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Objets connectés : Lumnex (Lannion) prépare une levée de fonds d’1,5 M€ pour lutter contre les ravages du charançon rouge

Véronique Maignant, le 30.10.2019

Lumnex s’est fait connaitre en équipant certaines grandes villes, comme Paris et La Mecque, de lampadaires connectés. Ces équipements permettent une gestion intelligente de l’éclairage pour améliorer la consommation énergétique. Reprise en 2018 par Brahim Zaim et ses associés, l’entreprise se positionne aujourd’hui comme un offreur de solutions connectées, en visant en premier lieu les acteurs de l’agroalimentaire victimes du charançon rouge.  La start-up est depuis juillet dernier implantée au sein de la Technopole Anticipa à Lannion.

Reprise en 2018 par Brahim Zaim et ses associés, Lumnex se positionne aujourd’hui comme un offreur de solutions connectées, en visant en premier lieu les acteurs de l’agroalimentaire victimes du charançon rouge

Peu de gens le savent mais le charançon rouge est en train de décimer un à un les palmiers du pourtour méditerranéen. « Le charançon rouge se développe à l’intérieur de l’arbre.  Il n’est donc pas visible. Il fragilise ces arbres au point de faire tomber les palmes puis le haut du tronc. La seule ambition raisonnable est de stabiliser les populations de charançons et de contrôler leur aire de répartition afin de sauver les palmiers qui n’ont pas encore été touchés. En Egypte où on recense plus de 200 millions de palmiers, les dates constituent l’alimentation de base. Dans le nord du Maroc aussi. Il faut entre 6 à 10 ans pour qu’un palmier atteigne sa taille adulte. L’abattage d’un seul arbre coute 400 euros, en planter un nouveau, 1 000 euros. Dans ces pays mais aussi en Espagne, les palmiers sont mis en quarantaine. A ce jour aucune solution n’existe pour éradiquer le fléau, explique Brahim Zaim, cofondateur de Lumnex. Le sud de la France est lui aussi touché.

 

De l’éclairage public au charançon rouge

Après avoir développé des équipements connectés pour l’éclairage public des grandes villes, Brahim Zaim se lance dans « un projet enthousiasmant » aux côtés des acteurs de l’agroalimentaire situés en région Sud (PACA). Il consiste à développer un capteur à placer dans les palmiers, capable de détecter très tôt la présence de charançons rouges de manière à démarrer rapidement le traitement. « On envisage aussi de s’intéresser au bornes des parkings en surface ou aux poubelles, de manière à aider les villes à mieux gérer ces deux postes très couteux. Lumnex migre de l’éclairage public vers une ensemble de solutions connectées ».

 

Un portefeuille de produits qui pèse 4,5 millions d’euros

Pour y parvenir, Brahim Zaim prépare, depuis 6 mois, une levée de fonds d’1,5 million d’euros. Ce n’est pas la première pour ce Docteur en automatisme industriel, passé entre autres par Schlumberger et qui a fait une bonne partie de sa carrière à Poitiers. C’est là qu’il a fondé Lumnex en 2011. En 2013, il lève 1,5 million d’euros de fonds. Avec ses solutions d’éclairage connectées, la réussite est au rendez-vous l. « A Paris, nous avons équipés 20 000 armoires de contrôle de nos capteurs, capables de gérer 180 000 points de lumière. Nous avons aussi développé un produit qui synchronise en temps réel tous les feux tricolores de la ville. Il délivre par broadcast une pulsion qui évite aux horloges de dériver. L’intervention humaine n’est plus nécessaire. Seule Paris dispose d’un tel dispositif ». En 2017, souhaitant accélérer son développement, il se tourne vers son principal investisseur. Les deux parties ne réussissant pas à se mettre d’accord, Brahim Zaim rachète, avec trois cadres, tous les actifs de la société. « Nous avons un portefeuille de produits qui pèse 4,5 millions d’euros de R&D. Ce n’est pas rien ! »

 

Installation à Lannion

En mai dernier, la société Vectrawave, spécialisée dans les systèmes de télécommunication par fibre optique et ondes hyperfréquences et basée à Lannion a fait appel à ses compétences pour l’aider à rebondir.  « J’ai découvert la Bretagne. C’est une région très dynamique notamment en matière d’objets connectés. Avec l’aide de la Technopole Anticipa, j’ai décidé de m’y installer. Je serai plus visible en Bretagne qu’en Poitou Charentes et surtout je serai mieux accompagné ».  En parallèle, Brahim Zaim poursuit son développement : des contrats sont en cours avec la ville de San Francisco pour un projet de déploiement sur 4 ans, de 50 000 points lumineux. « Nous en avons déjà installé 10 000 ». L’Australie mais aussi la Nouvelle Zélande sont aussi intéressés par sa technologie. Lumnex n’a donc pas fini de faire parler d’elle.

Lumnex

 


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