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EDF en Bretagne accentue ses moyens d’action pour décarboner l’industrie et électrifier les usages

Hausse continue des coûts de l’énergie, impératifs climatiques et ambitions fortes en matière de sobriété… Face à ces défis,l'augmentation de la production d’électricité verte n’est que la première étape d’une stratégie de souveraineté énergétique : le principal enjeu reste de parvenir à substituer cette électricité aux énergies fossiles importées, qui constituent toujours presque 60% de l’énergie consommée en France. "On a tout ce qu’il faut pour y aller"  souligne EDF en Bretagne. La Direction régionale présentait, ce mardi 13 janvier 2026 à Rennes, une série de solutions déjà en œuvre sur tout le territoire ainsi que les priorités en cours pour atteindre cet objectif.
V.Maignant
De gauche à droite : Baptiste Prou, Responsable de l'entité EDF qui exploite l'usine marémotrice de la Rance, Perrine Le Saint , Responsable régionale EDF Power Solution, Jean-Philippe Berton, Directeur régional EDG en Bretaggen Frédéric Thébault, Directeur EDF Commerce Ouest, Guillaume Coupeau, Directeur régional de Dalkia en Cnetre Ouest et Stéphane Lelong , Directeur de la Centrale de Brennilis

EDF s’est mis en ordre de bataille pour répondre à l’électrification massive de l’économie et a augmenté ses capacités en conséquence. Or, les débouchés ne sont pas là. Nombre de secteurs n’ont pas encore franchi le pas de l’électrification des usages. « Une situation qui a conduit la France à un record d’exportation en 2025, avec 93 TWh expédiés vers les pays limitrophes, contre 89 TWh en 2024 », souligne Frédéric Thébault, Directeur EDF Commerce Ouest. L’électricité bas carbone est dix fois plus développée en Allemagne, alors que c’est chez nous quelle est la plus compétitive : 50 à 55 €/ MW en France contre 120 € / MW en Allemagne ou 100 €/MW en Italie. » En Bretagne, sur les 80 TWh d’énergie consommés annuellement seulement 22 TWh sont d’origine électrique. « Le gisement est donc important, d’autant que la consommation électrique a baissé de 8% du fait notamment de l’amélioration de la performance énergétique. Il nous faut donc aller chercher des projets. »

Une cinquantaine de projets identifiés et 1 300 contrats signés

Courant 2025, les équipes de la Direction commerciale Ouest d’EDF réparties sur 8 régions de l’Ouest ont ainsi identifié une cinquantaine de projets de décarbonation dont 25 à 30 % en Bretagne, principalement auprès des secteurs les plus émetteurs de CO2 à savoir l’agroalimentaire, les transports et le bâtiment. « Dans le transport, on assiste à une accélération de l’électrification des usages via le déploiement de bornes de recharge ». Une quinzaine de projets sont dans les tuyaux à l’image de ceux de Delanchy ou Gautier Fret Solutions. « Dans le Bâtiment, il s’agit le plus souvent d’installer des pompes à chaleur pour remplacer les équipements au fioul. » En parallèle, le équipes cherchent renforcent leurs actions pour booster les ventes de contrats de fourniture d’électricité : « Avec la fin de l’Arenh en décembre 2025, nos ventes ont augmenté. Sur un an nous avons signé 1 300 contrats dont 70% dans l’agroalimentaire. Un contrat sur trois court sur 3 à 4 ans », précise Frédéric Thébault dont la Direction compte 180 000 clients (la moitié en Bretagne). Les industriels cherchent ainsi à sécuriser leur facture, à l’image de Savéol ou Guy Cotten.

Multiplier par 7 les énergies renouvelables (EnR) d’ici 2040

A l’image du parc éolien de Kergrist en Morbihan inauguré en avril dernier où 11 éoliennes ont été remplacées par 7 nouvelles machines, permettant de tripler la production totale du parc, c’est sur les communes de la Noé-Blanche et du Gand Fougeray qu’EDF Power Solution investit aujourd’hui. Le chantier du parc de la Nourais, en phase de finalisation, comprend le remplacement de cinq éoliennes pour atteindre l’équivalent de la consommation de 23 000 habitants. « Là encore, nous allons multiplier par trois la production, de 15 GWh/an à 45 GWh. En 2026, notre objectif en matière d’éolien terrestre est de faire évoluer la capacité installée de 100 MW à 150 MW. Six parcs sont concernés », indique Perrine Le Saint, Responsable régionale EDF Power Solution. Une trentaine de projets d’énergie renouvelables sont dans les tuyaux, 10 dans l’éolien terrestre et 20 dans le solaire via des centrales au sol. « Avec l’ensemble de ces projets, on vise 300 MW d’énergie renouvelable supplémentaire d’ici 2030. » En Bretagne l’objectif d’EDF est de multiplier par 7, d’ici 2040, la production d’EnR qui atteint aujourd’hui +765 GWh (235 GWh/éolien et 530 GWh Centrales solaires. « Augmenter la production d’électricité verte en France n’est que la première étape d’une stratégie de souveraineté énergétique : le principal enjeu reste de parvenir à substituer cette électricité aux énergies fossiles importées, qui constituent toujours presque 60% de l’énergie consommée en France », poursuit Perrine Le Saint.

L’usine marémotrice de la Rance à Saint-Malo offre par ailleurs une puissance de 250 MW, ce qui représente une production annuelle d’environ 530 GWh (équivalent à la consommation de 225 000 habitants), soit 17% de l’énergie produite en Bretagne. Entre 2026 et 2032, elle va bénéficier de 60 millions d’euros d’investissement, nécessaires à la rénovation des machines.

Le nucléaire et les NSE (Nouveaux Systèmes Energétiques), des filières en tension

Pour atteindre tous ces objectifs de souveraineté industrielle et énergétique, EDF en Bretagne mise sur les partenariats avec les acteurs locaux issues des branches professionnelles et de la formation. « L’enjeu ce sont les compétences ! martèle Jean-Philippe Berton, Directeur de l’Action régionale d’EDF en Bretagne. Elles sont au cœur de la réussite industrielle du Groupe et de la mise en œuvre de la transition énergétique ». En 2026, la filière nucléaire est particulièrement visée. Il faut dire que les besoins sont conséquents : « 10 000 recrutements par an dans les dix prochaines années. En Bretagne 30 à 40 entreprises (des sous-traitant de rang 1) nous ont sollicité pour avoir accès aux marchés. Elles ont aussi besoins de compétences. Avec l’UIMM, on engage des collaborations pour former aux métiers du nucléaire. Nous préparons également les premières journées d’affaires dédiées à aux marchés nucléaires. Elles auront lieu en mai 2026. » Parallèlement, la filière Nouveaux Systèmes Énergétiques (NSE) ainsi que l’électrification des usages, imposent de nombreux moyens humains, en particulier dans les métiers de la maintenance et des pompes à chaleur. « Nous estimons à 5 000 le nombre de recrutements nécessaires, dont environ 200 en Bretagne. La région enregistre la plus forte tension en France, entre l’offre et la demande, sur ces marchés. Nous avons de gros efforts à faire pour attirer des jeunes sur ces métiers, conclut Jean-Philippe Berton. En 2026 EDF Bretagne qui emploie 3 200 collaborateurs sur l’ensemble du territoire  fêtera les 60 ans de l’usine marémotrice d la Rance et EDF ses 80 ans !

 

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