faire doubler par les portugais ou les espagnols, voire les chinois. »
Se protéger d’une concurrence internationale à bas prix

10 % des chargements par ferroutage
En parallèle, SCB-GRV se lance dans le ferroutage pour ses livraisons sur la plateforme de Vénissieux à Lyon. Elles transiteront d’ici deux à trois semaines via la ligne multimodale opérée par le Groupe Lahaye au départ de Rennes. Le carnet de produits est récurrent, ce qui facilite sa mise en œuvre « Nous avions des craintes notamment en termes de respect des horaires. Mais après nos différents échanges avec le transporteur, nous sommes rassurés. En 2024, nous allons opérer une trentaine de chargements par le ferroviaire, ce qui représentera environ 10 % du total de nos livraisons. » La prochaine étape consistera à faire de même avec une partie des marchés, lillois via la seconde ligne de ferroutage récemment ouverte par le groupe Lahaye. « Globalement, ce type de transport coûte environ 30% plus cher, mais varie en fonction de l’indice gasoil. C’est un investissement sur le long terme, en faveur de la planète. »
Les principaux chantiers en cours de GRV sont, à Rennes, le marché d’entretien à Paris, le dallage d’une grande place porte de la Chapelle, à Saint-Malo, une partie du sillon et enfin à Lille, en groupement avec Général de Granit (35), la poursuite du chantier de l’axe principal de la métropole, à savoir l’avenue Pierre Mauroy commencée en 2019. « En se regroupant avec d’autres entreprises bretonnes, on sécurise l’approvisionnement de nos marchés. » L’entreprise vise également le boulevard Douville à Saint-Malo et le futur pôle d’échange multimodal de Vannes. « C’est un challenge pour nous car c’est le seul département breton ou nous ne sommes pas présents. A cette occasion, nous prescrirons un nouveau produit », conclut Matthieu Goudal. Très investi sur le territoire de Fougères, l’homme fait régulièrement appel à l’expertise de Jean-Louis Turmel, responsable de la Délégation des Marches de Bretagne à la CCI Ille-et-Vilaine.
*Cette IG a pour objectif de protéger les granits extraits de carrières implantées en Bretagne et dans la commune de Saint-James (50), ainsi que les produits fabriqués à partir de ces granits, dans cette même zone géographique, et de garantir l’authenticité des produits mis sur le marché.




