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Cet été, près de 600 personnes ont visité l'entreprise Le Minor, à Guidel (56)

Maude Duval, le 22.08.2022

La bonneterie Le Minor a 100 ans et, pour fêter cela, a ouvert ses ateliers tout l’été aux vacanciers et autres personnes intéressées par l’épopée de cette entreprise remarquable. Entre histoire et projets de développement, les deux heures de visite offrent une immersion totale dans les coulisses de cette industrie textile du "made in France". 

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10h01, le groupe d'une quinzaine de personnes réunies sur le perron du magasin d'usine se met en marche pour rejoindre l'atelier situé à quelques dizaines de mètres, en arrière. Les retardataires devront courir pour rattraper les visiteurs qui ont choisi de ponctuer leur séjour en Morbihan avec la découverte d'une industrie, celle de la bonneterie Le Minor à Guidel. Chaque lundi et vendredi, à raison d'une visite le matin et une autre l'après-midi, l'entreprise ouvre ses ateliers aux curieux et autres passionnés de couture et de manufacture. Ce lundi matin, c'est Christelle, par ailleurs chargée de clientèle, qui endosse le costume du guide pour un parcours sans détour sur l'histoire, la production et les projets de l'entreprise Le Minor.

Quatre femmes à la barre

Cette année, l'entreprise Le Minor fête ses 100 ans. La plongée dans ses ateliers transpire encore les strates de ce centenaire rythmé par les créations (le pull marin, la marinière), les évolutions (le kabig), la fusion (l’atelier Le Minor a été racheté par la Manufacture Bonneterie Lorientaise en 1983) et la passion des quatre femmes qui se sont succédé à la tête de l'entreprise : Berthe Etui de 1922 à 1963, Juliette Corlay de 1963 à 1987, Marie-Anne Le Minor de 1936 à 1983, Marie-Christine Grammatico, de 1987 à 2018.

Depuis quatre ans, la bonneterie Le Minor est dirigée par Sylvain Flet et Jérôme Permingeat, deux entrepreneurs textiles qui ont été touchés en plein cœur par l'histoire et l'âme de l'usine guidéloise. A la barre de ce vaisseau amiral, les deux associés ont réussi à donner un nouveau souffle, ouvrir de nouveaux horizons, revisiter la mode marine. "En 2018, l'entreprise comptait 23 salariés et réalisait 1,6 million d'euros de chiffre d'affaires. Aujourd'hui, nous sommes 72 collaborateurs et dégageons 3,9 millions d'euros de chiffre d'affaires", rapporte Christelle devant un auditoire intéressé. L'innovation, la modernisation et la formation forment le trépied de cette refondation.

Rénovation engagée

La visite en atteste : de la salle des machines à l'atelier des couturières, le budget investi dans la rénovation des bâtis saute aux yeux. L'entreprise de vêtements marins a engagé des travaux d'envergure pour moderniser les lieux (le plus vieil atelier date de 1963), et les rendre plus fonctionnels, attractifs et sécurisés. Sous ces architectures industrielles trône une série de machines « anciennement modernes ». Imposantes et performantes, ces tricoteuses datent pour la plupart des années 80. Même la dernière arrivée, une tricoteuse circulaire "obtenue grâce au soutien du plan France Relance", affiche une quarantaine rutilante et une allure de capsule spatiale. Elle vient augmenter la capacité de fabrication de rouleaux de coton, qui serviront notamment à créer les fameuses marinières.

Transmission des savoirs

Du tricot à la couture, toutes les étapes de fabrication des vêtements sont localisées et réalisées à Guidel. "A chaque étape, l'humain intervient, contrôle et valide la qualité des process et des produits", explique Christelle en mimant les gestes artisanaux, de ramaillage notamment. « Il faut trois ans d’apprentissage pour savoir utiliser cette machine de remaillage », souligne la guide. Les savoir-faire consolident le trésor de Le Minor. Ils peuvent aussi devenir son talon d’Achille s’ils ne sont pas appris et transférés. C’est pourquoi, les dirigeants ont créé un cycle de formation « couture » en interne, aidés par la Région Bretagne. Ils ont ainsi pu attirer de nouveaux talents, étoffer et rajeunir l’effectif.

"Un savoir-faire qui n'est pas transmis disparait", répète Christelle, passionnée elle aussi par la richesse et la complémentarité des gestes qui sont appliqués chaque jour ici. A raison d'une heure de travail pour réaliser un pull marin classique et douze minutes pour coudre parfaitement toutes les pièces d'une marinière, près de 100 000 articles sortent chaque année de ces ateliers. Et leur qualité se niche aussi dans les détails, que ce soient les coutures invisibles ou les rayures parfaitement alignées d'une manche à l'autre...

Visiteurs conquis

Le "Made in France" a un prix, celui de l'excellence et des compétences. Les visiteurs du jour ne s'y trompent pas, en arpentant les rayonnages des collections présentées dans le magasin d'usine jouxtant les ateliers. Si le pull marin Le Minor dure toute une vie, la diversité des coloris, des motifs et des tricots aiguisent les envies. Et notamment celle de revenir visiter les ateliers en pleine activité.

En savoir plus sur Le Minor


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