Image PME Bretagne est un outil d’analyse mensuel et trimestriel développé par l’Ordre des experts-comptables de Bretagne, à partir des données des cabinets d’expertise comptable. « C’est un échantillon extrêmement large et riche, avec 33 000 entreprises bretonnes représentées. On neutralise les entreprises de plus de 30 à 50 millions d’euros de chiffre d’affaires pour se concentrer sur les TPE-PME», explique François Lambert.
Baisse globale de 6,5 % des ouvertures de procédures collectives
En France, la tendance est « pas bonne du tout » (+6,3 %), avec une aggravation inquiétante : « On ne voit pas que des petites entreprises. Désormais, des PME, voire des ETI, basculent en procédure collective. » La Bretagne fait figure d’exception sur les 6 premiers mois de l’année 2026. Elle affiche une baisse de 6,5 % des défaillances d’entreprises, avec des disparités marquées entre départements : -19 % dans le Finistère, -11,3 % dans le Morbihan, -10 % dans les Côtes d’Armor mais +7,3 % en Ille-et-Vilaine . « On a reconstitué les données des 7 tribunaux compétents en Bretagne pour avoir une statistique comparable à la tendance nationale. Et la comparaison est sans appel : la Bretagne s’en sort mieux. C’est une bonne nouvelle, mais il faut relativiser : on part d’un niveau très élevé après les années 2021-2025, où les défaillances avaient explosé. » indique François Lambert, président de l’Ordre des experts-comptables de Bretagne,
Les secteurs porteurs
Avec +0,8 % d’augmentation d’activité (2ᵉ trimestre 2026 vs 2025), la Bretagne se situe dans la moyenne nationale, loin des régions les plus dynamiques. « On n’est pas parmi les meilleurs, mais on n’est pas non plus parmi les pires », résume François Lambert. Par département, l’évolution est la suivante : Côtes d’Armor : +2,4%, Finistère : +0,3% , Ille-et-Vilaine, +0,2% et Morbihan : +0,9%.

Le transport progresse de +7 % sur le trimestre et +5,2 % sur le semestre, grâce à la répercussion des hausses de carburant et aux investissements dans la transition énergétique (véhicules électriques/gaz). « Les transporteurs répercutent immédiatement les augmentations de coûts sur leurs tarifs », souligne-t-il.
L’industrie manufacturière (+2,3 % sur le trimestre) tire son épingle du jeu, notamment grâce aux industries alimentaires, la fabrication de boissons ou de textiles, malgré les tensions sur les matières premières et l’énergie. Enfin, l’architecture (+2,4 %) bénéficie de la demande soutenue dans le neuf, même si la rénovation recule en raison des freins administratifs et des règles complexes liées au DPE.
Les secteurs en difficulté

L’hébergement recule de -2 % sur le2e trimestre et -4 % sur le 1er semestre. Malgré une montée en gamme la consommation baisse (moins d’alcool, plus d’eau, arbitrages budgétaires). « La clientèle consomme moins, et la canicule a aussi vidé les terrasses», précise-t-il.
Le commerce (hors automobile) affiche un recul de 2,5 % sur le trimestre et -0,5 % sur le semestre, en raison de la perte de confiance des ménages (contexte géopolitique, inflation). « L’habillement et les biens culturels sont particulièrement touchés », note François Lambert.
L’automobile est aussi un secteur sinistré. « C’est un véritable séisme », déclare-t-il. Le marché est bouleversé par la transition énergétique, la concurrence chinoise et les pertes massives sur les stocks (véhicules électriques déstockés en début d’année, puis pénurie). « Un événement géopolitique à l’autre bout du monde a une répercussion en 48h sur les ventes. Les concessionnaires subissent une volatilité extrême. »
La boulangerie-pâtisserie stagne autour de 0 %, après des années difficiles marquées par les coûts de l’énergie et des matières premières. « Les boulangers n’arrivent plus à répercuter les hausses de coûts sur leurs prix. Certains ont dû fermer boutique. »
Les risques à surveiller
Plusieurs menaces pèsent sur l’économie bretonne et l’économie française en général au premier rang desquels, l’inflation persistante : « Si on corrige l’effet des prix, l’activité réelle est en baisse ». Les prix des matières premières et de l’énergie restent très volatils et la consommation est en berne. Les arbitrages budgétaires des ménages vont continuer à peser sur le commerce et la restauration. « Par ailleurs, certaines entreprises tiennent encore grâce aux aides post-Covid, mais la situation pourrait se dégrader d’ici fin 2026 », conclut François Lambert. L’analyse du 3ᵉ trimestre 2026 sera cruciale pour confirmer ou infirmer ces tendances, notamment avec l’impact de la saison touristique estivale.






