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Bretagne. La capacité de rebond des entreprises est toujours là, malgré une conjoncture fragile

Véronique Maignant, le 16.10.2020

Malgré les incertitudes liées aux évolutions de la situation sanitaire, l’activité des entreprises en France a presque retrouvé son niveau d’avant crise : 95 % selon l’Insee. Cet indicateur plutôt positif cache des disparités selon les secteurs d’activité mais nous révèle aussi que le rebond amorcé dès la mi-mai 2020 a été presque aussi fort que la chute enregistrée entre mars et avril. Dans ce contexte, les chefs d’entreprise bretons conservent un « optimisme modéré » selon la CCI Bretagne. Les amortisseurs sociaux et économiques lissent les conséquences du ralentissement économique.

DE g à d : François Bareau (CCI Bretagne), Eric Lesage (Insee Bretagne) et Hervé Mattei (Banue de France)

« Après avoir chuté de 30 % au second trimestre, l’activité économique a continué sa remontée progressive en septembre et presque retrouvé son niveau d’avant crise. Cependant les 5% restants seront sans-doute difficiles à atteindre », indique Eric Lesage, Directeur régional de l’Insee. A la mi-octobre, l’institution maintient ses prévisions pour 2020, à savoir un PIB en recul de 9%, une baisse du nombre d’emploi de 3% et un pouvoir d’achat en recul d’un point.

« Les mesures de soutien accordées par l’Etat aux ménages et aux entreprises ont permis de stabiliser la situation et limiter la destruction d’emplois ». C’est particulièrement vrai en Bretagne où l’emploi salarié a moins chuté qu’ailleurs en France au 2e trimestre 2020 : -2,2 % contre -2,8 %. Les chefs d’entreprise ont dans l’ensemble réussi à contenir leurs effectifs à l’exception notable des cafés-hôtels-restaurants (CHR), qui ont baissé de 12% au second trimestre. « Les intérimaires ont payé le prix fort avec 9 000 à 10 000 emplois détruits au second trimestre, au niveau régional ».

 

65 % des PME industrielles encore peu impactées

« Il est clair que l’économie bretonne a subi un coup d’arrêt au 1er semestre. Maintenant, il ne faut pas non plus céder au catastrophisme et au contraire se réjouir que 25 % des dirigeants tablent sur une stabilisation de leur chiffre d’affaires au second semestre et 14 % pensent même l’accroître. Le plan de de relance mis en place par l’Etat donne des perspectives à un bon nombre d’entreprises bretonnes », souligne pour sa part François Bareau, Directeur régional des relations institutionnelles à la CCI Bretagne. L’indice de confiance en l’avenir reste lui aussi positif. A fin septembre, il s’établit à 5,4 contre 6,1, six mois plus tôt. « Les entreprises ont encore des capacités à rebondir même si en matière d’investissements, 36 % d’entre elles envisagent de les baisser d’ici la fin de l’année. Sur les trois derniers semestres, ce taux oscillait entre 18 % et 21 % ». Et quand la CCI Bretagne interroge les PME industrielles (environ 3 000), sur l’impact de la crise sanitaire sur leur activité,  65 % d’entre elles sont encore peu impactées voire pas du tout.

Des trésoreries encore solides

 Cette crise ne ressemble à aucune autre. Aucune banque ne peut et ne doit l’analyser comme celles que nous avons connues jusque-là » constate Hervé Mattei, Directeur régional de la Banque de France.  « Pour le moment, les trésoreries des entreprises sont encore solides. A fin septembre, 23 200 entreprises bretonnes se sont vu accorder un prêt garanti par l’Etat (PGE) pour un montant total de 4,5 milliards d’euros ». Pour 90 % de ces demandes de PGE, la somme demandée se situe entre 50 000 et 100 000 euros.

A fin septembre, seul 1/3 de ces prêts a été utilisé et 2/3 sont toujours en réserve. Il y a les entreprises dont le business model est encore bon, qui étaient peu endettées avant la crise, qui subissent un ralentissement de leur activité, mais anticipent un redémarrage, quand il n’a pas encore eu lieu. Il y a aussi les entreprises qui étaient endettées mais dont le business n’est pas impacté directement par la crise sanitaire. Bien soutenues, elles passeront le cap sans trop de mal. « Et puis il y a ses entreprises qui, même si elles avaient une bonne trésorerie, prennent de plein fouet la crise sanitaire. Les entreprises des secteurs de l’hôtellerie restauration, les acteurs du tourisme en général, ou encore tous les secteurs qui interviennent dans l’événementiel sont dans des situations très compliquées ». La fin des moratoires fiscaux et sociaux et des reports de prêts de 6 mois, pourraient accélérer les défaillances d’ici la fin de l’année d’une partie d’entre elles».

S’il est encore trop tôt pour miser sur le retour définitif de la confiance des dirigeants de PME, ils se montrent sensibles aux signaux envoyés par l’économie française et le plan de relance. C’est encore plus vrai, ici, en Bretagne où « aujourd’hui les entreprises affichent un dynamisme supérieur à la moyenne nationale », conclut Hervé Mattei.


CCI Bretagne : Enquête de conjoncture

Banque de France : Tendances régionales -Septembre 2020

Insee Bretagne : Tableau de bord conjoncture Bretagne


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