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Gurvan Rolland est à la tête des criées de Saint-Quay-Portrieux et Erquy  depuis plus de deux ans
V.Maignant
Gurvan Rolland est à la tête des criées de Saint-Quay-Portrieux et Erquy depuis plus de deux ans

Criées des Côtes d’Armor. Gurvan Rolland tient la barre par temps agité

Véronique Maignant, le 28.02.2021

Places fortes de la coquille Saint-Jacques, les criées de Saint-Quay-Portrieux et d’Erquy sont parmi les plus importantes de la Baie de Saint-Brieuc. 6 850 tonnes ont été écoulées en 2020 : un nouveau record ! Cette année restera aussi marquée par la perspective d’un Brexit sans accord.  « Heureusement, on a échappé au pire », souligne Gurvan Rolland, directeur des deux criées gérées par la CCI des Côtes d’Armor. Retour sur une année 2020 à haut risque durant laquelle les tonnages enregistrés sont en recul de 9,2% par rapport à 2019 et le chiffre d’affaires de 12%. La faute à la pêche hauturière plombée par la pandémie.

 

En ce mois de février 2021, l’activité bat son plein sous la criée de Saint-Quay-Portrieux. Debout depuis 5h du matin, Gurvan Rolland nous présente une partie de la pêche du jour à savoir la coquille Saint-Jacques.  

2020 : nouveau record de coquilles Saint-Jacques

Délice des palais, son gisement est très contrôlé : « seuls 200 à 220 bateaux disposent d'une licence de pêche. A chaque retour au port, Ils doivent enregistrer leur pesée en criée. Cette obligation, qui perdure depuis plus de 40 ans, est unique en Europe, explique-t-il. C’est un moyen efficace de respecter les quotas. Elle constitue une des clés de la bonne gestion du gisement et donne un reflet exhaustif du marché. Résultat, depuis trois ans, nous sommes sur un haut de gisement. En 2020, nous avons atteint un plateau avec près de 6 850 tonnes de coquilles Saint-Jacques prélevées, et ce malgré l’arrêt de la pêche du 18 au 31 mars. En ce début d’année, nous sommes sur la même tendance avec 120 à 150 tonnes prélevées par marée. Environ 70 % sont vendues en criée. Le reste est écoulé par les pêcheurs, via leurs propres filières. »

Au final, en 2020, la vente de coquilles Saint-Jacques a généré un chiffre d’affaires de 15,60 millions d’euros représentant près d’un tiers (31%) de l’activité globale des deux criées. Un bon résultat qui a permis de limiter les pertes enregistrées dans les autres espèces de coquillages, pétoncles et céphalopodes, notamment.

 

30% de l’activité habituelle pendant 2 mois

Le premier confinement de l’année 2020 a particulièrement impacté la pêche au large, obligeant les bateaux, une vingtaine d’hauturiers, à rester à quai, du 17 mars au 11 mai. « L’activité sous les criées était alors limitée à 30 % de l’activité habituelle. Afin d’optimiser la logistique et simplifier la vie des transporteurs, nous avons conservé une seule criée opérationnelle. Toute la marchandise débarquée dans les 8 ports costarmorcains* était acheminée en camion à Saint-Quay-Portrieux, poursuit Gurvan Rolland.  Cette chute brutale de l’activité, qui ne s’est pas reproduite à l’occasion du second confinement en novembre, a malgré tout entraîné une baisse de 12 % des quantités de poissons mises le marché en 2020. « Par ailleurs, avec la fermeture des restaurants, certains mareyeurs ainsi que des poissonneries ont eux aussi cessé leur activité. Nous avons dû également faire face à une baisse des commandes à l’export.  Résultat, nous avons subi une chute du prix du poisson, d’environ 20% sur l’année. Aujourd’hui encore, les cours se situent globalement en dessous des cours habituels. C’est particulièrement vrai sur les espèces à forte valorisation comme le Saint-Pierre, le turbot ou la sole destinées aux restaurants. »

 

Maillon essentiel de la filière pêche en Côtes d’Amor

Sous chaque criée, une équipe de 25 personnes se charge du tri, de l’enregistrement et de la vente. Une quarantaine d’espèces de poissons passe chaque jour entre leurs mains. « Avec autant d’espèces et calibrages différents, le tri est réalisé manuellement. C’est une vraie valeur ajoutée, surtout quand 80% des ventes se font à distance.  Nous sommes les yeux de l’acheteur, l’agréage se faisant à la criée. » Avec un peu plus de 9 000 tonnes de poissons débarqués en 2020, le chiffre d’affaires a atteint 27, 2 millions d’euros. En cumulé, ce sont 19 000 tonnes de crustacés et de poissons qui ont été mises sur le marché en 2020 pour un chiffre d’affaires de 50,3 millions d’euros, en recul de 9% par rapport à 2019.  Maillon essentiel de la filière pêche en Côtes d’Amor, les criées d’Erquy et de Saint-Quay-Portrieux se hissent au troisième rang à l’échelle nationale derrière Lorient et Boulogne-sur-Mer. Consciente du caractère stratégique de ces équipements portuaires, la CCI des Côtes d’Armor soutient chaque année leur développement. En 2021, l’enveloppe d’investissement matériel et logistique s’élève à 900 000 euros. Ils concernent tout particulièrement le froid à Erquy et des nouveaux pontons à Saint-Quay -Portrieux.

 

Brexit : de nombreuses questions en suspens

« Nous avons échappé au pire ! Sans accord l’impact aurait pu être terrible. La pêche au large représente en moyenne, sur les 5 dernières années, 60 % du chiffre d’affaires de nos criées, poursuit Gurvan Rolland. A l’échelle des Côtes d’Armor, c’est encore plus important :  l’effort de pêche des bateaux hauturiers dans la ZEE du Royaume-Uni représente de 70 à 90 % du temps de pêche et du chiffre d’affaires annuel.  C’est dire la crainte que nous avions. Pour autant, toutes nos inquiétudes ne se sont pas envolées. Nous ne connaissons pas encore les contours exacts du transfert au Royaume-Uni, jusqu’en juin 2026, des 25 % de nos quotas de pêche. Ils devraient s’appliquer espèce par espèce.  Pour certaines d’entre elles, comme le merlan ou l’églefin, cette accord représente un vrai danger car ce sont des espèces saisonnières. Le Gouvernement français envisage un plan de sortie des flottilles les plus anciennes de manière à ne pas pénaliser les bateaux les plus récents, dépendants des eaux britanniques. Qu’en sera-t-il vraiment ? Les mécanismes de flexibilité interzonales seront-ils maintenus ? Comment se dérouleront les contrôles dans les eaux anglaises ? » Beaucoup de questions restent en suspens et les professionnels de la pêche restent vigilants. Il faut dire que l’enjeu est de taille : la Bretagne concentre 50 % de la pêche française et les côtes d’Armor 1/ 4 de la pêche bretonne.

Tout savoir sur les criées des Côtes d'Armor gérées par la CCI

 

*8 ports de pêche : Dahouët, Erquy, Locquémeau, Loguivy-de-la-mer, Paimpol, Pors-Even, Saint-Cast-Le-Guildo, Saint-Quay-Portrieux,

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