La pluie avait cessé, quelques heures, pour l’occasion. Celle du pot de départ d’Alexandre Pointet, organisé dans les locaux de son entreprise Kellig Emren, à Baud. Neuf ans après sa création, une fois le produit et son process de fabrication validés, l’ingénieur en mécanique et automatisme a décidé de retourner sur les bancs des écoles pour enseigner, et de transmettre son « bébé » à Eric Le Dévéhat, son associé depuis plus d’une année.
Créée en 2018 dans le Morbihan, Kellig Emren formule, élabore et fabrique un matériau isolant écologique et végétal, conçu à partir d’une plante appelée le miscanthus, de terre argileuse et de chaux. Moulées et compressées sous forme de panneaux carrés, cette matière innovante – ultra résistante, isolante et non polluante – ouvre la voie d’une éco-construction biosourcée, locale, et durable. Depuis sa création et plusieurs années de R&D, Kellig Emren a réalisé près d’une centaine de chantiers, que ce soit pour l’isolation de maisons anciennes, de bâtiments professionnels neufs ou d’espaces publics rénovés.
Souveraineté technique et économique
La clé de voûte de cette entreprise de construction écologique réside dans la technologie employée. « J’ai transformé une machine dédiée à la production de blocs en chaux/chanvre en une presse à vibrocompaction« , explique Alexandre Pointet qui a déposé un brevet sur ce système singulier de compression. A cette volonté de souveraineté technique s’ajoute celle économique puisque Kellig Emren réussit à circonscrire ses approvisionnements au périmètre de la Bretagne (+90%). « Nos matières premières sont issues de la culture locale de miscanthus et des déchets du BTP qui sont constitués, en majorité, de terre et d’argile collante », explique Alexandre Pointet, qui termine l’électrification du mélangeur mécanique de l’atelier, en vue d’automatiser la préparation de cette recette de béton végétal.
Arrivée fin 2023 au sein de l’entreprise, Eric Le Dévéhat s’est formé à la préparation et la production de ces briques écologiques, en même temps qu’il a travaillé à la structuration (et donc la sécurisation) de la filière bretonne du miscanthus pour la construction. « J’ai répondu à un appel d’offres initié par la Région Bretagne qui soutient l’entreprise Kellig Emren depuis sa création« , souligne son repreneur et nouveau dirigeant.
Vers une production industrielle
Désormais seul aux commandes de Kellig Emren, Eric Le Dévéhat prévoit le déménagement de son site de production à Guégon, dans un bâtiment plus grand (1000 m2) et doté, notamment, d’un espace conséquent pour le séchage naturel des panneaux et briques de construction. Ce nouvel environnement permettra également d’organiser une production industrielle et donc, une montée en charge de l’activité. « Les marchés se diversifient entre la rénovation du bâti ancien, la construction en ossature bois et la rénovation énergétique des bâtiments publics », étoffe Eric Le Déhévat, attendu sur de prochains salons de la construction et de l’écoconception, our présenter ses solutions.



