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Philipe Lessard, commerçant à Rennes : « Quand l’heure du déconfinement viendra, ce sera une grande braderie mondiale »

Véronique Maignant, le 08.04.2020

Commerçant indépendant, Philippe Lessard est à la tête d’une douzaine de boutiques de prêt-à-porter dont 5 situées à Rennes, en plein coeur de ville. Trois semaines après avoir baissé le rideau, et alors que le flou persiste sur les modalités de déconfinement, il s’interroge sur les conditions de reprise de son activité.  Avec toute sa collection d’été sur les bras, comme des milliers de commerçants en France, il estime que dès la réouverture des commerces, tout le monde va vouloir se débarrasser au plus vite de son stock. Il préconise une date des soldes au plus tard le 1er juillet.

« Aux mois de février et mars, chaque année, nous recevons nos collections d’été, explique Philippe Lessard. Dans 4 mois, cette marchandise ne vaudra plus rien ou presque. Pourtant, elle est déjà en en partie payée. Deux mois plus tôt, nous n’aurions pas accepter la marchandise. En tant que commerçant indépendant, détaillant, on ne pèse pas grand-chose vis-à-vis de nos fournisseurs internationaux. Nos marges de négociations sont donc très faibles. C’est d’autant plus vrai avec certaines marques comme Lacost

« Aux mois de février et mars, chaque année, nous recevons nos collections d’été, explique Philippe Lessard. Dans 4 mois, cette marchandise ne vaudra plus rien ou presque. Pourtant, elle est déjà en en partie payée. Deux mois plus tôt, nous n’aurions pas accepté la marchandise. En tant que commerçant indépendant, détaillant, on ne pèse pas grand-chose vis-à-vis de nos fournisseurs internationaux. Nos marges de négociations sont donc très faibles ».

 

Des stocks en très grande quantité

Figure bien connue du commerce rennais, Philippe Lessard a ouvert Transfert, sa première boutique en 1986 en plein cœur de ville. La boutique a déménagé depuis mais propose toujours exclusivement des grandes marques de prêt-à-porter pour hommes. C’est sur ce créneau du haut de gamme que le commerçant a fait le choix de se développer. Il possède aujourd’hui une douzaine de magasins de prêt à porter pour l’homme mais aussi la femme, multimarques et monomarque. « En temps normal, nous travaillons bien dans nos boutiques, avec une clientèle parfois située dans un rayon de 200 km à la ronde. Le fait d’être sur une niche devrait sans doute moins nous exposer. Cependant prenez Transfert : en cette saison, je vends énormément de costumes pour toutes sortes de cérémonies, les mariages en particulier. Tous ces rassemblements familiaux étant interdits, et ce pour quelques mois je pense, forcément je vais avoir énormément de stocks ». Entre ses 12 boutiques (5 à Rennes, 4 à Nantes, 1 à Saint-Malo et 2 à Vannes), Philippe Lessard emploie 60 personnes, des vendeurs et vendeuses pour l’essentiel. Elles sont toutes en chômage partiel.

 

Des soldes au plus tard le 1er juillet

De l’avis de Philippe Lessard, quand les commerçants obtiendront l’autorisation de rouvrir, « ce sera la grande braderie mondiale. Les stocks sont énormes. Tout le monde va vouloir brader pour récupérer un peu de trésorerie. Certaines de nos marques bénéficient déjà de remises exceptionnelles sur les sites d’e-commerce ». Il est vrai que de nombreuses enseignes et grande surfaces pratiquent, en ce moment même, toutes sortes de rabais et promotions via leur site Internet. « D’ici la date officielle de démarrage des soldes, la plupart des marques auront organisé leurs propres soldes. Nous-mêmes organisons des ventes privées, mais je sais par expérience que tous les petits commerçants n'ont pas la puissance de feu nécessaire pour le faire.  Dès la réouverture, nous allons devoir pratiquer des rabais. C’est d’ailleurs pourquoi je pense que les soldes devraient démarrer au plus tard le 1er juillet et se poursuivre jusqu’à la mi-août ».

D’ici là les pertes seront lourdes. « Même si le Gouvernement et la BPI nous aident en trésorerie, la perte d’exploitation en fin d’année sera considérable pour un grand nombre de détaillants, petits commerçants. J’ai beaucoup de copains abattus par toute cette crise. Ils nous faudra aux uns et aux autres, des mois voire des années, pour compenser la perte d’exploitation », conclut Philipe Lessard.

 

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