Depuis le 1er janvier 2026, la société d’économie mixte (Sem) Bretagne Armor pêche a pris le relais de la CCI Côtes d’Armor pour la gestion des 7 ports de pêche du département* . D’un capital de 4 millions d’euros, la nouvelle structure réunit le Département et la Région (35 % chaque), la CCI (10 %), la Banque des Territoires (16 %) et quatre autres banques. Un programme pluriannuel d’investissements de 10,32 millions d’euros est prévu pour moderniser les infrastructures portuaires et renforcer l’attractivité de la filière, très importante dans le département. La majorité des financements seront fléchés vers les ports d’Erquy et de Saint-Quay-Portrieux, les plus importants en termes d’activité. Par ailleurs, « le chantier de maintenance du port de Saint-Quay-Portrieux, lié à l’installation de la base d’Ailes Marines, gestionnaire du parc éolien en baie de Saint-Brieuc débutera fin 2027.
Une année record pour la pêche, en hausse de 16%
« En 2025, les criées costarmoricaines ont atteint un record historique depuis leur création en 1977, tant en volume commercialisé qu’en chiffre d’affaires. Cette performance représente une progression de 16 % par rapport à l’exercice précédent ! » , se réjouit Jean-Claude Balanant . Concrètement, 27 339 tonnes de produits de la mer ont été vendues sous les criées costarmoricaines à un prix moyen de 2,97€/kg, pour une valeur totale de 81 156 M€. Cette croissance exceptionnelle tient dans principalement dans les débarquements de coquille Saint-Jacques. « Elles ont progressé de 29 % avec un record à 13 305 tonnes . » La raison ? la gestion des quotas, une demande intérieure forte (organisée par Celtarmor, filiale du groupe Le Graët) mais aussi à l’export, en début d’année 2025, expliquent cette envolée.
L’activité commerce en retrait
A contrario, l’activité des ports de commerce a enregistré une légère baisse de 2 % en 2025, avec un total de 324 525 tonnes contre 331 164 tonnes en 2024. « Il s’agit de la deuxième année consécutive de recul, un niveau qui rappelle celui observé lors de la crise de 2018 », souligne Jean-Claude Balanant. Sur le port du Légué les produits agroalimentaires enregistrent un recul significatif, d’environ -20 000 T, en raison d’arbitrages qui favorisent la débarque sur les ports de Lorient ou Brest. » les importations d’engrais baissent également (-15 000 T/2024) en raison d’une hausse significative des prix. Tous les autres produits, excepté le bois, sont à la baisse. Le port de commerce de Tréguier, exploité par Eskale d’Armor depuis le 1er janvier 2026, a atteint un record, avec 86 500 tonnes. « Il reste le port de replis en cas de perturbation au Légué. » A partir d’avril 2026, le Syndicat mixte du Grand Légué reprendra les activités commerce, réparation navale et plaisance gérées jusque-là par la CCI Côtes d’Armor.
L’activité plaisance inégale selon les ports
Le bilan 2025 du port du Légué souffre de la baisse de 15% versus 2024 de l’activité de manutention. Par contre, les nuitées sont en recul plus modéré -9 % sur un an. « Les investissements de fin 2025 vont permettre d’aménager une dizaine de nouveaux emplacements suite à la mise en place de nouveaux pontons », poursuit Philippe Martineau, vice-président en charge des affaires maritimes à la CCI des Côtes d’Armor. A contrario, l’attractivité du port de Saint-Cast reste forte : « le développement des services et de la qualité de l’accueil favorise le passage d’une clientèle exigeante. » Pour preuve, le nombre de navires inscrits sur la liste d’attente est toujours sur une tendance croissante, c’est un indicateur plutôt favorable pour le port. « Les projets ne manquent pas sur ce port pour encore améliorer les conditions d’accueil des usagers. »
L’activité réparation navale dynamique
En 2025, la réparation navale retrouve des couleurs avec une progression 5 % par rapport à 2023 et de 25 % par rapport à l’année creuse de 2024. « Avec 232 mouvements de navires le port de manutention du Légué s’inscrit pleinement dans la cartographie régionale, accueillant des navires hauturiers et des navires à passagers provenant également d’autres régions françaises pour y effectuer des opérations de maintenance et de réparation à Saint-Brieuc », conclut Philippe Martineau.



