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Nouvelle concession des aéroports de Rennes et Dinard : 30 M€ d’investissement dont 23 M€ dans la production d’énergie solaire

Le groupement composé de Vinci Airports, de la CCI Ille-et-Vilaine et de la Sealar pilotera les aéroports de Rennes et Dinard pour les vingt prochaines années. Avec une fréquentation de 512 000 passagers en 2025, l'objectif fixé par le Conseil régional de Bretagne, propriétaire des deux plateformes, est de relancer durablement la croissance. Celle-ci passe par de nouvelles liaisons aériennes, un vaste programme de modernisation des infrastructures et 30 millions d'euros d'investissements dont 23 millions d’euros dans la production d'énergie solaire. Première illustration de cette ambition : l'arrivée de deux nouvelles lignes EasyJet vers Londres-Luton et Milan-Malpensa en 2027, représentant quatre vols hebdomadaires supplémentaires au départ de Rennes.
V.Maignant
De gauche à droite : Michael Quernez , 1er vice-président du Conseil régional de Bretagne, Rémi Maumon de Longevialle, directeur général de Vinci Airports et Jean-Philippe Crocq, Président CCI Ille-et-Vilaine, étaient réunis, ce 12 octobre 2026, à l'aéroport de Rennes pour lancer officiellement la nouvelle concession Rennes Dinard Bretagne Aéroports leur

« Une délégation de service public n’est jamais un simple contrat. C’est un engagement de long terme au service d’un territoire », a rappelé d’emblée Rémi Maumon de Longevialle, directeur général de Vinci Airports. Reconduit après plus de seize années d’exploitation, l’opérateur revendique sa confiance dans le potentiel du territoire breton malgré un contexte qu’il juge difficile pour le transport aérien français, marqué par une fiscalité jugée pénalisante et une concurrence européenne accrue. « Un passager au départ de Barcelone paie 7 euros de taxes sur un billet à 100 euros, contre 35 euros au départ de Rennes », rappelle-t-il.

Deux nouvelles lignes EasyJet pour renforcer la connectivité

Premier axe du projet : améliorer la desserte aérienne. Rémi Maumon de Longevialle a annoncé l’ouverture de deux nouvelles destinations opérées par EasyJet : Londres-Luton, à raison de deux vols par semaine, et Milan-Malpensa, également desservie deux fois par semaine. La ligne vers Milan ouvrira dès le mois de mai 2027, tandis que Londres-Luton sera lancée à l’été 2027. « Les billets seront mis en vente dès le 15 octobre prochain ». Pour le dirigeant de Vinci Airports, ces ouvertures confirment la confiance des compagnies dans le potentiel du marché rennais. « Le grand retour de l’Italie sur la carte des destinations directes au départ de Rennes depuis plus de dix ans » constitue selon lui un signal fort.

Présent, Reginald Otten, directeur général adjoint d’easyJet pour la France a souligné l’intérêt stratégique des deux destinations. «  Londres-Luton viendra compléter la desserte quotidienne de Londres-Gatwick et offrira un accès privilégié au nord de la capitale britannique ainsi qu’aux Midlands et à Oxford. Quant à Milan-Malpensa, elle vise notamment la clientèle d’affaires, la métropole lombarde étant considérée comme le cœur économique de l’Italie. »

Avec ces nouvelles routes, EasyJet exploitera six lignes au départ de Rennes et proposera plus de 100 000 sièges par an, renforçant une présence qui approche désormais les huit années sur la plateforme bretonne.

Une alliance entre expertise internationale et ancrage local

Le président de la CCI Ille-et-Vilaine, Jean-Philippe Crocq, a insisté sur la complémentarité du groupement. « Trois compétences complémentaires font la force du projet », résume-t-il : l’expertise internationale de Vinci Airports, l’expérience des plateformes régionales apportée par la Sealar et la connaissance du tissu économique local portée par la CCI.  « Un aéroport, c’est d’abord et avant tout un outil au service d’un territoire. » La chambre consulaire entend ainsi jouer un rôle d’interface permanente entre les plateformes et les entreprises, en accompagnant les projets d’implantation, en valorisant le foncier économique disponible et en favorisant la création d’activités autour des aéroports. A Dinard, la présence historique de Sabena technics et les réserves foncières disponibles sont considérées comme des atouts majeurs.

