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Marché Immobilier breton : des prix en légère hausse et la maison individuelle plébiscitée

Véronique Maignant, le 12.06.2020

Après un coup d’arrêt brutal, l’activité immobilière en Bretagne retrouve son niveau d’avant crise avec des prix stables, en légère hausse, en atteste les résultats d’un sondage réalisé auprès des offices notariaux et les consultations du site des notaires bretons  qui ont enregistré une hausse de 45% en mai 2020 par rapport à mai 2019. 

Les Notaires bretons

Même s’il est trop tôt pour évaluer les impacts réels du confinement, les notaires font d’ores et déjà quelques constats. « Le confinement subi à résidence a amené les français à s’approprier leur logement pour y envisager de nouveaux usages : télé-travail, garde des enfants….  Les « petits » défauts sautent alors aux yeux : absence de jardin, bureau ou terrasse, manque de luminosité ou un environnement bruyant …, explique Damien Ruaud, Président du Conseil Régional des Notaires de la Cour d’Appel de Rennes.  Aujourd’hui, clairement, le cœur du marché est la seconde accession en résidence principale avec des acquéreurs âgés entre 40 et 60 ans à la recherche d’une maison avec terrain, répondant à ces nouveaux critères. La Loire Atlantique et l’Ille et Vilaine sont les départements les plus prisés. Le Covid a été un accélérateur dans la prise de décision de ce changement de cadre de vie. On assiste d’ailleurs au retour des prêts -relais qui avaient quasiment disparu. Le marché immobilier souffrait, avant la période de confinement, d’un déficit d’offres qui faisait grimper les prix, notamment dans les agglomérations. Les deux mois d’arrêt d’activité n’ont pas permis de reconstituer les stocks et l’offre demeure faible ».

 

Le nombre de transaction retrouve son niveau d’avant crise

Entre le 1er trimestre 2019 et le 1er trimestre 2020, le marché immobilier breton et celui de la Loire Atlantique ont chuté de 12 à 15%, en nombre de transactions. « Ce chiffre est cohérent avec le nombre de jours de fermeture des offices notariaux durant le confinement. Il ne s’agit donc pas d’un effet de marché mais d’un effet covid ». Les transactions repartent. On vient dans l’Ouest pour son bord de mer et sa qualité de vie.   « On repart sur un marché cohérent avec des prix plutôt à la hausse, conséquence d’une raréfaction des produits plutôt qu’à l’arrivée des franciliens.  Ceux-ci privilégient la maison individuelle en bord de mer, dans le Morbihan mais aussi les Côtes d’Armor où les prix sont plus abordables ».

Les appartements anciens voient leur prix s’envoler

Sur ce marché immobilier en plein reprise, les appartements anciens affichent un prix médian de 2 500 euros / m² en hausse de presque 8% sur un an. Ils sont très recherchés : « Par exemple, à Rennes, sur un an, le volume de transaction a chuté de 22% faute de produits ». Cette baisse de l’offre entraîne mécaniquement une hausse des prix, +12, 6%.  « De même, en Loire Atlantique, pour la première fois, le prix médian dépasse les 3 000 euros/m². Un montant deux fois plus élevé que dans le Finistère ou les Côtes d’Armor ». De son côté, le le prix des appartements neufs s’accroit de 11% sur un an. La hausse est particulièrement sensible en Ille-et-Vilaine et dans le Morbihan avec respectivement un prix de 4 140 euros/m² et 3 580 euros/m².

Finistère : département le moins cher

« Toutefois en Bretagne, c’est la maison qui prime ». Sur le marché de la maison ancienne, la Loire Atlantique et l’Ille-et-Vilaine sont les départements les plus prisés avec un prix médian respectif de 230 000 euros et 188 000 euros la maison. « Dans les départements du Morbihan et des Côtes d’Armor, Il existe de grosses disparités entre le littoral et le l’intérieur des terres ». C’est moins vrai dans le Finistère qui, tous produits confondus, reste le département le moins cher. « Vous pouvez acquérir une maison pour 130 00 euros, voire 77 000 euros si vous choisissez le centre Finistère ou le bassin de Morlaix ».

Aujourd’hui sur le marché immobilier breton, seul le prix des terrains à bâtir est à la baisse. « Deux raisons à ce phénomène : leur superficie diminue et surtout, ils sont de plus en plus éloignés des grands centres urbains, les terrains à bâtir en agglomération se faisant de plus en plus rares ».

 

Même si durant la crise, les marchés de la primo-accession et de l’investissement locatif ont fortement ralenti, les notaires restent confiants. « Aujourd’hui on peut encore emprunter sur 20 ans à un taux inférieur à 2%. Ca permet de se projeter et surtout de maintenir une certaine stabilité des prix. Ces derniers collent de plus en plus au marché et il devient difficile de négocier. A l’exception de quelques micro-marchés sur le littoral, la Bretagne bénéficie encore de prix raisonnables. C’est pourquoi elle attire toujours de nombreux acquéreurs », conclut Damien Ruaud, Président du Conseil Régional des Notaires de la Cour d’Appel de Rennes.

Retrouvez le baromètre complet des Notaires bretons


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