Crise au Moyen-Orient, baisse du pouvoir d’achat des ressortissants de l’Union européenne et des îles britanniques, hausse des taxes environnementales et remboursement continu du prêt PGE Covid… Le contexte géopolitique et économique se crispe à nouveau et ombrage le développement de la compagnie maritime Brittany Ferries. Un projet de consolidation de l’activité a été présenté au comité social et économique ainsi qu’au conseil de surveillance de la compagnie : l’entreprise annonce devoir réorganiser son plan de flotte et ses lignes afin de protéger son avenir et l’activité avec les régions et départements partenaires qu’elle dessert. « Pour protéger notre avenir et les communautés que nous relions, nous devons nous adapter, et cela passe par un plan clair qui garantira de nouvelles opportunités pour tous ceux qui vivent et travaillent dans les régions connectées par nos navires », indique Christophe Mathieu, directeur général de Brittany Ferries.
La vente de deux navires
Ce plan prévoit la vente des navires Barfleur, construit en 1992 et déployé sur la ligne Cherbourg–Poole, et Cotentin, construit en 2007 et qui opère entre Cherbourg et Rosslare. « Malgré ces suppressions de postes de travail navigants, l’entreprise ne prévoit pas de PSE navigants même si, pour 2027, le volume de recrutement de CDD/saisonniers sera moins important« , précise la direction dans un communiqué.
Autres changements : la compagnie prévoit d’arrêter la ligne Portsmouth–Le Havre d’ici fin septembre 2026 et déploiera le navire Clipper en remplacement du Cotentin sur la ligne Rosslare–Cherbourg. Le MV Islander opérera quotidiennement une route triangulaire : Portsmouth–Guernesey, Guernesey–Cherbourg, Cherbourg–Portsmouth. Le MV Voyager poursuivra son exploitation sur la ligne Poole–Guernesey-Saint-Malo, avec la possibilité pour les passagers de transiter par Guernesey. L’ouverture d’une liaison quotidienne Guernesey–Cherbourg vers un hub fret important créera de nouveaux partenariats commerciaux et de nouveaux flux de marchandises. L’ensemble de ces changements est prévu à partir de l’automne 2026 et n’aura aucun impact sur la haute saison 2026.
Un contexte concurrentiel déséquilibré
« En 19 ans de présidence, je pensais avoir connu déjà beaucoup de situations difficiles impactant la vie des salariés de Brittany Ferries. Jamais, après l’énorme crise de la pandémie de 2020, je ne pensais revoir une dégradation telle des perspectives de volumes d’affaires. L’UE et les États membres nous ont incité à décarboner au maximum notre entreprise. Nous le faisons mais en même temps nous payons un impôt qui correspond à mes yeux à un droit à naviguer. Tous les opérateurs ne le font pas au même niveau, pour certains cet impôt est pris en charge. Il est de notre responsabilité tant que des mesures d’assouplissement, voire d’aides à l’emploi, puissent arriver de protéger l’essentiel des salariés de la compagnie ainsi que de présenter à nos actionnaires une performance d’entreprise permettant d’assurer la continuité », déclare Jean-Marc Roué, président de Brittany Ferries




