A Saint-Brieuc, Ohlala café-céramique a trouvé la recette du succès

Fille de commerçants, Gaëlle Le Bras pensait avoir définitivement tourné le dos à ce métier dévorant. Mais à 55 ans, en quête d’une nouvelle trajectoire professionnelle, la voilà rattrapée par son passé. Depuis novembre 2025, elle est à la tête de Ohlala café-céramique, un commerce situé en plein cœur de Saint-Brieuc où les clients deviennent des artistes, le temps d’une séance de peinture sur céramique accompagnée de boissons et gâteaux. Ouverte cinq jours par semaine dont les samedi et dimanche, elle accueille en moyenne 150 personnes chaque semaine. Un succès commercial qui démontre la formidable capacité de cette bégarroise à rebondir dans une activité zen, mêlant créativité et convivialité.

« Mes parents tenaient un bureau de tabac à Bégard qui faisait aussi office de magasin de fleurs.  Dès l’âge de 8 ans, j’étais derrière le comptoir. C’était un jeu, j’adorais ça ! Eux, ils travaillaient tous les jours, week-end et jours fériés compris, sans compter leurs heures, avec seulement deux demi-journées de congés par semaine.  En grandissant, je ne me voyais pas suivre ce chemin », raconte Gaëlle Le Bras, gérante de Ohlala café- céramique à Saint-Brieuc. Formée au contrôle de gestion, elle entre à la Cooperl. Elle y restera près de 30 ans avant de prendre la décision de quitter le groupe, sans avoir au préalable réalisé un bilan de compétences. « Il en est ressorti que j’étais faite pour être commerçante. Le choix d’un café céramique s’est très vite imposé. Quelques mois auparavant, j’avais expérimenté le concept à Rennes. J’avais trouvé ça absolument génial ! C’est aussi activité thérapeutique pour se détendre et prendre du plaisir à se recentrer sur soi en étant uniquement dans « le faire » et plus dans « le penser ». On a tellement tendance à se dévaloriser, à se dire Ohlala (origine du nom), je n’y arriverai jamais ! Au bout du compte, on en ressort avec plus confiance en soi. Un atelier café-céramique, c’est aussi beaucoup de partage et de joie. »

Le café-céramique, un concept en plein boom

Etude de marché, business plan, recherche d’un local… Gaëlle Le Bras prend conseil auprès de la CCI et de BGE et se lance avec fougue dans son projet.  Nous sommes en avril 2025 et à l’époque, une petite vingtaine de cafés céramiques a déjà vu le jour en Bretagne. « Ma formation en gestion m’a beaucoup aidé. J’ai défendu mon business plan devant les banques avec un prévisionnel au plus bas pour que ça passe. J’ai visité plusieurs locaux, à Lamballe, mon premier choix, mais où il n’y avait aucun emplacement de disponible, puis à Saint-Brieuc où j’ai tout de suite vue le potentiel du local où je suis aujourd’hui installée… J’avais un objectif : ouvrir avant les vacances de Noël 2025. » Avec l’aide de la CCI, elle décroche une aide de 7 000 euros, via le Pass commerce et artisanat financé par la Région Bretagne, mais aussi un prêt à taux zéro de 5 000 euros auprès d’Initiative Armor, ainsi qu’une aide au loyer, 30% à 40% du montant mensuel, pendant un an de la mairie de Saint-Brieuc. Soutenue par tout l’écosystème, Gaëlle Le Bras obtient un prêt de 35 000 euros auprès de deux banques.

 

Trois séances par jour, 120 références d’objets à peindre

Ohlala café-céramique ouvre le 22 novembre, en plein cœur de ville de Saint-Brieuc. « Grâce à de nombreux   articles dans la presse locale, ça a tout de suite marché ! Je suis bien au de-là de mes objectifs !» se réjouit-elle. Dans son local de 75 m², elle reçoit 16 personnes par atelier, des femmes pour l’essentiel, de tous âges.  Chaque séance dure 2 heures et la commerçante propose trois créneaux par jour. « Les samedi et dimanche sont toujours complets. » Ouverte du mercredi au dimanche, la commerçante accueille en moyenne 150 personnes par semaine. « A l’avenir, pour souffler un peu, je réfléchis à fermer le jeudi pour proposer mes ateliers à des Ehpad ou des structures pour personne handicapées. » Les réservations se font via le site Internet. Assiette, bol, tasse, objet de décoration…Il est possible de choisir parmi 120 références.  « Mon objectif était de proposer du 100 % français, mais les délais de livraison étant de trois mois, j’ai dû changer mon fusil d’épaule. Je me fournis en Autriche et en Italie. Je commence à travailler avec une céramiste finistérienne. Elle me fait des boucles d’oreille et des petites assiettes. Ce sont de très belles pièces, mais elles sont plus chères. »

De 10 à 65 euros par séance

Le prix de la séance de deux heures équivaut au prix de l’objet choisi à savoir entre 10 et 65 euros, « mais le ticket moyen s’élève à 25 euros ». Tout est fourni : matériel de peinture, tablier, pochoir, etc… « J’introduis toujours la séance par un peu de technique, le rendu final m’épate toujours. Je vais mettre en place une carte de fidélité car j’ai de plus en plus de clientes qui reviennent. Certaines se lancent dans la réalisation d’un service de table complet. Les échanges sont joyeux. Mais le plus gratifiant, c’est de voir les sourires quand elles viennent chercher leurs pièces. » Le délai est de trois semaines. « Je préfère prendre de la marge, car j’ai un facteur limitant : mon four n’accepte qu’une cinquantaine pièces à la fois. » Le temps de séchage, après l’émaillage, dure 24 heures. Ensuite, la cuisson au four à 1000 ° s’étale sur deux jours.  Pendant la séance, les clientes consomment boissons et/ou gourmandises. « Je ne travaille qu’avec des producteurs locaux : Chococo Cookies, Atelier d’Annabelle, Chocolat de la Duchesse Anne, Café torréfié, Oop’ Café de spécialité… », conclut Gaëlle Le Bras dont ce changement de vie, malgré une amplitude horaire importante, se révèle profondément bénéfique.

 

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