« Aujourd’hui, les producteurs deviennent collectivement propriétaires de l’outil commerciale et logistique de leur production. Cette transmission de l’entreprise à la coopérative Bio Breizh, ce n’est pas la fin de Poder mais la suite, une suite favorable et souhaitée, une façon de renforcer la filière bio en Bretagne« , explique Jean-Luc Poder, qui a fondé en 1990, le réseau de distribution Poder spécialisé dans le conditionnement et la commercialisation de fruits et légumes biologiques produits, à 95%, en Bretagne. « J’ai commencé par livrer une première palette en Angleterre« , se souvient le dirigeant militant. Depuis Poder rayonne sur l’ensemble du territoire national via le réseau Biocoop (1/3 de ses ventes), la GMS et une kyrielle de détaillants. L’export (Union européenne) représente 2% de son chiffre d’affaires qui atteint, au global, 17 millions d’euros depuis plusieurs années.
Sécuriser la filière bio bretonne
A l’approche de sa succession, réfléchie depuis trois ans, Jean-Luc Poder a souhaité sécuriser le devenir de son entreprise, qui emploie 30 personnes, et la transmettre aux producteurs avec lesquels il a construit et développe la filière bio en Bretagne. « C’est l’assurance que ce patrimoine servira l’avenir de l’agriculture biologique régionale », conclut-il, heureux et soulagé.
La coopérative Bio Breizh, née en 1997 de la réunion d’agriculteurs bio du Finistère nord et des Côtes d’Armor, devient propriétaire et gérante de l’entreprise Poder, sa filiale effective depuis ce 1er octobre 2026. « C’est une suite naturelle, mais aussi un héritage que nous recevons aujourd’hui ; la responsabilité de renforcer la coordination entre la production et la commercialisation des fruits et légumes bio bretons. Avec la reprise de l’entreprise Poder, nous sommes en capacité de maitriser l’ensemble des maillons de la filière , du champ au client. C’est une manière de sécuriser l’avenir de nos fermes et de construire une agriculture bio bretonne qui reste fidèle à ses valeurs tout en répondant au marché », souligne Anaïs Larher, présidente de Bio Breizh, coopérative qui regroupe 56 fermes, 75 exploitants et 1700 hectares de cultures en plein champ. En 2025, la coopérative a réalisé 23 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Ajuster, planifier, renforcer
En pilotant les informations commerciales, les flux et les débouchés, la coopérative Bio Breizh entend ajuster davantage les variétés et les rendements produits par rapport aux besoins des clients. « La planification des cultures constitue depuis longtemps l’un des piliers du modèle de BioBreizh », souligne sa présidente qui souhaite profiter de cette nouvelle proximité avec les clients pour optimiser son organisation.
Portée par un marché bio qui renoue avec la croissance (4,8% des parts de marché cette année), la coopérative Bio Breizh vise l’adhésion de nouveaux exploitants locaux et le cap des 50 millions d’euros de chiffre d’affaires réalisé en 2030 (production et commercialisation réunies).