Directeur des aéroports de Rennes et Dinard, Yannick Bouiller a présenté les transformations prévues sur la plateforme rennaise. L’entrée de l’aéroport sera entièrement repensée autour d’un nouveau parvis piétonnier, d’un mail végétalisé, de pistes cyclables connectées au réseau métropolitain et d’une meilleure intermodalité. « Ce qui est important pour nous, c’est toujours plus de services », explique-t-il. Un passager veut de la fluidité, du confort et des services. C’est exactement ce que nous allons lui proposer ». L’offre commerciale sera également renforcée avec un nouveau parcours duty free, des espaces de restauration repensés, une terrasse extérieure et un lounge business.

Plus de 23 millions d’euros pour accélérer la transition écologique

La décarbonation constitue le troisième pilier du projet. Rémi Maumon de Longevialle a annoncé plus de 23 millions d’euros d’investissements photovoltaïques sur les cinq premières années, avec le développement d’ombrières solaires sur les parkings et d’une future centrale photovoltaïque au sol. L’aéroport de Rennes, qui a déjà réduit de moitié ses émissions directes de CO₂ depuis 2016, vise désormais l’obtention du niveau 5 de l’Airport Carbon Accreditation d’ici 2030, correspondant à la neutralité carbone sur son périmètre d’exploitation.

Yannick Bouiller a détaillé la création d’un futur « hub énergétique » capable de produire, consommer et redistribuer de l’électricité renouvelable aux activités de la plateforme comme aux entreprises voisines. Les projets incluent également le remplacement des chaudières gaz par des pompes à chaleur, le déploiement de bornes de recharge pour poids lourds et la poursuite des actions en faveur de la biodiversité.

 

Une stratégie aéroportuaire régionale assumée

Premier vice-président de la Région Bretagne en charge du climat, des mobilités, des infrastructures et des ports, Michaël Quernez a rappelé le rôle particulier de la collectivité régionale, dépositaire de quatre plateformes aéroportuaires : Brest, Quimper, Dinard et Rennes. « Nous sommes la seule région à porter une stratégie régionale aéroportuaire globale », pensée à l’échelle de l’ensemble des territoires. » L’élu a insisté sur la complémentarité des plateformes bretonnes. « Brest conserve un rôle majeur en matière d’aménagement du territoire, tandis que Quimper poursuit sa mutation vers un modèle davantage tourné vers les services publics et l’aéro-industrie. »  Quant à Dinard, il constitue selon lui un exemple de plateforme industrielle créatrice de valeur. « Il n’y a pas de petits aéroports. Il y a des aéroports qui rendent des services et qui permettent la cohésion sociale et territoriale », a-t-il souligné.

Concernant Rennes, le vice-président régional considère que les cinq premières années de la nouvelle concession seront déterminantes. « Nous avons ici un défi : faire en sorte que cet aéroport réponde à toutes les attentes et qu’il puisse retrouver l’activité qui devrait être la sienne. On ne peut pas se contenter de 500 000 passagers. » Pour l’élu breton, la plateforme rennaise doit à la fois renforcer son trafic voyageurs, « nous avons plus intérêt à convaincre les Bretons de prendre l’avion à Rennes que d’aller le prendre à Nantes, ne serait-ce que pour leur bilan carbone », et consolider son activité fret, qu’il juge stratégique pour de nombreuses entreprises régionales.

Michaël Quernez a également dénoncé les nouvelles mesures prévues dans le projet de loi de finances et l’augmentation annoncée de la taxe de sûreté et de sécurité, estimant qu’elles pénalisent les plateformes régionales au profit des grands aéroports nationaux. « Si l’État veut conserver des plateformes aéroportuaires à l’échelle des territoires, il ne peut pas continuer ainsi. » Enfin, il a rappelé la ligne fixée par la Région Bretagne : les plateformes devront atteindre leur équilibre économique grâce notamment au développement des recettes extra-aéroportuaires. « Le Conseil régional de Bretagne ne financera plus les déficits d’exploitation de ces plateformes. Il faut que nos plateformes aéroportuaires volent toutes seules. »

 

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