Six ans après sa création, Circul’Egg accélère son développement. Fondée en 2020 par Yacine Kabeche, Justine Lecallier et Samuel Olivier, la société bretonne a bâti son modèle sur une idée simple : « transformer un déchet, la coquille d’œuf, en ingrédients capables de répondre aux enjeux de décarbonation de plusieurs industries. »
Installée à Janzé, en Ille-et-Vilaine, l’entreprise récupère les coquilles issues de cinq casseries (GRECA, Les Œufs Geslin, Ovoteam, Œuf du Breil, Société Normande d’Ovoproduits(représentant près de 70 % des volumes d’œufs transformés en France. Grâce à un procédé breveté développé en interne, elle sépare mécaniquement la coquille de la membrane sans traitement chimique.
De ce processus naissent deux familles de produits. Carbio®, issu principalement de la coquille, est utilisé dans les peintures, revêtements, plastiques ou matériaux de construction. Reggenerate®, obtenu à partir de la membrane, est destiné aux marchés des compléments alimentaires, de la santé articulaire et, plus récemment, du petfood.
Une levée de fonds pour franchir un nouveau cap
Après une première levée de fonds de 5 M€ réalisée en décembre 2023 auprès notamment d’Asterion Ventures, Mouvement & Finance et Femmes Business Angels, Circul’Egg engage aujourd’hui une nouvelle phase de financement.
L’entreprise mène une opération de série A visant à lever 2 M€ via la plateforme Sowefund. Cette collecte vient s’ajouter à 2 M€ déjà sécurisés auprès des actionnaires historiques et de partenaires industriels. À cet ensemble s’ajoute un financement de 1,6 M€ obtenu grâce au dispositif Première usine du plan France 2030, opéré par Bpifrance. « Ces nouveaux moyens financiers doivent permettre de renforcer l’outil de production de Janzé, de soutenir la croissance commerciale et de préparer l’atteinte de la rentabilité », explique le dirigeant.
Particularité de l’opération : Circul’Egg a également souhaité ouvrir son capital aux particuliers via une campagne de financement participatif. Une enveloppe de 500 000 euros leur a ainsi été réservée. « Le succès a été immédiat, assure Yacine kabeche. En huit jours, l’enveloppe a été entièrement réservée. Cela montre qu’il existe une véritable confiance dans notre modèle économique et dans notre vision de l’économie circulaire. Fort de ce succès les dirigeants ouvrent une seconde enveloppe de 500 000 euros.
Des débouchés déjà bien identifiés

Aujourd’hui, Circul’Egg travaille avec près de 30 clients sur le segment des matériaux. La peinture constitue le principal débouché des volumes de coquilles valorisées. L’entreprise collabore notamment avec des acteurs majeurs du secteur tels que PPG ou encore Durieu. « Cette dynamique est portée par les réglementations et stratégies de décarbonation qui poussent les industriels à intégrer davantage de matières recyclées et biosourcées dans leurs formulations. », poursuit le dirigeant.
Du côté de la membrane d’œuf, les marchés sont différents. Circul’Egg revendique plus d’une centaine de clients, principalement dans le domaine des compléments alimentaires destinés à la santé articulaire et au bien-être. « Des études cliniques ont démontré les bénéfices de la membrane d’œuf sur le confort articulaire, un argument de poids pour les laboratoires spécialisés ». L’entreprise commence également à accélérer sur le marché du petfood, identifié comme un relais de croissance prometteur. De même, « des distributeurs ont été identifiés en Inde, en Corée du Sud,
au Japon, en Chine et en Afrique du Sud ».
Cap sur 2030
Forte de ses 28 salariés, Circul’Egg se projette déjà au-delà de cette phase de croissance. L’enjeu est désormais de démontrer la rentabilité du modèle industriel de Janzé avant d’envisager sa réplication à plus grande échelle. A l’horizon 2030-2032, l’entreprise vise des volumes bien supérieurs , près de 30 000 tonnes, avec l’objectif de devenir un acteur de référence de la bioéconomie circulaire en Europe. Un pari qui séduit déjà industriels, investisseurs… et désormais citoyens.




